Crise sociale : Quel syndicalisme pour le Mali ?

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« Ta liberté s’arrête là où commence celle des autres ». Cette assertion a perdu tout son sens. La liberté individuelle ou collective n’a plus de limite. La liberté est actuellement synonyme de laisser-aller, l’humidité et la tolérance n’ont plus leur place dans notre société. L’homme malien est devenu tellement matérialiste que toutes nos valeurs sociétales sont en train de disparaître. 

La crise sociale au Mali devient de jour en jour inquiétante. Les dirigeants syndicaux sont-ils vraiment formés pour assumer de telles responsabilités. La rivalité entre les syndicats n’est-elle pas en train de devenir une véritable menace pour la stabilité du pays. Quel type de syndicalisme faut-il pour un pays en crise comme le Mali ? 

« Le syndicat est une association socio-professionnelle indépendante et démocratique basée sur le principe de l’adhésion volontaire. Il regroupe les travailleurs salariés pour la défense de leurs intérêts matériels et moraux ». 

La mondialisation avec ses contraintes étant devenue une réalité et la place qu’occupe d’économie néolibérale ont conduit à des changements dans les relations entre l’Etat, les employeurs et les travailleurs. 

En plus, le syndicat est aujourd’hui devenu un partenaire incontournable pour le progrès et le développement du pays.  C’est pourquoi toute organisation syndicale crédible doit avoir des compétences multiples en ressources humaines. Ce qui va lui permettre de faire des recherches efficaces pour élaborer un cahier de doléance crédible et aussi de mener des négociations constructives. 

Depuis un certain temps le front social est toujours en ébullition au Mali. La pluralité des syndicats a créé un désordre indescriptible qui ne permet plus au mouvement syndical d’être un véritable outil de développement mais plutôt une menace pour l’Etat. La grève qui aurait dû être l’arme ultime du syndicaliste est en train de devenir une banalité. 

Ces dernières années, nous avons été témoin d’une série de grèves sauvages déclenchées par un certain nombre de corporations. Il s’agit notamment de la Santé, la Justice, l’Éducation et la dernière en date est la grève illimitée du Syndicat autonome des administrateurs civils et des préfets. 

Pendant cette période de pouvoir transitoire que nous vivons, le front social s’est soudainement réveillé et près de dix-sept (17) préavis de grève sont sur la table du gouvernement. Le moment est-il bien indiqué pour ces genres de mouvement ? Ne faut-il pas signer un moratoire pour permettre à la transition d’atteindre ses objectifs ?  

Quel type de syndicalisme faut-il adopter pour un pays en crise comme le Mali ?

Des réflexions poussées doivent être engagées entre les parties pour réviser les différents textes régissant le syndicalisme au Mali. 

Nous devons comprendre que le laxisme et le laisser-aller qui existent actuellement dans le mouvement syndical ne peuvent pas continuer. Pour mettre fin à cette anarchie, il faut que le gouvernement prenne les mesures nécessaires pour reformer véritablement le syndicalisme et l’adapter à nos réalités. Il faut suivre en cela les pas du président béninois Patrice Talon. Ce dernier a pris son courage à deux mains pour mettre de l’ordre dans le mouvement syndical dans son pays, le Bénin. 

Comme l’a fait Patrice Talon, le gouvernement doit prendre les dispositions pour restreindre le droit de grève de certaines catégories socioprofessionnelles. Il s’agit des secteurs très sensibles comme la justice, la santé, l’éducation, le personnel de commandement, les douanes et les impôts. 

Le syndicalisme ne doit plus être considéré comme un simple mouvement de revendication, mais il doit devenir un véritable outil de proposition et de développement. Le syndicalisme doit avoir comme leitmotiv « la participation responsable ». Chaque fils du pays doit se considérer comme un soldat du développement. Le syndicaliste doit être au-devant de tous les combats. La lutte contre la corruption doit être engagée et soutenue par tous les mouvements syndicaux. Si cette bataille est gagnée, elle permettra d’améliorer les conditions de vie et de travail de tous les travailleurs du Mali.  Nous devons donner un sens à notre combat en privilégiant le dialogue social.  Nous devons mettre fin aux mouvements de grèves interminables. 

Les défis que nous devons relever sont innombrables, seuls un sursaut national et une synergie d’action pourraient nous aider à les relever. Donc, tous ensemble pour une union sacrée autour du Mali pour gagner la bataille de l’émergence 

Yacouba COULIBALY, Administrateur des postes à la retraite  

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1 commentaire

  1. Écoutez, quand ceux qui prennent le pouvoir ne se privent d aucun privilège ,quel sacrifice pouvez vous demander aux pauvres travailleurs qui tirent le diable par la langue car la queue est coupée, avec des salaires de misère. Les fonds de souveraineté n ont pas tari ,bien au contraire ,alors…..

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