Le ministre Ousmane Koné a la tribune de la COP 21 : « Le Mali s’est engagé à bâtir une Economie verte et résiliente aux changements climatiques »

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La délégation du Mali à la COP 21

A l’occasion du segment de haut niveau de la vingt unième session de la conférence des parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements, dans une allocution prononcée le lundi 7 décembre 2015 lors du segment de haut niveau ministériel à la tribune de la COP 21, le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable a annoncé les actions entreprises par le Mali pour lutter contre les effets néfastes des changements climatiques sur le développement socio-économique. Le ministre Ousmane Koné a au nom du Chef de l’Etat, exprimé la solidarité, la compassion et le soutien du peuple Malien au peuple Français suite aux tristes événements du vendredi 13 novembre 2015  et présenter toutes nos condoléances aux victimes.

Lisez l’intégralité du discours !   

Excellence  Monsieur le Président de la  vingt unième Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques ;

Excellence Madame Christiana Figures, Secrétaire Exécutif de la Convention Cadre des      Nations Unies sur les Changements Climatiques ;

Honorables Ministres ;

Mesdames et Messieurs.

Permettez-moi tout d’abord à l’entame de mon intervention de remercier très chaleureusement au nom de Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République du Mali, le Gouvernement et le Peuple français pour la parfaite organisation de cette 21ème Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les  Changements Climatiques  et  pour l’hospitalité dont nous  avons fait l’objet depuis notre arrivée dans cette belle ville de Paris. Paris ville des droits de l’homme et de l’osmose culturelle.

Je voudrais par la même occasion, exprimer la solidarité, la compassion et le soutien du peuple Malien au peuple Français suite aux tristes événements du vendredi 13 novembre 2015  et présenter toutes nos condoléances aux victimes.

Enfin, je remercie le Secrétariat de la Convention et les négociateurs pour le travail accompli  depuis Durban  jusqu’à ce jour.

Monsieur le Président

Mesdames et Messieurs.

La réalité du dérèglement climatique nous est plus que jamais rappelée à travers les résultats de la 5ème évaluation du Groupe Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat.

En effet, le constat est aujourd’hui alarmant avec un niveau record de taux de CO2 dans l’atmosphère  et ses différentes manifestations caractérisées par les sécheresses récurrentes, la perte de la fertilité des sols, la perte de la biodiversité, la désertification, la dégradation des ressources naturelles entrainant inexorablement, la diminution du pouvoir d’achat des couches les plus vulnérables et les migrations.

Face à cette situation, l’heure est à l’Action et à l’Ambition.

C’est fort de ce constat, que  le Mali s’est résolument engagé à bâtir une Economie verte et résiliente aux changements climatiques à travers entre autres :

l’élaboration d’une politique nationale changement climatique, assortie de stratégies et de plan d’action ;

l’élaboration d’un Cadre Stratégique pour une Economie verte et résiliente au changement climatique assorti d’un plan d’action ;

l’élaboration d’une Stratégie nationale de financement de l’Environnement dans laquelle la mobilisation des ressources internes  à travers la fiscalité écologique sera une priorité ;

la mise en place et l’opérationnalisation  du  Fonds Climat-Mali pour renforcer l’appropriation nationale et faciliter la mobilisation des financements internationaux, notamment ceux provenant du Fonds Vert Climat ;

l’élaboration de cinq programmes prioritaires pour répondre de manière urgente au défi climatique.

Ces programmes d’un coût de plus d’un milliard de dollars US  sur les cinq prochaines années ont constitué l’ossature des annonces du Mali au Sommet mondial sur le climat en septembre 2014 à New York.

Ils constituent également la trame des besoins d’adaptation du pays contenus dans sa contribution nationale.

Monsieur le Président ;

Mesdames et  Messieurs.

Dans le cadre des présentes négociations, la République du Mali s’associe aux déclarations faites par  l’Afrique du Sud  au nom du Groupe des 77 et de la Chine,  par le Soudan  au nom du Groupe Africain et par l’Angola  au nom du Groupe des Pays les Moins Avancés.

Pour le  Mali, la présente Conférence est une étape décisive pour l’adoption d’un nouvel Accord climatique mondial contraignant, ambitieux et équitable.

Nos travaux ici à Paris devront pour cela se concentrer sur l’Ambition ; l’équité ; le Financement ; le renforcement de capacités ; le transfert de technologie et la transparence.

A ce titre une alliance mondiale reste nécessaire englobant le secteur privé, les villes, et la société civile afin de lancer des initiatives innovantes et hardies capables de renforcer nos efforts.

Monsieur le Président ;

Mesdames et Messieurs.

Sur les contributions déterminées au niveau national, il me plait de vous informer que bien que puits de carbone, le Mali considère qu’il doit contribuer au maximum de ses possibilités à l’ambition collective de limiter d’ici à la fin du siècle l’augmentation de la température globale sous la barre fatidique de 1,5° Celsius par rapport à l’ère préindustrielle afin de limiter les impacts négatifs des changements climatiques .

Le niveau des ambitions de réduction des Gaz à effet de serre du scénario d’atténuation par rapport au scénario de base implique des actions ambitieuses à savoir : l’accélération de la prise en compte des énergies renouvelables dans le mix énergétique, l’amélioration des performances des processus de production agricole, la réduction de la déforestation et l’intensification du reboisement.

Sous la clairvoyante direction de Son excellence Monsieur le Président de la République son Excellence Monsieur Ibrahima Boubacar KEITA, le Gouvernement mettra en œuvre ces différentes actions avec l’accompagnement des partenaires.

Au demeurant, il est important que les contributions nationales reflètent fondamentalement les obligations différenciées des parties sous  la Convention et les éléments définis dans le mandat de la Plateforme de Durban à savoir : l’adaptation et les pertes et dommages, l’atténuation, le transfert de technologies, le renforcement des capacités, le financement et la transparence.

Par conséquent, le texte actuel des négociations en cours doit respecter les principes de la Convention.

Monsieur le Président ;

Mesdames et Messieurs.

Pour que Paris  soit effectivement une réussite, nous pensons que ces différentes questions devront être adéquatement traitées. Il nous faut prendre sans ambages des décisions concrètes, courageuses et contraignantes.

Nous devons  aujourd’hui ici à Paris adopter un nouvel accord climatique mondial. Nous sommes à un tournant historique et nous ne devons pas faillir. Le monde entier nous observe et nous devons prendre nos responsabilités face à l’histoire.

Le Gouvernement du Mali, face aux défis climatiques,  est résolument engagé  à assumer ses responsabilités, en construisant un nouveau paradigme de développement intégrant pleinement la dimension humaine.

Il attend, des pays développés qu’ils assument leurs responsabilités dans le cadre du présent accord

Je sais pouvoir compter sur le sens de responsabilité, de justice, de solidarité et de transparence de toutes les parties à la convention.

Je vous remercie de votre attention.

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