Amélioration des conditions de vie des surveillants de prison : Les promesses non-tenues du ministère de la justice à un corps marginalisé

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Maison d'arrêt de Bamako
Maison d’arrêt de Bamako

Meurtris au plus profond de leur âme, les surveillants de prison vivent le martyre. Malgré la lutte musclée qu’ils ont engagée depuis quelque temps pour obtenir de meilleures conditions de vie et de travail, les choses restent inchangées car au bout de cette lutte il n’y que des promesses non tenues de la part de leur ministère de tutelle.

rée dans les années 90 suite à la radiation de 800 élèves gendarmes qui avaient observé une grève, le corps des surveillants de prison vit encore, vingt ans après, dans des conditions de vie et de travail désastreuses. Au sein du corps où une vive lutte est enclenchée pour obtenir le minimum du gouvernement actuel, la déception a atteint ses limites et “ aucun qualificatif n’est de trop ” pour caractériser ce que vivent ces gens dont le rôle demeure crucial dans la préservation de la sécurité des personnes et de leurs biens.

Ils ne cherchent qu’un statut législatif particulier à l’image de tous les corps paramilitaires. ” Nous n’avons pas d’école de formation, pas de budget spécifique de formation et encore moins d’équipements militaires pour mener à bien notre mission “, a déploré l’un d’entre eux en septembre dernier lors d’une conférence de presse. Pire encore, même les personnes handicapées peuvent devenir des surveillants de prison faute d’un manque criard d’une méthode de recrutement digne d’un corps paramilitaire.

Et, selon le secrétaire général des syndicats des surveillants de prison “ il est très difficile de faire confiance à de tels gouvernants qui ne se rappellent même plus leurs propres promesses “, avant d’ajouter que ” nous sommes, cependant, prêts à aller jusqu’au bout de nos efforts “. C’est précisément dans la recherche perpétuelle du bout du tunnel que le syndicat a, enfin, pu rencontrer le ministre de la justice. C’est alors que Me Bathily, que d’aucuns qualifient de ”bouillonnant’‘, a donné sa parole de mettre fin à la longue agonie du corps des surveillants de prison.

Un espoir était donc né avec la volonté exprimée du ministre de mettre fin dès le mois de juin dernier à la souffrance de ce corps. Mais aujourd’hui, le syndicat se dit ” bluffé par l’actuel ministre de la Justice “, Mohamed Ali Bathily et est très remonté contre les dirigeants actuels, à l’instar des autres couches de la société, pour n’avoir pas honoré leurs engagements afin de donner une identité à ce corps.

Pour ce faire, Me Bathily avait juré de doter le corps des surveillants de prison d’un ” statut législatif prenant en compte toutes ses particularités avant fin juin 2014 “, “ régulariser leurs tenues, équipements et matériels de travail (ils n’en ont pas eus depuis 2008, ndlr) ” ou encore de “ maintenir un cadre de dialogue social entre son département et le syndicat “. Mieux encore, Me Bathily avait juré, au même moment, de donner une identité à ce corps longtemps marginalisée par les présidents qui se sont succédés à la tête du pays.

Cependant, ” nous regrettons qu’après tout ce temps rien n’a été entrepris dans ce sens si ce n’est la mise en place d’une commission de travail qui est censée travailler sur le dossier “, se plaint on dans le milieu des surveillants de prison.

En effet, pour satisfaire les besoins de ces derniers, une commission de travail a été mise en place par Me Bathily pour prendre à bras le corps leurs revendications. La Commission était censée commencer à travailler le 1er octobre dernier, mais un mois après elle n’a même pas tenu une simple réunion. D’où un nouveau désespoir pour le corps qui est très révolté.

Aboubacar DICKO

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