Situation sécuritaire dans la région de Gao : Un Professeur à la retraite interpelle le général Camara

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Le Général Camara doit toujours avoir à l’esprit ce qu’un général algérien lui avait dit lors d’une rencontre à Tamanrasset. Je le paraphrase : un Etat qui ne peut pas assurer la sécurité de ses citoyens et de leurs biens, n’est pas viable (c’est dans son livre). Ce que j’ai constaté, c’est que les autorités militaires et exécutives de Gao n’ont aucune volonté d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Elles se cachent derrière le conflit communautaire. Tel est le cri de cœur d’un professeur à la retraite basé à Gao.

Bonjour….

Je te confie une mission auprès de mon frère malinké que je respecte beaucoup pour la qualité de certaines de ses idées sur les questions militaires fondamentales. Il faut lui dire, qu’il est un personnage estimable et central auprès du Colonel Assimi Goïta, Chef de l’Etat du Mali. Il faut lui dire que le nombre de bétail volé après la chute d’IBK est astronomique. Je lui demande de prendre mes propos au sérieux : l’armée doit changer de cap concernant la question sécuritaire des personnes et de leurs biens au nord du Mali, surtout dans la région de Gao.

Il peut consulter un numéro de « Jeune Afrique » qui date de 2019 au moment où le général Dahirou Dembélé était ministre de la défense. Dans ce numéro, le ministre de la défense du Niger, M. Kalla Moutari disait qu’il allait l’interpeller lors d’une réunion régionale sur le fait que plusieurs centaines, voire des milliers de bovins traversent la frontière Mali-Niger sans que l’armée malienne lève le petit doigt. Il faut dire qu’une population sans biens pour vivre est un fardeau pour un état. Le général Camara doit toujours avoir à l’esprit ce que le général algérien lui avait dit lors d’une rencontre à Tamanrasset. Je le paraphrase : un état qui ne peut pas assurer la sécurité de ses citoyens et de leurs biens n’est pas viable (c’est dans son livre). Ce que j’ai constaté, c’est que les autorités militaires et exécutives de Gao n’ont aucune volonté d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Elles se cachent derrière le conflit communautaire. Il faut lui dire que le plus grand drame du vol de bétail dans la région de Gao a été fait sous l’exécutif du Général Sidiki Samaké en 2019. Il y a une communauté peulh du nom de Dialgodji en conflit communautaire avec les Imaghads du Général Gamou, chef de la milice GATIA. Le bétail de cette communauté a été enlevé par les éléments du GATIA, escortés par un hélicoptère de Barkhane. Tout le bétail, composé de milliers de têtes, a été bazardé à vil prix sous les yeux des personnes à qui il appartient. La société civile de Gao a tout fait pour que justice soit faite, mais rien. La réponse des autorités régionales est :” c’est entre eux”. Voilà comment a débuté le drame du vol de bétail dans la région de Gao.

Je rappelle à mon général cette citation du capitaine Sounkalo Samaké, tirée de son livre intitulé “Ma vie de soldat” : ” Nous avons enlevé Modibo, nous avons fait pire que lui”.

Bien à toi.
Y A

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5 COMMENTAIRES

  1. Il faut acculer les autorités, quelles qu’elles soient, pour mettre fin à leur laxisme. Elles ne le feront pas d’elles même. Il appartient au peuple de pratiquer, maintenant et pour toujours, une veille citoyenne. Il en est ainsi dans les pays occidentaux. Leurs autorités subissent un marquage à la culotte. Alors, à défaut d’un dictateur éclairé à la tète de nos pays, soyons nous même exigeants lorsque le dirigeant est laxiste.

  2. Par qui est-il payé pour mentir ? La guerre contre les terroristes n’est pas facile mais il y’a des progrès visibles. La montée en puissance des FAMAS n’est plus à démontrer. Nos ennemis sont acculés et en sont réduits à des actions désespérées.

  3. ‘Un état qui ne peut pas assurer la sécurité de ses citoyens et de leurs biens n’est pas viable (c’est dans son livre)’.
    Le constat est amer.
    Mais c’est un axiome.vérité évidente qu’on ne se donne pas la peine de montrer.
    faut bien mettre fin au laxisme.

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