Recettes direction générale des impôts : Le nouveau challenge fixé à 720 milliards de francs CFA.

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L’année 2015 a longtemps porté les signes de l’échec pour la Direction Générale des Impôts. Partie sur la base de revendications syndicales légitimes certes mais davantage portées par une forte impatience et des maladresses vis-à-vis de l’autorité, l’année écoulée s’est installée, de longs mois, dans un climat délétère. Qui avait fait douter de la capacité de l’Administration fiscale à se remobiliser pour engranger les 630 milliards de francs CFA fixés par le Gouvernement en guise d’objectif annuel.

Or, à l’arrivée, et en dépit de toutes sortes d’embûches, la DGI a relevé le défi en réalisant 630 milliards 710 millions de francs CFA.

Les explications d’un tel rebondissement tiennent à trois faits majeurs.

D’abord, la remobilisation réussie par la section syndicale des Impôts. Cette dernière, prenant conscience des responsabilités qui auraient été les siennes dans le cas d’un échec, a déployé toutes ses capacités  de persuasion dans une large campagne de sensibilisation auprès du personnel.

Ensuite, la qualité du management exercé par la Direction Générale, pour laquelle les enjeux étaient très importants. En effet, succédant à deux paires de dirigeants qui ont largement fait les preuves de leurs compétences, la direction actuelle s’est trouvée investie d’une mission de prolongement d’une tradition d’efficacité et surtout d’amélioration de la qualité de gestion, un défi de modernisation qui est essentiellement à la base de la création de la Direction Générale des Impôts.

Un autre enjeu, auquel le duo directorial a été naturellement sensible, est la sanction d’un échec consécutif à une démobilisation du personnel et à un management approximatif qui lui auraient probablement été imputés.

Grâce à un suivi rigoureux et de qualité, la Direction Générale des Impôts a parfaitement conduit l’attelage des Impôts à bon port et, par la même occasion, a pris un très bon point pour sa crédibilité.

Le troisième facteur, enfin, qui éclaire le rebond transformé de la DGI, est lié aux capacités indéniables de gestion des responsables des différentes structures de recettes. Le défi lancé à la Direction Générale leur était également adressé. Fiscalistes chevronnés, à la suite d’un parcours professionnel progressivement qualifié, ils ont eu besoin de puiser dans leur riche expérience pour redresser une situation apparemment compromise.

La situation des recettes 2015 est la suivante : la Direction des Grandes Entreprises (DGE : 523 milliards 183 millions FCFA), la Direction des Moyennes Entreprises (DME : 35 milliards 888 millions FCFA), la Direction des Impôts du District (DID : 49 milliards 254 million FCFA) et les Directions Régionales des Impôts (DRI : 22 milliards 385 millions FCFA).

L’honneur est ainsi sauf pour l’Administration fiscale, qui ajoute un jalon supplémentaire à sa tradition d’efficacité et surtout accrédite un peu plus son statut de chef de file de la transition fiscale dont l’objectif visé est l’atteinte d’un taux de pression fiscale de 17% dont 10% pour la seule DGI.

Ce succès est aussi annonciateur de nouvelles perspectives pour 2016 dont le challenge est fixé à 720 milliards de francs CFA.

Le potentiel fiscal existe pour justifier un tel niveau de recettes. Sa manifestation concrète devra toutefois être impulsée par le Gouvernement et des institutions tels l’Assemblée Nationale, le Conseil Economique, Social et Culturel et le Haut Conseil des Collectivités Territoriales qui devraient, enfin, développer une communication politique vigoureuse en faveur du civisme fiscal, du civisme tout court.

LES ENJEUX ECONOMIQUES, FINANCIERS, SOCIO-SECURITAIRES ACTUELS DU MALI EN SONT PROFONDEMENT TRIBUTAIRES.

Youma

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