OPA sur le conseil malien des chargeurs : Un lobby politico-affairiste à la manœuvre pour faire main basse sur l’institution consulaire

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À quelques jours de la tenue de la première session de l’Assemblée consulaire du Conseil malien des chargeurs, prévue ce samedi 30 juillet 2022, à l’occasion de laquelle le président et les membres du bureau national de cette chambre consulaire devront être élus, la campagne électorale bat son plein. Malheureusement, il n’y a pas de débat d’idées ou de confrontation de programmes d’activités. Car, à ce jour, un seul des deux candidats déclarés a décliné sa vision en sept axes, le staff de l’autre, un candidat malheureux aux élections législatives de 2018 pour le compte de l’URD, s’appuie sur les manœuvres, à la limite de la décence, d’un lobby politico-affairiste.

Apparemment, la logique et le bon sens ne sont pas les choses les mieux partagées dans le monde des chargeurs maliens au vu des derniers développements de la campagne pour l’élection du président et du bureau national du Conseil malien des chargeurs. En effet, à la candidature de Bourama Mounkoro, industriel doté d’une grande expertise en gestion comptable et financière, se trouve opposée celle d’un soi-disant transitaire, sans aucun background intellectuel, aucune qualification pour se prévaloir d’une expertise sérieuse afin de présider aux destinées d’une structure aussi stratégique pour le Mali que le Conseil malien des chargeurs.

C’est parce qu’un lobby qui a fini de faire main-basse sur la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, où les scandales financiers n’ont pas fini d’être tous étalés au grand jour, a décidé d’étendre ses tentacules pour happer le Conseil malien des chargeurs où, paraît-il, « il y a à boire et à manger ».

Pourtant, jusque-là, c’est un semblant de démarche unitaire qui a été constaté avec cette liste élue des membres consulaires de Bamako. Une liste qui a fait tomber celle adverse, notamment la liste du président sortant, Ousmane Babalaye Daou. Et cette victoire est à inscrire à l’actif de Bourama Mounkoro qui était non seulement la tête de liste, mais en tant que telle, a battu campagne avec ses moyens et arguments en affichant au départ ses ambitions de devenir le président de cette chambre consulaire.

C’est ainsi que, dans une brochure rendue publique, Bourama Mounkoro a décliné sa vision en un projet de programme d’activités en sept axes et a battu campagne en conséquence pour pouvoir se faire rallier les suffrages de l’écrasante majorité des chargeurs et écarter le président sortant.

Effectivement, la liste parrainée par Bourama Mounkoro est sortie victorieuse pour constituer l’Assemblée consulaire du CMC du district de Bamako, au sein de laquelle seront désignés les membres du Bureau national du CMC.

L’implication intempestive de l’actuel président de la CCIM

Comment comprendre alors qu’un membre consulaire inscrit sur cette même liste, sans aucune vision connue, ni projet de programme encore moins de profil adéquat parce que sachant à peine lire, puisse se lever pour essayer de le coiffer au poteau, parce qu’un lobby qui croit en sa puissance financière, qui lui a permis de contrôler la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, veut en faire un président par procuration pour s’approprier la gestion du Conseil malien des chargeurs.

Et l’un de ses parrains de dire à qui veut l’entendre que même s’il faut dépenser un milliard de Fcfa, il le fera pour que son poulain, disons celui qu’il veut installer au forceps comme président, puisse s’imposer. Comme on le voit, on est loin des propositions d’une vision ou d’un projet de développement et de promotion du Conseil malien des chargeurs, mais on veut venir faire du business, parce que, rappelons-le, comme cela se dit de façon très simpliste quelque part : « Au CMC il y a à boire et à manger ».

Veut-on alors rééditer le coup d’une élection du président de la CCIM gravée en encre noire dans l’histoire du secteur privé au Mali ? Pour ceux qui ne le savaient pas encore, cette élection qui s’est déroulée lors du premier mandat du président IBK, ce « gourou » des affaires au Mali est venu s’installer dans une salle jouxtant celle du vote, avec une valise pleine d’argent pour rémunérer les membres consulaires qui apportent la preuve de leur vote au profit de son poulain.

Des pratiques d’achat de conscience qui sont à bannir dans le Mali kura et c’est là où la vigilance des autorités de la Transition sera mise à rude épreuve, même si nous apprenons que les services de renseignement sont en train de se déployer pour surveiller discrètement le déroulement de cette élection et rendre compte aux autorités de ce qu’il se sera passé.

De toute façon, l’implication intempestive de l’actuel président de la CCIM dans cette campagne, d’ailleurs dénoncée par un confrère, ne fait plus aucun doute si nous savons que c’est son ancien QG de campagne, lorsqu’il battait campagne pour l’élection de la CCIM, qui est actuellement squatté par le candidat parrainé pour barrer la route à Mounkoro.

Une politisation de la chambre consulaire

En fait, le vrai mot d’ordre, c’est tout sauf Mounkoro parce qu’il se mettra au travers des intérêts de ceux qui rêvent de contrôler le CMC pour ne pas payer le fameux BSC pour leurs cargaisons d’import-export et aussi pour transformer le CMC en une CCIM-bis, avec une gestion opaque, dont l’affaire des fonds Covid-19 de près de 10 milliards de Fcfa transférés illégalement dans des comptes à Abidjan n’en est que la face visible.

À cela, il faut ajouter que Bakissima Sylla, qui se présente contre Bourama Mounkoro, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est connu pour son militantisme passionné au parti URD dont il a porté la bannière comme candidat à la députation et aux municipales. Ses liens avec l’URD sont donc très forts.

Les chargeurs du Mali cautionneront-ils un risque de politisation de leur chambre consulaire ? En effet, « celui qui a été mordu par un serpent a peur d’une simple corde » nous enseigne un adage, comme pour rappeler que l’affiliation politique d’un dirigeant d’une chambre consulaire n’a jamais été bénéfique pour le secteur privé et les cas de Jeamille Bittar à la CCIM très engagé politiquement et aussi Bakary Togola à l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCAM) sont des souvenirs récents.

Cheick Bougounta CISSE

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