Mali : la jeunesse et les femmes se mobilisent contre Ag Ghali, le mal du Mali

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Iyad Ag Ghali, le leader du groupe islamiste armé Ansar Dine (g), le 7 août 2012 à Kidal (AFP)

Les associations de jeunes ne se comptent plus tellement elles sont nombreuses, au Mali et dans le monde. Ces jeunes du Mali et de la Diaspora s’exprimaient jusqu’alors beaucoup à travers la toile, sur des sites où florissent échanges et débats autour de leur avenir et de celui de notre pays. Mais leur engagement s’exprime désormais aussi dans les rues, au détour desquelles des mouvements commencent à émerger et des revendications communes à s’affirmer.

 

Que ce soit dans le domaine de la culture, du développement social, du progrès économique, de la démocratie, la jeunesse malienne est sans contradiction possible d’un dynamisme remarquable. Preuve en est l’abondance d’initiatives locales de jeunes qui, au départ, se réunissaient simplement entre eux pour évoquer leur quotidien, souvent pénible. Ces initiatives sont, petit à petit, en train de muer et de prendre l’ampleur et la consistance de mouvements structurés et organisés.

 

Les jeunes Maliens et Maliennes se disent solidaires et prêts à relever leurs manches pour frapper le mal où il se trouve. Dans le nord, leurs camarades touaregs font preuve du même engagement profond, qu’ils ont eux aussi été contraints de développer, puisque après avoir subi la violence la misère et le mensonge du vieux Ag Ghali, personne n’a été en mesure de leur offrir l’espoir d’une vie digne, décente et heureuse, dans un pays en paix.

 

A Kidal, les uns comme les autres sont fatigués, las, en colère, de subir les conséquences d’événements qu’ils n’ont pas engendrés, auxquels ils n’ont pas participé, qu’ils n’ont en fait même pas connus. Ces événements ont pourtant fait ce que le grand et beau Mali d’antan est devenu aujourd’hui, ils ont fait ce que la vie de nos adultes en devenir est aujourd’hui : misère, chômage et violence,…

 

Les rebellions touarègues ne les concernent pas, et ils ne veulent pas qu’un vieil islamiste aveugle vienne leur dicter leur conduite et leur voler leurs rêves. Ils sont dans le rejet d’Iyad ag Ghaly, ce vieux djihadiste pervers qui a sali leur belle image de fiers hommes et femmes du désert à travers le monde. Ançar Dine et sa charia n’ont qu’à aller se rhabiller. Les jeunes n’oublieront jamais la vie de malheur, dénuée de musique et de joie, que les salafistes ont voulu leur imposer, et encore moins l’horreur des châtiments corporels que ces fanatiques ont fait subir à leurs proches. Les femmes et les jeunes ont été les premières cibles de cette idéologie néfaste et aussi les premiers laissées pour compte dans cette crise qui les a livrés à eux-mêmes, seuls et sans avenir, enfoncées dans toujours plus de pauvreté.

 

C’est ce qui explique le dynamisme des associations de jeunes et de femmes, dont en particulier l’association des femmes maliennes pour la réconciliation et le progrès qui appelle les hommes à reprendre leurs responsabilités dans leurs familles et dans la société. Ce ne sont en effet certainement pas les terroristes avides d’argent et de sang qui vont enrichir leurs pauvres recrues qu’ils méprisent en réalité et qu’ils envoient se faire tuer à leur place. Saluons ces femmes et ces jeunes courageux qui enfin, prennent la parole pour nous dire que la vérité. Et la vérité est qu’il faut cesser les atrocités, les divisions, et se rassembler pour mener le Mali vers le développement et la prospérité.

 

Le Mali a besoin de cet engagement profond et de cet activisme solidaire qui émane de sa jeunesse pour sortir du marasme dans lequel, soyons honnêtes et francs, leurs aînés les ont conduits. Ils sont aujourd’hui les seuls à être encore capables de repenser et de construire le Mali de demain. Si leurs mouvements émergeants n’ont pas encore d’unité, des mots d’ordre commencent à circuler et leurs discours se rejoignent à l’unisson : nous sommes tous Maliens, faisons le ménage pour envisager un avenir dans la paix!

 

Il faut se réjouir de la révélation de ce constat, sachant que les moins de 35 ans représentent les trois-quarts de la population du Mali. L’attitude et l’action courageuse de ces jeunes citoyens à l’encontre des vieux terroristes pervers est un signe fort et encourageant pour l’avenir de notre pays : car cet avenir n’est autre qu’eux et l’espoir qu’il soit meilleur n’est ailleurs qu’entre leurs mains !

 

Auteur : Idrissa Khalou

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4 COMMENTAIRES

  1. PlutĂ´t qu’un retour Ă  l’obscurantisme que veulent nous imposer ces vieux intĂ©gristes, nous les jeunes du Mali, nous aspirons Ă  la dĂ©mocratie, au progrès et Ă  la modernitĂ© . Il nous faut les dĂ©truire pour qu’ils cessent dĂ©finitivement de nous nuire.

  2. Vive les femmes du mali qui ont plus de courage que les hommes. Il faut rejoindre et soutenir ces associations qui veulent du bien pour le pays.

  3. vive l’unitĂ© du mali, vive l’unitĂ© de nos jeunes, c’est eux qui nous redonneront notre fiertĂ©.

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