Nutrition en 2024 : Parent pauvre du budget national
Dans une nouvelle étude publiée en août sur les allocations budgétaires de l’Etat pour la nutrition en 2024 au Mali, le Groupe de suivi budgétaire (GSB) de concert avec le Mouvement Sun-OSC révèle des défis persistants pour améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le pays.

Bien que le taux de prévalence nationale de malnutrition chronique soit à 24,8%, (smart 2024) « l’Etat et même les collectivités mettent moins de 1 % de leur budget dans ce secteur », selon le BSG.
Le Groupe de suivi budgétaire (GSB) a réalisé cette étude dans le cadre du Programme Right2Grow en partenariat avec le Mouvement Sun-OSC. Elle a été effectuée sur la base des prévisions budgétaires pour le budget national.
En 2024, le Mali a alloué plus de « 6,60 milliards de FCFA à la nutrition » dans le budget global. Se basant sur la méthodologie (Lancet, 2013), le rapport du GSB note une baisse de 0.32 % de la part dédiée à la nutrition. Le taux est passé de 0.53% en 2020 à 0.21% en 2024. La baisse de 2024 par rapport à 2023 (où le budget avait connu une légère hausse de 0,25 %) pourrait s’expliquer « par la persistance de la crise sécuritaire, la crise énergétique que subit le pays », selon le document.
L’enveloppe, constate-il, est inégalement répartie entre la nutrition spécifique et les secteurs sensibles à la nutrition. La sécurité alimentaire, la santé et l’éducation sont les principaux secteurs financés, souligne l’analyse. Les allocations budgétaires pondérées montrent que la santé est le principal contributeur à la nutrition. La nutrition spécifique arrive en troisième position devant la sécurité alimentaire dans le financement pondéré de la nutrition avec 10.1%. « Les montants alloués à la nutrition spécifique représentent 0.43% du budget du ministère de la santé », selon les résultats.
Budgets variés
Dans son étude, le GSB s’est aussi intéressé aux comptes administratifs des 24 communes partenaires de Right2Grow pour la nutrition durant l’exercice 2024. Contrairement au budget national, l’analyse des lignes budgétaires pour les communes a été faite sur les réalisations.
Pour le GSB, ces communes partenaires de Right2Grow ont des budgets variés pour la nutrition avec des efforts concentrés sur trois secteurs. A savoir la protection sociale, la sécurité alimentaire et l’éducation. Par ailleurs, l’étude note que les budgets des communes de Kayes, Koulikoro et Sikasso montrent des approches différentes en matière de financement de la nutrition.
Les budgets alloués par les communes partenaires à la nutrition, pondérés selon les taux de sensibilité, s’élèvent respectivement à : 5,5 millions FCFA, soit une part de 0,10 % du budget total de 5,256 milliards FCFA à Kayes. 21,28 millions FCFA, soit 0,19 % du budget total de 11,322 milliards FCFA à Koulikoro. 65,4 millions FCFA, ce qui représente 0,22 % du budget total de 29,724 milliards FCFA à Sikasso.
Moins de 1 %
Dans son étude, le GSB relève des défis persistent dans la mobilisation des ressources et le suivi budgétaire efficace tant au niveau national qu’international malgré les progrès obtenus par le Mali dans la lutte contre la malnutrition.
Dans le budget national aussi bien qu’au niveau des collectivités couvertes par l’étude, moins d’1% est mis dans les questions de la nutrition en 2024 au Mali.
Pour Bassidy Diabaté, coordinateur du Groupe de suivi Budgétaire « cette étude démontre réellement qu'il y a de quoi à penser à cette question ». Il poursuit et d'ajouter que la nutrition, c'est un élément clé. « Qui parle du développement du capital humain, doit penser également à la nutrition ».
Au regard du taux actuel de la malnutrition, le taux de prévalence de la malnutrition chronique est estimé à 24,8%. La malnutrition aiguë globale dépasse 10%, selon SMART 2024) le coordinateur soutient une augmentation du budget actuel pour qu'il y ait, dira-il, peu de satisfaction « Certes les choses évoluent, mais près à 2% aujourd’hui du budget national peut donner un déclic. Au moins, si on ne diminue pas d'une manière générale la malnutrition, qu'on arrive à avoir une situation stagnante, au lieu de voir d'année en année les taux de malnutrition augmenter », a-t-il déclaré.
Pour améliorer le financement de la nutrition, Bassidy Diabaté estime qu’il y a lieu de créer une synergie d'action pour, « savoir qui fait quoi et où » et de travailler sur les indicateurs.
Le renforcement de la coopération et de la collaboration entre la communauté est aussi une prérogative pour le GSB afin de faciliter la mobilisation des ressources au niveau local et au niveau international. Tout comme l'utilisation des fonds mobilisés.
Kadiatou Mouyi Doumbia
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