Présidentielle de 2012 : Modibo Sidibé tisse sa toile à Sikasso

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L’ancien premier ministre Modibo Sidibé, qui n’a toujours pas officiellement déclaré sa candidature à la présidentielle de 2012 est, depuis son départ de la primature, muré dans un silence « effrayant ». En toute discrétion, il est en train de mettre en place un mouvement national de soutien à sa candidature dont l’épicentre serait le Kénédougou, sa région d’origine.

Dans le cadre d’un soutien massif à sa candidature à la présidentielle de 2012, l’ancien premier ministre Modibo Sidibé serait dans une logique de faire de Sikasso sa région d’origine, son tremplin pour son ascension au palais immaculé de koulouba. Originaire du Wassoulou, même s’il n’y a pas vécu vraiment, Modibo Sidibé compte sur les potentialités électorales de la 3e région pour accéder à la magistrature suprême de ce pays. Pour ce faire, il a déjà positionné des lieutenants dans les différentes zones du Kénédougou. Le but recherché, selon nos sources, serait d’amener les sikassois à se lever au-dessus des considérations partisanes, pour faire de lui, leur candidat naturel. En clair, il est demandé à tout sikassois de quelque parti politique que ce soit, de ne soutenir que  la candidature de l’enfant de la région. Ce qui semble  reçu cinq sur cinq par les cadres de la troisième région. Beaucoup d’entre eux disent avoir pris conscience de l’injustice dont fait l’objet la plus importante région électorale du pays (15% de l’électorat malien) et qu’il serait temps qu’un fils de la région accède au pouvoir. A la question de savoir si cela ne relève pas du régionalisme, les intéressés expliquent que « cela sera d’ailleurs une reconnaissance envers ce cadre valeureux de notre région après tous les services rendus à la nation ».

Il faut dire que pour la présidentielle de 2012, l’ex-premier ministre, Modibo Sidibé est en train d’être annoncé en fanfare par ses partisans regroupés dans des clubs de soutien. Mais l’homme qu’on avait annoncé comme le potentiel dauphin du président ATT  est de plus en plus seul sur l’échiquier politique. Depuis son débarquement de la primature, le chef de l’Etat a entrepris un réaménagement à grande échelle au sein de l’administration qui a provoqué le départ de plusieurs hauts cadres soupçonnés de lui être proches. C’est ce qui expliquerait le limogeage  des directeurs  de la Douane, des impôts et bien d’autres. Les ministres jugés favorables à l’homme n’ont d’ailleurs pas été reconduits dans le gouvernement Mariam Kaïdama Sidibé. D’aucuns verraient dans cette action du Président de la République, un geste fort pour mettre fin aux rumeurs et supputations qui le soupçonnaient d’être favorable à son ancien premier ministre pour lui succéder. Les mêmes  rumeurs faisaient état d’un accord conclu entre lui et Alpha Oumar Konaré pour faire de ce dernier le prochain président de la République.

Chassé de l’administration comme un mal propre, Modibo Sidibé et ses amis pouvaient rêver des soutiens de partis politiques. Mais même là, les choses sont entrain de mal tourner. Après des assauts multiples à la porte de l’Adéma/PASJ, les « modiboïstes » conduits par le 7e vice-président de l’Adéma, Zoumana Mory Coulibaly, ont été chassés par la fenêtre et la désignation de Dioncounda pour porter les couleurs du PASJ à la présidentielle de l’an prochain, a définitivement mis fin aux  rêves de ceux qui soutenaient une candidature de l’ex-premier ministre en 2012 au compte des abeilles. Ceux qui, après cette tentative infructueuse du côté de la ruche, estimaient que le Parti pour le développement social et de la solidarité (PDES) pouvait être un recours pour monsieur Sidibé, l’ont aussi récemment appris à leurs dépens. Le samedi 25 juin 2011, le président de cette formation politique, Hamed Diane Séméga a été on ne peut plus clair sur la question dans son Nioro du Sahel lors du lancement du parti présidentiel dans cette localité. " Le Parti pour le développement économique et la solidarité (PDES) ne sera le supplétif d’aucune formation politique. Il aura son candidat à l’élection présidentielle de l’année prochaine avec pour objectif prioritaire de consolider les acquis du président Amadou Toumani Touré. Son  candidat ne sera pas l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé, puisqu’il n’est pas militant du PDES ", a-t-il lancé en pleines figures de journalistes curieux de savoir les accointances qui pouvaient exister entre l’ex-premier ministre et le PDES.

Et quand on sait qu’en dehors de ces partis ci-dessus évoqués, pratiquement toutes les autres formations politiques de grandes envergures sont entrain de se positionner avec leurs candidats. Certes, on est encore loin de la présidentielle pour laquelle Modibo Sidibé est compté parmi les  favoris, mais  jusque-là aucun parti politique ne s’est prononcé en sa faveur. Il y a là des signes qui parlent. Quoiqu’il en soit, Modibo Sidibé est loin de marcher dans les pas d’ATT comme en 2002. Mais Modibo et la 3e région tenteront de réussir le même pari en 2012. Même si cela s’annonce extrêmement difficile, n’oublions pas qu’en politique  tout reste possible.

 

Abdoulaye Diakité


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