Edito : Et de quatre?

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Tiébilé Dramé sera probablement le porte-drapeau du Parti pour la renaissance nationale (Parena) à la présidentielle annoncée pour le 29 avril 2007. Même si elle ne le spécifie pas, la résolution qui a sanctionné les travaux du congrès extraordinaire, tenu le week-end dernier à Bamako, ne laisse planer aucun doute à cet égard. Elle donne, en effet, mandat à la direction du parti de présenter un candidat à ce scrutin «le moment venu». Le président du parti lui-même est le mieux placé pour être ce candidat.

Cette option du parti du bélier blanc n’est guère surprenante pour qui a bien suivi son parcours depuis sa création, voici une décennie. Pétri de valeurs républicaines, celui-ci s’en est constamment fait le défenseur intransigeant, même au prix de ses intèrêts politiques du moment. Associé à la gestion du pouvoir sous le double quinquennat du Président Alpha Oumar Konaré, il ne s’est jamais privé de dénoncer, voire de se désolidariser de ses dérives, excès et manquements aux règles républicaines. Toutes choses qui lui ont conféré une place entièrement à part sur l’échiquier politique malien.

Parallèlement, la qualité intellectuelle et morale de ses dirigeants – pour la plupart des cadres qui ont forgé leur caractère dans la lutte contre la sombre dictature moussaïste pendant que d’autres, aux postes de commande actuellement, s’en accommodaient volontiers – procure au Parena une autonomie de pensée et d’action rare dans le microcosme malien. Où les leaders politiques ou ceux qui passent pour tels sont davantage préoccupés par leur survie quotidienne que par le bonheur du plus grand nombre. Le Parena n’est pas un parti alimentaire, donc un parti béni-oui-oui, un parti aux ordres, qui obéit au doigt et à l’oeil.

C’est bien pourquoi, à la différence de toute cette camarilla pressée d’aller à la soupe, il a organisé un congrès – pas une caricature, comme l’on en a vu ces temps-ci, mais un vrai – pour demander à ses militants comment ils entendent prendre leur part dans les prochaines élections. La réponse ne souffre d’aucune ambiguité: le Parena alignera un candidat à la présidentielle et nouera des alliances stratégiques sur la base de ses intérêts vitaux.

Voilà qui a le mérite de la clarté. Et qui va surtout renforcer les chances d’un second tour – signe de la vitalité d’une démocratie – à supposer que ATT, IBK et Boubèye confirment l’intention qui leur est prêtée ou le souhait exprimé par eux- mêmes de participer à ce scrutin.

Saouti Labass HAIDARA

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