Opération fluidité de la circulation : dix mois après quel bilan?

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Lancée à grand renfort de publicité, il y a près de 10 mois, l’opération fluidité de la circulation semble être un projet à l’abandon. Tout, ou presque tout l’indique. C’est en tout en cas ce qui ressort d’une investigation menée par Le Canard Déchainé sur les lieux dits des déguerpis.  

Ici des paniers de légumes, là des pousse-poussiers vendeurs de chaussures ou de vêtements, plus loin un garage de mécanicien-moto installé à la sauvette ou encore des vendeurs de produits de beauté de toutes gammes  installés à même la chaussée. Ne vous trompez pas, nous sommes en plein cœur du marché Dabanani, sur la voie principale qui part du rond point Nelson Mandela à l’Hôpital Gabriel Touré, longeant l’Assemblée Nationale. Voici sommairement décrite l’ambiance des jours ordinaires dans le marché Dabanani.

Pour ce qui est des Halles de Bamako, autre lieu qui avait bénéficié de l’opération de dégagement, l’ambiance est certes différente mais le résultat reste le même. Les déguerpis sont de retour. Dire qu’en mars 2013, après un unième report tout ce beau monde avait disparu devant le bruit assourdissant des bulldozers et celui redouté des bottes des forces de l’ordre. Neuf mois plus tard. Tout est redevenu comme avant. La nature a horreur du vide, dit-on.

Malgré une présence quoique irrégulière des forces de l’ordre, rien ne semble dissuader les occupants illégaux des voies de la circulation. Car une fois les talons des forces de l’ordre tourné, ils ont vite fait d’installer leur étalage.

Ce jeu  de chat et de la souris va-t-elle encore durer longtemps? Pourquoi une opération qui devait s’étendre à tout le centre-ville est en passe d’entrer dans le panthéon des milliers de projets initiés pour Bamako, puis abandonnés.

En tout cas, tout ce vacarme pour un bien maigre résultat donne raison à cette vieille dame, qui, sereine, au passage des bulldozers ce jour de mois de mars, affirmait comme pour dire que cela n’amènera à rien : « c’est la troisième fois dans ma vie que je vois ça. Et ça ne sera pas la dernière.

Mamadou TOGOLA

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