Université de Bamako : La psychose d’une année blanche plane

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Les grèves incessantes sont à la base de cette situation. Sale temps donc pour le Pr Salif Berthé, nouveau Recteur de l’Université de Bamako qui a hérité d’une situation pourrie. Malgré les manœuvres menées çà et là, la situation va de mal en pis. Les autorités en charge du secteur sont inquiètes.

 

Face à la persistance du problème, professeurs et autorités semblent accorder les violons. Hormis la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) et l’Institut universitaire de gestion (IUG), il a été décidé d’opter l’année blanche pour les autres facultés. Il s’agit de la FMPOS, de la FLASH, de la FAST et de la FSEG. Cette décision fait suite au retard accusé par ces facultés dans l’exécution des programmes.

«Selon les constats faits dans ces facultés, à cause des grèves des enseignants et des étudiants, les cours dispensés ne dépassent plus de 5 semaines», a laissé entendre un enseignant sous le sceau de l’anonymat. «Des grèves dues à des revendications d’ordre pédagogique. N’ayant aucune possibilité de rattraper les temps perdus, on a pris la décision fatale. C’est dur pour les parents d’élèves, enseignants et autorités scolaires, mais la situation l’exige», a-t-il expliqué.

 

«L’université a accusé du retard dans le démarrage des cours. Ces dernières années, on assiste à des années universitaires tronquées, des années validées sans pourtant épuiser les programmes des rentrées de classes en Mars, Avril voire en Mai et les vacances scolaires abandonnées», a ajouté cet enseignant. «Il fallait harmoniser les choses, c’est ce qui justifie notre option de déclarer l’année blanche. Cette décision qui n’est pas encore officielle est parvenue au niveau des étudiants qui prennent leur mal en patience», a indiqué notre interlocuteur.

Quand est-ce nous sortirons de cette situation qui règne au sein de notre université?, s’interroge un étudiant de la FSEG. «Chaque fois, on procède à des réaménagements pour valider l’année universitaire. Cette décision de fermer pour partir sur de nouvelles bases est moins conséquente pour nous, même si elle nous met en retard», a répondu l’étudiant en question.

 

L’inquiétude lue sur le visage

En attendant, l’inquiétude gagne le monde des affaires. En effet, les vendeurs sur les collines commencent à se poser des questions sur la probable chute de leurs affaires dont les clients sont les étudiants à l’internat. «Cette situation va créer un grand manque à gagner. Car, beaucoup d’entre eux rentreront chez eux», a déclaré sur un ton lamentable une gargotière. Sale temps donc pour le nouveau Recteur qui n’a même pas encore pris les choses en main. Il risque de récolter les pots cassés d’une situation déjà pourrie aux conséquences fâcheuses. Beaucoup de personnes mettront cet échec à son compte.

 

En attendant, les discussions se poursuivent pour cerner les contours d’une possible revanche de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). Car on se rappelle, après quelques mois de grève des professeurs, certains de ses comités avaient marché pour la reprise des cours.

À suivre…

Hassane Kanambaye

 

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