Eaux usées à Bamako : Une menace silencieuse aux conséquences multiples

La capitale malienne, fait face à un défi environnemental majeur : la gestion des eaux usées.

30 Août 2025 - 01:41
 1
Ecouter cet article
Eaux usées à Bamako : Une menace silencieuse aux conséquences multiples
00:00
Eaux usées à Bamako : Une menace silencieuse aux conséquences multiples

Dans plusieurs quartiers populaires tels que Faladié Socoro, Faladié Sema, Faladié Sokoura et Niamakoro, les eaux usées s’écoulent à ciel ouvert, se mêlant aux déchets domestiques pour former des marécages insalubres. Cette situation dégrade l’environnement et menace directement la santé des populations.

Malgré quelques efforts des autorités et de leurs partenaires, la ville souffre d’un déficit criant en infrastructures d’assainissement. Les fosses septiques sont souvent mal entretenues ou inexistantes, les caniveaux obstrués, et les eaux de latrines, de vaisselle et de pluie se mélangent dans les rues, créant des zones de stagnation, particulièrement dangereuses en saison pluvieuse où les inondations aggravent la dispersion des eaux polluées.

Les eaux usées stagnantes, chargées de déchets et de matières fécales, sont un vecteur de nombreuses maladies : diarrhée, paludisme, typhoïde, hépatite, choléra, dysenterie, dengue, infections respiratoires et cutanées, ainsi que divers parasites. Mais les impacts ne s’arrêtent pas là : elles polluent les sols, contaminent les nappes phréatiques et rendent les terres agricoles impropres à la culture. L’absence d’un système d’assainissement adéquat dégrade la qualité de vie des habitants, limite leurs activités quotidiennes et expose les quartiers à des odeurs nauséabondes persistantes.

Des initiatives locales en quête de solutions

La mairie de la commune VI a entrepris des actions pour améliorer la situation. Selon Moriba Sangaré, chef du service d’assainissement et de contrôle des pollutions et nuisances, des mesures ont été proposées dans les quartiers non viabilisés comme Niamakôrô, Sénou et Yirimadjo. Chaque ménage est invité à creuser un puisard pour gérer ses eaux usées, mais cette recommandation reste peu appliquée faute de moyens.

"Les eaux de vaisselle doivent également être dirigées vers les puisards, mais ce n’est pas encore le cas. Les gens continuent de les déverser dans les rues. Les collectivités doivent chercher des partenaires pour financer la réalisation de ces ouvrages, car les populations n’ont pas les ressources nécessaires", plaide Moriba Sangaré qui dira que le coût moyen d’un puisard est estimé à 150 000 FCFA, mais ce montant varie selon la nature du sol. Dans les quartiers rocheux, les travaux sont plus complexes et donc plus coûteux.

"Un autre problème majeur est le branchement illégal des ménages aux caniveaux, conçus uniquement pour les eaux pluviales. La mairie prévoit de déconnecter tous les raccordements non conformes. En parallèle, elle organise des campagnes de sensibilisation via les radios de proximité et les crieurs publics", affirme M. Sangaré.

Pour chef du service d’assainissement et de contrôle des pollutions et nuisances, lorsqu’un projet de financement de puisards est lancé, la mairie informe d’abord la population, réunit les comités de développement, les associations de jeunes et de femmes, ainsi que les leaders religieux. Ensuite, elle recense les ménages concernés et attribue les travaux à une entreprise ou à un maître d’œuvre.

"Chaque bâtiment doit intégrer un système d’assainissement dès sa construction. En cas de non-conformité, un délai d’un mois est accordé pour réaliser les ouvrages nécessaires", précise Moriba Sangaré.

 

Assitan Koné

(Stagiaire)

Quelle est votre réaction ?

Like Like 0
Je kiff pas Je kiff pas 0
Je kiff Je kiff 0
Drôle Drôle 0
Hmmm Hmmm 0
Triste Triste 0
Ouah Ouah 0