Rétrospection : La classe politique joue, Amadou et Mariama se divertissent

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Amadou et Mariama (le couple exécutif) ne semblent pas inquiets de la tournure des événements dans notre pays. En effet, vu l’impulsion et le rythme que le président de la République et sa chef de Gouvernement donnent à la  préparation des réformes institutionnelles et politiques, l’observateur le moins averti ne doute pas un seul instant qu’il sont sûrs d’arriver à leurs fins, c’est-à-dire les faire adopter par la classe politique, les élus de la Nation et le peuple malien.

 

Et pourtant, à bien observer la scène politique et à écouter les acteurs, tout laisse à croire que leurs desseins seront contredits. Notamment lorsque l’on se réfère aux récentes sorties de certains responsables politiques, en particulier ceux dont les partis participent à l’action gouvernementale. Parmi les plus représentatifs sur la scène politique nationale, il y a, entre autres, l’Adema-PASJ, l’URD, le RPM et le PARENA qui donnent de la voix et qui estiment que si ces réformes étaient adoptées, ce dont ils ne doutent pas le moins du monde, le président de la République malienne serait comparable à un monarque absolu, genre empereur Bonaparte ou genre roi du Maroc. Quant au MPR, c’est la base du fichier électoral, le RACE, qu’il fustige.

Mais malgré tout ce ramdam dont ils n’en ont cure, Amadou et Mariama, continuent leur petit bout de chemin, consultent à tout va, discutent à droite et à gauche. Ils sont sûrs, archi-sûrs de faire coucher et ramper les membres de la classe politique qui peuvent leur causer le plus de tort. Et s’ils sont sûrs de parvenir à leurs fins, c’est fondamentalement parce qu’aucun de ces braillards n’a eu le courage de prendre la décision la plus logique, honnête et sensée : claquer la porte du Gouvernement. Qu’ont-ils à rester dans un Gouvernement dont ils n’approuvent pas ce qui lui tient le plus à cœur ?

En 2006, le RPM a pris «ses responsabilités» en disant non à l’«Accord d’Alger» que soutenait l’ensemble du Gouvernement auquel il participait. Il a essuyé des foudres et a décidé de quitter le festin consensuel, pour y retourner cinq ans plus tard. En cette année 2011, le SADI a refusé l’invitation de s’asseoir à la table consensuelle pour bénéficier de quelques tranches du gâteau national. Ça, c’est être responsable, car on ne peut pas aimer quelque chose et adorer son contraire. Or, ces acteurs politiques, d’une autre étoffe, veulent et le beurre et l’argent du beurre : fustiger le Gouvernement et son action pour se refaire une popularité mise à mal par des prestations médiocres et affligeantes, et rester dans le même Gouvernement pour se refaire une santé financière. Un homme d’Etat qui n’a pas sa langue dans la poche, qui s’exprime toujours au nom du peuple, Soumana Sako, pour ne pas le nommer, les aurait tout simplement qualifiés de «brigands politiques» ou «d’ouvriers de la 25ème heure».

 

Quant à Amadou et Mariama, ils savent à quoi s’en tenir et ne sont nullement dupes des véritables raisons de ces «politiciens» grotesques, savent également qu’ils les amèneront là où ils voudront qu’ils aillent. Depuis 2002 qu’il est au pouvoir, Amadou Toumani Touré et ses Premiers Ministres successifs ont toujours su faire taire les politiques du Gouvernement comme du Parlement et les mettre au pas.

 

D’autre part, ces agitations frénétiques tirent également leur source d’un dessein qu’on prête au président de la République, à savoir, adouber un candidat en dehors de la classe politique. Mais chacun, ici au Mali, sait qu’Amadou Toumani Touré ne fait que ce qu’il veut. Et il le fait avec ou sans le concours de qui que se soit. Et en général, le peuple entier est avec lui surtout si par son action, le pays venait à être débarrassé de ces «politiciens» qui depuis 1991, amusent la galerie et polluent l’atmosphère, tout en conduisant le pays vers une catastrophe certaine et irréversible. Sur ce point, le président de l’Adema-PAJ, ce parti qui a dirigé le pays pendant dix ans et continue de tirer quelques ficelles, Dioncounda Traoré, a révélé lors de ce Congrès du RPM : «Désormais, nous avons opté pour l’efficacité, nous avons opté pour le Mali». On le croit volontiers car jusqu’à présent, l’Adema-PASJ et ses affidés n’avaient opté que pour l’inefficacité, n’avaient opté que pour eux-seuls. Mais, ce que l’on ne croit pas, c’est qu’ils aient changé au point de se soucier du développement de leur pays et du bien-être de leur peuple. Et rien que pour cela, ils n’auront que leurs seules et propres voix.

 

Cheick TANDINA

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