Elections communales et régionales 2016 : Vers un énième report

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La situation sécuritaire dans notre pays risque de contraindre les autorités à reporter la date des élections communales et régionales.

C’est du moins l’information qui circule comme une trainée de poudre depuis un certain temps dans les sphères même de la structure en charge de leurs organisations. L’élection législative partielle en cours dans le cercle d’Ansongo a montré la preuve que dans le reste du pays, organiser une élection n’est pas chose aisée.  Tantôt, ce sont  les fraudes qui sont signalées, tantôt, les actes de sabotages posés par les djihadistes.

Pour les observateurs de la scène politique, l’organisation d’une élection crédible serait difficile voire impossible courant 2016. L’exemple d’Ansongo en est une preuve suffisante. Pis, l’Etat n’est pas présent sur l’ensemble du territoire excepté les grandes villes du Nord. Donc, organiser une élection en ce temps de ni paix ni guerre pourrait nous amener à la case départ, ce qui n’est d’ailleurs pas souhaitable.

Selon un cadre de l’administration territoriale que nous avons rencontré, sous couvert de l’anonymat, « aujourd’hui, même le département en charge de l’organisation des élections communales et régionales, en l’occurrence le ministère de l’administration territoriale, est conscient de la situation qui prévaut dans le Nord du Mali. Raison pour laquelle l’idée de les reporter est en train de prendre corps».

Dans les conditions normales, depuis 2014, les mêmes  élections devaient se tenir. Les maires en place continuent à exercer leurs fonctions  dans l’illégalité, toute chose qui nuit à la démocratie, d’où l’idée de créer un cadre de transition en attendant le moment propice pour la tenue desdits scrutins.

Du coté gouvernemental, la priorité serait la mise en œuvre de l’accord pour la Paix, signé le 15 mai et parachevé le 20 juin à Bamako, au lieu de créer des problèmes susceptibles de porter un coup dur au processus de sa mise en œuvre.

Les partis politiques de la place ont manifesté leur désir de ne pas voir ces élections organisées tant que le pays n’a pas retrouvé la quiétude. Ils ont aussi protesté contre la mise en place des délégations spéciales qui rouleraient pour le parti présidentiel. Selon un membre de l’opposition, il faut opter pour le maintien des maires déjà en place.

En tout cas, tout porte à croire que l’organisation des élections communales et régionales en 2016 serait très difficile et c’est pourquoi leur report est largement soutenu dans les milieux politiques.

O. MORBA

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