Proposition d’une solution de sortie de crise du football malien

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Tiéoulé W Koné
Tiéoulé W Koné

Au Mali et presque¬† dans tous les pays du monde, le football est le sport le plus populaire mobilisant plus de pratiquants que toute autre discipline. Le football ou sport roi est plus qu’un simple jeu. Il peut servir √† rapprocher les communaut√©s et les peuples. Il apparait comme un puissant facteur d’int√©grations et de consolidation de la paix et la coh√©sion sociale, surtout dans les pays touch√©s par des conflits arm√©s.¬† Ne dit-on pas tr√®s souvent¬† que le football est un vecteur de paix et de d√©veloppement ? Cependant, la pratique du sport roi peut faire d√©chainer dangereusement des passions nationalistes et exacerber des x√©nophobies entrainant des violences aveugles.

Tout le monde sportif reconnait que ce sont surtout le langage et l attrait universels¬† qui conf√®rent au sport roi un pouvoir et une port√©e unique. Les dirigeants du monde entier ont pleinement conscience de l’importance capitale¬† du r√īle que peut et doit jouer le sport roi.

C’est ainsi que l’on a organis√©¬† √† travers le monde des matchs de football d√©di√©s enti√®rement √† la paix et √† l’entente entre des communaut√©s, des r√©gions¬† d’un m√™me pays ou entre des pays diff√©rents. Des protagonistes et des ennemis irr√©ductibles¬† se regardant en chien de fa√Įence ont pu se rencontrer et se parler gr√Ęce au langage universel du football.¬† Parmi ces matchs, on peut citer entre autres :

– Le match entre la Turquie et l’Arm√©nie ;

РLe match de gala pour la paix à Bouaké ;

– Le tournoi de la paix au Nord – Kivu (R D. Congo)

D’autres grands matchs de la paix profilent √† l’horizon. A l’initiative du¬† Pape Fran√ßois, le “match¬† interreligieux pour la paix” se pr√©pare, avec une cinquantaine de stars du football mondial en activit√© ou √† la¬† retraite, pour promouvoir la paix et la tol√©rance. Tr√®s prochainement, la FIFA, l’instance dirigeante du football mondial, soutiendra¬† l’organisation¬† d’un match de football entre Isra√ęl et la Palestine, deux pays voisins et ennemis irr√©ductibles. Ici comme ailleurs, c’est le pouvoir du football, √† travers son langage universel qui s’exercera et s’imposera √† tous.

Pour la r√©solution de la crise au Nord, nous proposons en appui √† l’Accord pour la paix et la r√©conciliation nationale, un match de la paix √† Kidal avec l’√©quipe nationale de football. Ce grand match peut √™tre pr√©c√©d√© d’un tournoi de la paix regroupant Gao, Tombouctou et Kidal.

S’agissant du contexte malien, le football s’impose et est incontestablement le sport roi. C’est aussi le sport le mieux financ√© tant par le gouvernement (√† travers l’argent du contribuable) que par les partenaires (√† travers le sponsoring). En termes de r√©sultats et de performance, il se classe en deuxi√®me position apr√®s le basketball.

C’est ce football qui fait face depuis plus d’une d√©cennie √† des crises r√©currentes annihilant les efforts remarquables du gouvernement¬† et ceux des personnes de bonne volont√© et des sponsors √† l’endroit du sport roi. Le football malien est malade de sa longue crise. Cette crise est aliment√©e par deux clans qui se battent l’un contre l’autre, s’entred√©chirent et se positionnent en ennemis irr√©ductibles. Le probl√®me principal de ce bras de fer est la rel√©gation de 4 clubs en division 2 (Djoliba, CSK, Avenir de Tombouctou, le COB), en vertu du r√®glement sp√©cial de la FEMAFOOT.

A l’analyse, on peut¬† constater que les protagonistes :

РSont tous des hauts cadres maliens ayant tous servi ce pays (ancien Ministre, Président ou ancien Président de la FEMAFOOT, ancien footballeurs, administrateurs de sport, dirigeant de club , de Ligue ou de la FEMAFOOT etc.) ;

– Sont tous anim√©s d’une m√™me volont√© qui est de servir le football malien et de se servir de lui ;

– Sont pr√™ts √† mettre l’int√©r√™t national au-dessus de tout ;

– Ont la m√™me vision pour le football, celle d’assurer son d√©veloppement et son rayonnement ;

– M√®nent une guerre fratricide autour du football malien (aucun autre pays n’√©tant concern√© de pr√®s ou de loin).

Compte tenu des constats ci-dessus cit√©s, nous proposons pour le bonheur de football malien la solution de sortie de crise qui n’humilie aucun des protagonistes. Elle est difficile, mais synonyme de paix des braves et de patriotisme sans faille. Il s’agira de :

1- Porter le nombre de clubs en première division de 16 à 18 (rappelons que le championnat de D1 se jouait en 2 poules  avec 12 clubs. A partir de la IIIème République le nombre de clubs passe de 12 à 14 avec une seule poule.) ;

2-    Les deux premiers du tournoi de montée en D1 montent en Ligue 1 ;

3-    Le maintien en D1 de tous les 12 clubs ayant bouclé le championnat, après la relégation de certains clubs en division inférieure ;

4-¬†¬†¬† La lev√©e des sanctions (par voie de r√®glement par le dialogue et par consensus) rel√©guant quatre (4) clubs en division inf√©rieure c’est-√†-dire en D2.

Cet arrangement √† titre sp√©cial pour le besoin de la cause nationale r√©pond aussi √† une n√©cessit√© technique d’accepter des mutations, malgr√© les implications temporelles et financi√®res que cela entraine. Aujourd’hui, nous constatons que toutes les grandes nations de football ont entre 16 et 20 clubs en D1. Les petites nations de football n’en ont que 12 ou 14. Ne peut-on pas penser √† une corr√©lation forte entre le niveau du football d’un pays et le nombre de clubs √©voluant en D1 ?

Le Mali souhaite remporter la coupe d’Afrique des Nations (CAN) et pourquoi pas la coupe du monde. Pour ce faire, il faut accepter des mutations.

Nous pensons que les diff√©rents protagonistes (tous fr√®res et luttant pour la m√™me cause national) peuvent faire violence sur eux-m√™mes en acceptant ce compromis. Ils doivent tous s’inspirer du r√®glement du douloureux conflit au Nord Mali. Notre Pr√©sident de la R√©publique, IBK ne nous a-t-il pas donn√© une belle le√ßon de sagesse en pr√©f√©rant la voie du dialogue inclusif √† la guerre ? Il est en passe de gagner un incroyable pari, en r√©glant de fa√ßon d√©finitive, par la puissance du dialogue l’une des r√©bellions les plus longues, les plus meurtri√®res, les plus complexes et difficiles, et de surcroit, aux aspects multidimensionnels.¬† En le r√©ussissant √† la grande satisfaction du peuple malien, n’est-il pas d√©j√† un homme de paix nob√©lisable ?

Nous invitons les protagonistes à faire usage à leur tour, du dialogue aux multiples vertus, dont la force à faire trembler les Monts Mandingues, a toujours fait ses preuves.

C’est dans l’union que les Maliens ont su soulever des montagnes. Donc unissons-nous autour du football pour le triomphe de notre sport roi en Afrique et dans reste du monde.

Un d√©nouement heureux¬† de cette crise est souhaitable pour tout le monde sportif. Elle n’a pas sa raison d’√™tre, car elle ternit l’image du football malien et de ses responsables.¬† Cette solution heureuse ne peut venir ni de la CAF, ni de la FIFA, ni du TAS (Tribunal Administratif du Sport). Et c’est une question de choix entre une solution qui nous divise et une solution qui nous unit.

Tiéoulé W Koné

 Bamako le 15 Octobre 2015

                        * Technicien de football

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7 COMMENTAIRES

  1. Si seulement les magiciens et les charlatans de r√©solution de crises pouvaient nous foutre la paix et comprendre qu’il n’y a pas meilleure solution au r√®glement d’une crise que le respect des lois et principes √©dict√©s en la mati√®re .!!!
    Tout √ßa parceque c’est le Djoliba ???
    Si le Djoliba se dit aussi grand qu’il le croit, pourquoi refuse – t – il de jouer son championnat sur l’injonction d’un individu ou d’un groupe d’individus qui veulent r√©gler leur compte personnel avec un autre individu? C’est donc le Djoliba qui est leur arme de guerre ?
    De gr√Ęce respectons-nous en respectant nos propres d√©cisions. Moi je suis djolibiste, et je ne souffre pas qu’un individu ou un groupe quelconque, pour assouvir ses passions, prenne cette √©quipe comme paravent. C’est le cas de Niamb√©l√© et ses acolytes. C’est eux qui ont menti aux supporters. C’est eux qui leur ont fait croire que le Djoliba est au dessus de la loi et qu’il peut faire ce qu’il veut, soutenu par des gens vulgaires et sans honneurs comme Modibo et Vieux Makan, ce d√©guerpi de l’ASCO. Nous sommes en D2, nous y jouerons pour monter en D1 par notre valeur intrins√®que et non par la charit√© de quelque m√©diation !!!
    C’est Niamb√©l√© l’ennemi public n01 du Djoliba. Point – barre !!!

  2. Bonjour M.Kone,
    Votre d√©marche est louable et je t’en remercie .
    Cependant, tes propositions cr√©ent un pr√©c√©dent dangereux et mortel pour le football malien. Tous les maliens se plaignent aujourd’hui de l’impunit√© √©rig√©e en mode de geston du pouvoir .
    Comment peut-on d√©mander d’ignorer simplement la violation de la loi ? Les auteurs de ces violations ne sont-ils pas justiciables comme tout malien? Dans ce dossier c’est le manque de sanction qui est le vrai poison pour le football malien.
    R√©concilation! D’accord mais apr√®s la justice car celui qui a faut√© doit comprendre que la loi est g√©n√©rale, impitoyable et s’impose √† toutes et √† tous. Sans sanction, le football au Mali sera impossible √† g√©rer car tout club ou toute personne pourra s’engouffrer dans la br√®che ainsi ouverte.
    Merci.

  3. Je remercie M. KONE pour avoir tent√© et le prie de revoir s√©rieusement sa copie car ses propositions sont inapplicables √† la date d’aujourd’hui. En effet, le r√®glement special du championnat ligue 1 Orange pr√©voit la r√©lagation de 3 et la mont√©e d’autant de clubs √† l’issue des tournois de mont√©e entre les champions des regions et du district de Bamako. Il fallait donc une AG extraordinaire pour modifier cette disposition avant lesdits tournois de mont√©e.
    Pour revenir √† M. Kabila, il fait une lecture et interpretation plates des textes ou √©crit ce qui l’arrange (de quel bord est-il?). En effet, la Baba, Yacoubadjan et leurs acolytes ne font jamais mention de l’article Forefavoies iot constat√©. Cet article dit, je le cite de m√©moire, “pour declarer forfait, un club doit informer la femafoot par toutee ls possibles (fax, telephone, courier…) au moins 7 jours √† l’avance”. Je defie quiconque √† la femafoot de produire la prevue que les 4 clubs concern√©s ont saisi la femafoot par l’une des voies ci-dessus pour notifier le forfait.
    Mieux, le forfait n’est constat√© que par la Commission de disciplines et le Comit√© Ex√©cutif (CE) comme cela a √©t√© le cas. Le CE n’est pas un organe juridictionnel. M. Kabila, Baba a d√©tourn√© les maigres sous de la femafoot, alors que ferons nous des textes sur cet aspect l√†? Devons-nous continuer √† trouver des solutions ”qui n’humilient personne” comme le sugg√®re M. Kon√©? Je crois que non. Baba a vole de l’argent, je p√®se vraiment mes mots, et doit r√©pondre en consequence. Point barre. Cette soi-disante relegation n’est que la cons√©quence de la crise et non la cause. C’est la malgouvernance, le vol √† ciel ouvert de Baba qui ont d√©cri√© par des gens honn√™tes, soucieux de la bonne marche du football. J’ai vote IBK car pour moi, il incarnait L’IMPUNITE. Que le gouvernement commette un audit de la femafoot et foutre Baba en prison s’il est coupable. C’est tout. Que le Ministre des sports arr√™te d’amuser la galerie.
    Très sportivement!

  4. LE VIEUX TIEOULE KONE : “Compte tenu des constats ci-dessus cit√©s, nous proposons pour le bonheur de football malien la solution de sortie de crise qui n‚Äôhumilie aucun des protagonistes. Elle est difficile, mais synonyme de paix des braves et de patriotisme sans faille. Il s‚Äôagira de :

    1- Porter le nombre de clubs en première division de 16 à 18 (rappelons que le championnat de D1 se jouait en 2 poules avec 12 clubs. A partir de la IIIème République le nombre de clubs passe de 12 à 14 avec une seule poule.) ;

    2- Les deux premiers du tournoi de montée en D1 montent en Ligue 1 ;

    3- Le maintien en D1 de tous les 12 clubs ayant bouclé le championnat, après la relégation de certains clubs en division inférieure ;

    4- La levée des sanctions (par voie de règlement par le dialogue et par consensus) reléguant quatre (4) clubs en division inférieure c’est-à-dire en D2.

    DONC LA CRISE C’EST LA D1 ! ET LA D2 ? et CETTE HISTOIRE DE 2 QUI MONTENT ? REVOIS TA COPIE VIEUX KONE

  5. Kabila, autant je suis d’accord avec toi qu’on ne refuse pas de jouer et qu’on n’accepte pas de voir le r√®glement te frapper en mati√®re de forfait qui est r√©glementaire, autant la FEMAFOOT prouve que ce qui se marche sur ces clubs forfaits ne le sont pas sur des clubs de D2 qui sous pr√©texte qu’ils vont signer forfait se verront remplacer par d’autres, des clubs (LCBA club de la FEMAFOOT de Baba et STADE DE SIKASSO club du ministre des sports pour l‚Äôapp√Ęter) qui ne sont m√™me pas champions r√©gionaux de leurs ligues et qui montent en D1 ! Donc dis √† ta f√©d√©ration de savoir respecter les textes !

  6. M√™me si cette proposition de porter le nombre des clubs √† 16 √©tait accept√©e les 4clubs qui ont viol√© les r√®glements ne d√©voraient pas √™tre concern√©. Un club s√©rieux ne refuse pas jouer et pr√©tendre se maintenir dans le haut du classement. Le r√®glement qui dit que lorsque l’on signe forfait trois fois successivement l’on est disqualifi√©, est sign√© par l’actuel pr√©sident du Djoliba. Alors pour quoi veut on encourager l’indiscipline sous pr√©texte que c’est le Djoliba? Un grand club doit donner l’exemple aux autres dans le sens du respect des r√®gles et non le contraire. Pour une fois arr√™tons de la politique dans le football, respectons nous nous m√™mes pour le bonheur du foot!!!!

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