Milieu scolaire et universitaire : Le pouvoir confus et diffus de l’AEEM

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« L’AEEM a tendance à jouer un grand rôle dans la régulation du système éducatif. En 1991, elle siégea au sein du CTSP. Elle semble être le tremplin pour accéder à des services immenses : faveur des autorités, droit de passages, accès à des prébendes. La mise en place des bureaux de l’AEEM constitue la manifestation la plus patente de la violence. Elle donne lieu à des séquestrations, des menaces, des échauffourées entre les différents acteurs.

Tout cela se fait souvent au prix d’un saccage complet des infrastructures publiques. Généralement, ce sont des bandes bien organisées qui se disputent la tête de l’association. Tout est mis en œuvre avant le jour des élections : recrutement de loubards, constitution de comités de choc, mobilisation d’armes redoutables : gourdins, sabres, machettes, coupecoupes, haches. Cette violence s’exerce souvent sur les enseignants.

A la FSJE, un professeur syndicaliste a échappé de peu à la vindicte populaire des élèves à cause de sa rigueur. Un étudiant succomba de ses blessures à la suite d’une altercation avec les forces de l’ordre. Nous sommes ici en mesure de parler d’une « loubardisation » de l’espace scolaire. La marchandisation, la destruction des normes académiques, la recrudescence des actes et comportements illicites, le mépris des règles morales sont des pratiques quotidiennes dans les facultés.

En abordant cette question, Diakité parle d’un désengagement de l’Etat dans la gestion des internats des établissements (Faculté des sciences et techniques, Institut universitaire des gestions, Faculté de médecine et Ecole nationale des postes et télécommunications), ce qui, somme toute, donne l’occasion à certains responsables de l’AEEM de se livrer à toutes sortes de manipulations financières douteuses : « Les différents prélèvements sur la location des chambres, sur les installations de cabines privées et de cantines et la passation des marchés d’enlèvement des ordures contribuent à alimenter le « trésor de guerre » de l’AEEM ou de certains de ses clans. Comment s’étonner alors que certains responsables de l’AEEM se fassent protéger par des loubards et battent campagne lors des élections syndicales estudiantines, en distribuant de l’argent et des t-shirts à leur effigie et en collant des affiches avec leur portrait en couleur. »

Un autre paramètre de l’agissement de cette association est sa forte implication dans les évaluations. Elle considère inadmissible l’échec d’un membre du bureau. C’est pourquoi, chaque parution de résultats est suivie de négociation, de compromis qu’elle cherche à avoir avec les chefs de DER.

Dr. TRAORE Idrissa Soiba Enseignant Chercheur Université des Lettres et des Sciences Humaines de Bamako.

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1 commentaire

  1. Il faut avoir le courage de supprimer cette mafia qui gangrène le Mali depuis l’accession de Mariko à un poste de ministre sous le CTSP. Gasramrak!

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