Complexe agro-industriel Seydou Diogo Awa (SDA)-sociétés coopératives : Un contrat gagnant-gagnant pour le grand bonheur des consommateurs !

"Tout est bien qui finit bien", a-t-on coutume d'entendre. Après un fâcheux malentendu lors de la précédente campagne agricole avec certains exploitants, tout semble renter désormais dans l'ordre pour la société SDA.

30 Août 2025 - 01:17
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Complexe agro-industriel Seydou Diogo Awa (SDA)-sociétés coopératives : Un contrat gagnant-gagnant pour le grand bonheur des consommateurs !

Mercredi 20 août 2025 sous la présidence du ministre de l'Economie et des Finances, Alousséni Sanou, le président-directeur général du Complexe agro-industriel Seydou Diogo Awa (SDA), Seydou Kéita dit Seydoublen, d'une part, et le président de l'Interprofession de la filière sésame au Mali (Isma, Institut de la sauvegarde des milieux africains), Soumaïla Coulibaly, et le président de la société coopérative Sènèfèrè Kuraw, Mahamadou Guindo, d'autre part, ont pris date avec l'histoire. Les parties ont procédé à la signature d'un contrat de commercialisation de produits agricoles pour la campagne 2025-2026. C'est une convention de confiance mutuelle tant voulue par les hautes autorités du pays, en première ligne le général d'armée Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l'Etat, qui a toujours encouragé et soutenu ce projet de l'ancien capitaine des Aigles du Mali et joueur du FC Barcelone, depuis son état embryonnaire. Quels sont les termes de ce contrat ?  

L'importance de l'événement justifie largement la présence du ministre de l'Economie et des Finances, Alousséni Sanou, pour présider dans ses locaux, la cérémonie de signature, assisté de son collègue de l'Agriculture, Daniel Siméon Kéléma.

 L'appel d'Assimi !

Ce signe est loin d'être fortuit, car l'initiative de Seydou Kéita a une histoire. En effet, à sa prise du pouvoir en 2021, le président Assimi Goïta a lancé un appel à l'ensemble des Maliennes et des Maliens, établis singulièrement à l'extérieur, en les invitant à venir contribuer à la construction nationale, à investir dans des projets porteurs de croissance et de développement, à contribuer à la création d'emplois pour absorber le chômage notamment celui des jeunes. Il les a assurés de la disponibilité des autorités maliennes à les accompagner dans le strict respect des intérêts du peuple malien. Seydou Kéïta a entendu cet appel et a répondu à ce cri de cœur du général d'armée Assimi Goïta. Il a entendu cet appel en créant la Société Seydou Diogo Awa (SDA). Voilà d'où est partie l'idée. Le capital de la société, les investissements consentis, les chiffres annoncés et l'impact attendu en termes de production, de création d'emplois sont fortement appréciables et contribueront à réduire la dépendance du pays par rapport à l'extérieur pour l'approvisionnement du marché malien en huile.

Seydou a donc dit Oui à l'appel du président du Mali. C'est un message très fort à l'endroit de la jeunesse, pour dire, qu'après le football aussi, il y a une vie, qui peut être basée sur des unités industrielles et sur d'autres activités productives pour le Mali afin que l'ensemble de nos compatriotes puissent contribuer à la reconstruction du Mali.

Cette audace de Seydou Kéita a convaincu le chef de l'Etat de prendre le projet à bras le corps. C'est pourquoi, le général d'armée lui a non seulement accordé une audience mais aussi, a procédé, le 2 juillet 2024 à l'inauguration du Complexe agro-industriel Seydou Diogo Awa (SDA) dans la Commune rurale de Sanankoroba, cercle de Kati.

Ce jour-là, le chef de l'Etat avait déclaré : "Je pense qu'aujourd'hui, la réalisation de cette usine est un pas vers notre souveraineté alimentaire avec la production de l'huile végétale alimentaire, la production d'aliments pour bétail et de tourteaux, celle de beurre de karité. Ce qui va nous permettre de développer cette souveraineté que nous devons renforcer dans tous les secteurs, notamment ceux sécuritaire, alimentaire, économique et industriel".

Le général d'armée Assimi Goïta a réitéré au PDG du Complexe agro-industriel la disponibilité du gouvernement à l'accompagner dans la mesure du possible pour la réussite de ce projet gigantesque.

La phase proprement dite de production de l'usine, sans conteste la plus moderne du pays et l'une des plus conformes aux normes requises dans la sous-région, voire au-delà, a été officiellement lancée le 27 février 2025 par Seydou Kéita soi-même.

 Les termes d'un contrat gagnant-gagnant

Cependant, la première année de production a été marquée par un malentendu qui a engendré un bras de fer avec les acteurs du secteur. Ce qui a dû jouer considérablement sur les ambitions nourries. C'est pourquoi, pour la campagne agricole 2025-2026, les autorités de la Transition ont pris leurs responsabilités en s'impliquant à fond dans la gestion des matières premières. Ce qui a abouti à la louable cérémonie du 20 août 2025 entre Seydou Kéïta et les présidents des sociétés coopératives qui ont paraphé et apposé leurs signatures au bas du contrat.

Aux termes de ce contrat, l'Isma s'engage à fournir 10 000 tonnes de graines de sésame, tandis que la société coopérative Sènèfèrè Kuraw livrera 5000 tonnes d'arachide et 1000 tonnes de soja.

Le Complexe SDA, de son côté, s'engage à acheter l'intégralité des quantités convenues, à fournir les sacs vides de 100 kg et à respecter les prix ainsi que les modalités de paiement fixés.

Les différentes parties ont convenu d'agir de bonne foi et de remplir leurs obligations contractuelles avec rigueur, afin de garantir le succès de l'opération et de consolider une relation commerciale durable et harmonieuse.

L'appui technique sera assuré par la direction nationale de l'agriculture (DNA), l'Office de la Haute Vallée du Niger (OHVN), la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) et l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture du Mali (Apcam). 

Plusieurs interventions ont meublé la cérémonie. Pour le ministre de l'Agriculture, "nous devons restructurer toutes les filières : arachide, sésame, soja, riz, maïs pour que chaque acteur puisse jouer pleinement son rôle et bénéficier des fruits de son travail".

Daniel Siméon Kéléma a remercié le PDG du Complexe SDA pour ses investissements, tout en regrettant le talon d'Achille de l'agriculture malienne : "Nous produisons beaucoup de matières premières, mais nous avons très peu de produits finis. C'est à travers la transformation que nous pourrons capter la valeur ajoutée et renforcer nos filières".

A sa suite, le ministre de l'Economie et des Finances dira que cette contractualisation donne une garantie à toutes les parties : les agriculteurs sont assurés de vendre leur production à un prix convenu dès le début de la campagne, tandis que l'industriel est certain de disposer des matières premières nécessaires pour faire tourner son usine, développer ses affaires et à recruter. "C'est une chance pour la filière et un modèle à reproduire avec d'autres coopératives", a-t-il déclaré, mais non sans replacé cette initiative dans la vision "Mali 2063" et la Stratégie nationale pour l'émergence et le développement durable, qui mettent l'accent sur l'agriculture, l'élevage et les industries de transformation. "Nous avons estimé qu'il était nécessaire de développer une économie circulaire : produire les semences ici, les cultiver ici, les transformer ici, les consommer ici, et exporter le surplus", a conclu Alousséni Sanou.

Avant les ministres, les parties signataires du contrat s'étaient exprimées.

"Aujourd'hui est un jour particulier, très important pour l'Interprofession de la filière sésame et pour le secteur de l'agriculture malienne, notamment les produits oléagineux et la transformation. C'est une initiative qu'il faudra répéter sur toutes les autres filières", a déclaré, au nom des exploitants, le président de l'Isma, Soumaïla Coulibaly, pour qui, l'objectif est de contribuer à sécuriser l'approvisionnement de l'industrie de la Société SDA en matières premières, afin de bâtir une économie malienne forte grâce à l'agriculture, au bénéfice de tous les acteurs. "Cette initiative écrira une nouvelle page de l'histoire de l'agriculture et de la transformation de l'économie malienne", a-t-il professé.

Pour le patron du Complexe SDA, "le plus important, c'est que nous puissions transformer localement, commercialiser localement, produire localement et consommer localement. Mon souhait est que tout le peuple malien puisse consommer un produit de bonne qualité, parce que c'est aussi une question de santé publique".

La vision de Seydou Kéïta pour le Mali est de permettre au pays d'être au même niveau que d'autres nations : "Quand on parle de produits de consommation, il faut que l'on dise que c'est fait chez nous. Les premiers bénéficiaires doivent être les paysans, et toutes les chaînes qui y sont liées en profiteront". Et d'exprimer l'espoir de voir d'autres filières comme l'arachide, le soja et le sésame encadrées et organisées à l'image du coton.

 Les chiffres et les lettres

Pour un investissement de plus de plusieurs milliards de F CFA, le Complexe agro-industriel SDA est composé de six unités de production intégrées ; à savoir : une unité de production de karité, une unité de production d'huile de soja, d'arachide et de coton. Aussi, une unité de production d'aliments bétail et d'aliments volaille de 120 tonnes par jour et une unité de production de bidons et une autre unité de production de savon. Il y a enfin une raffinerie de plusieurs litres par jour. Cet ensemble est alimenté par une centrale solaire photovoltaïque de 2 mégawatts qui couvre largement les besoins en électricité de l'usine.

Cette centrale peut même dégager un excédent commercialisable. Bâti sur une superficie de 7 ha, le Complexe agro-industriel est une société anonyme. Déjà, la SDA a créé de nombreux emplois permanents et emplois indirects.

La réalisation de cette usine est l'aboutissement d'un long processus de recherche, d'investigations, de négociations et de concertations entre le promoteur et ses différents partenaires.

Dans une approche intégrée, le Complexe agro-industriel entend développer, en amont comme sources d'approvisionnement en matières premières de l'usine, des cultures de diversification comme le soja, le sésame et l'arachide. Ce qui permettra de créer une agropole et d'établir un lien économique entre les producteurs de la zone et SDA.

La flambée des cours des produits agricoles et alimentaires sur le plan mondial en 2023 appelait l'impérieuse nécessité d'accorder la priorité au développement endogène de notre pays à travers la promotion des produits agricoles locaux.

 Mon Mali et nulle part ailleurs

"Je suis surtout heureux de réaliser un tel projet au Mali parce que j'avais la possibilité de le faire à Dubaï où je vis. Mais, ma volonté, c'était de le faire chez moi au Mali, créer de l'emploi chez moi au Mali, pour participer à la reconstruction de notre pays. C'est vraiment l'objectif.

J'ai fait un investissement de haut standing pour que les autres qui viendront investir fassent autant, sinon plus. Les gens qui rentrent dans l'usine s'interrogent s'ils sont réellement au Mali. Ma plus grande fierté, c'est de m'imaginer moi, ce jeune garçon qui est parti à Marseille en 1996 retourner au bercail pour créer un ouvrage industriel pareil. Je souhaiterais que ce soit une visibilité pour le Mali et que ça fasse des émules au sein des Maliens de la diaspora, footballeurs ou pas.

Le pays traverse des moments difficiles, il est donc important que les Maliens, tous les enfants du Mali, se donnent la main pour faire en sorte que le Mali retrouve toute son aura d'antan", avait confié Seydou Kéita à la presse au terme d'une visite, en prélude à l'inauguration de l'usine par le chef de l'Etat.

Fruit de plusieurs années de dur labeur, le Complexe agro-industriel SDA est là pour le bonheur des employés, mais aussi de l'économie malienne.

El Hadj A.B. HAIDARA

 

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