Système de fertilisation du sol à travers la plante ‘’gliricidia’’ : Les paysans de Sikasso et de Koulikoro à l’école du projet ORM4SOIL

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Après la région de Sikasso du 5 au 7 octobre, les responsables du projet ORM4SOIL (Gestion des Ressources Organiques pour la Fertilité des Sols) étaient en visite dans la région de Koulikoro le lundi 23 octobre dernier. Ils y ont rencontré  les paysans de Mafeya, Féya, Tanabougou, Tiétiguila, des représentants du Comité Régional des Utilisateurs des Résultats de la Recherche(CRU), de l’Assemblée Régionale de la Chambre d’Agriculture de Koulikoro, de la radio rurale et de la Direction Régionale de l’Agriculture. L’objectif de cette mission était de partager avec eux, les expériences du projet en matière de fertilisation des sols à travers la plante « gliricidia » et la technique d’utilisation de l’engrais organique pour réduire la dépendance des paysans des engrais minéraux qui ont des conséquence sur l’environnement et la santé des consommateurs. Mais aussi, sur la fertilité des sols.

Ce projet créé en janvier 2015,vise à mettre au point et diffuser des techniques permettant d’améliorer la sécurité alimentaire, les revenus des agriculteurs, la santé des écosystèmes tout en protégeant les sols et en les aidant à s’adapter au changement climatique.  La délégation était composée de Odiaba Samaké, coordonnateur national du projet à l’IER de Sikasso, Fagaye Sissoko, chercheur à l’IER de Sikasso, HarounaYossi, Directeur CRRA-IER de Sotuba, Mamadou Traoré, 1er vice-président de la Commission régionale des utilisateurs des résultats de la Recherche agricole et Sidiki Gabriel Dembélé, enseignant-chercheur et Point Focal du projet ORM4OIL à l’IPR-IFRA de Katibougou.

Au village de Mafeya, la délégation a visité le champ d’expérimentation de Diamako Coulibaly. Un champ où les effets de la sècheresse due au manque de pluie sont visibles sur les récoltes. Selon cette productrice, la fertilisation du sol est très difficile dans leur localité à cause de la mauvaise qualité du sol et de la faible pluviométrie. Mais grâce à la technique du projet,dit-elle, elle pourra désormais faire face à ce problème. Avec cette technique explique-t-elle, les paysans n’utilisent que la moitié de la dose normale recommandée dans l’utilisation des engrais minéraux. Ce qui réduit fortement leur dépendance en engrais minéraux qui ont de lourdes conséquences sur la santé du sol et même des consommateurs.

La rencontre a également permis aux paysans d’en savoir davantage sur la plante ‘’gliricida’’.

Mamadou Traoré qui est propriétaire d’un champ d’expérimentation n’a pas manqué de manifester son intérêt pour le projet au regard de ce qu’il lui a apporté comme résultat dans le cadre de la fertilisation de son champ.

La délégation a ensuite visité le site de compostage en ciment du village de Mafeya.

Selon les paysans, le site de compostage en ciment permet d’avoir une bonne maitrise de la gestion du système de compostage contrairement au système de banco.

Pour Dramane Diarra, les matériaux utilisés pour la production de ce compost sont la plante ‘’cassia-tora’’, les boues de marigot, les bancos de termitières et les cendres.

A en croire M. Diarra, la technique de fabrication du compostage est le côté le plus avantageux du projet pour eux. Car elle leur permet d’économiser l’argent qu’ils dépensaient dans l’achat des engrais minéraux. D’après lui, avec la technique du projet, les paysans n’utilisent que la moitié de la dose normale d’engrais minéraux dans leurs champs et obtiennent des meilleurs résultats.

Après Mafeya, la délégation a visité la parcelle d’expérimentation de la même technique dans le domaine de l’IPR-IFRA de Katibougou. Sur place, les paysans ont eu droit au même exercice de comparaison pour se rendre compte de l’importance de la technique ORM4SOIL. Contrairement au champ de Mme Diamako Coulibaly, l’effet de la rareté des pluies était moins visible dans le champ d’expérimentation de maïs et de sorgho à Katibougou comme dans les 15 autres champs d’expérimentation de Mafeya.

Selon le coordinateur Odiaba Samaké, la technique du projet vise à améliorer la fertilité du sol de façon durable pour assurer une meilleure production dans le temps et dans l’espace.

« Le gliricidia est une plante permettant d’améliorer la fertilité du sol. Cela consiste à couper la plante pour l’étaler dans la parcelle pour augmenter le taux de matière organique du sol qui est le réservoir même du sol en élément nutritif », a souligné Dr Odiaba Samaké. Qui a invité les paysans à une restitution de l’expérience vécue une fois de retour chez eux pour une large diffusion de la technique auprès des autres paysans qui n’ont pas pu faire le déplacement.

M.D

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