Agents de la Garde nationale et policiers transforment le stade Mamadou Konaté en ring de boxe

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    Finalement, c’est devenu une sale habitude des agents des forces de l’ordre de ravir la vedette en matière d’obscénité lors des événements. Est-ce pour se faire voir par le public qui s’acquitte de ses droits pour accéder aux lieux de spectacle ? En tout cas, au rythme de Y en a marre de Tiken Jha, ils se sont mués en boxeurs.  

    ll y a quelques mois, lors de la dédicace de l’album Révolution du salace groupe de rap Tata Pound, au stade omnis­port Modibo Keita, policiers et agents de la Garde nationale s’é­taient bagarrés au vu et au su de tout le monde. Sans que les autorités daignent prendre la moindre sanction à leur encontre. Depuis, la rivalité entre les deux corps ne fait que s’accroître. Comme l’impunité fait partie du quotidien malien, ils se sont affrontés encore. C’était dans la nuit du 3 décembre au stade Mamadou Konaté à l’occasion d’un concert de coupeurs décaleurs venu spécialement de la Côte d’Ivoire et du regaeman Tiken Jah Facoly, l’invité surprise. Juste après la première partie du spectacle, le show a été interrompu pendant des heures d’horloge à cause d’un accrochage entre agents de la Garde nationale et policiers. Il faut reconnaître que le maintien de l’ordre était confié aux policiers qui faisaient d’ailleurs leur job correctement.

    Le film de l’accrochage

    Comme le stade Mamadou Konaté se trouve à une centaine de mètres de la Garde nationale, plusieurs agents de ce camp se sont mis en tenue accompagner des filles. Arrivés à l’entrée du stade, ils n’ont même pas cherché à négocier avec les flics. Car, pour les gardes, les flics sont des passoires. Aussitôt dit, aussitôt fait. Alors, les flics s’interposèrent. Les hommes au béret marron se mirent à insulter les flics, tout en leur disant qu’ils n’ont pas besoin de prendre le ticket comme les autres et qu’ils ont toujours le droit d’accès aux lieux publics. Malgré la supériorité numérique des policiers sur les lieux, les agents de la Garde nationale ont forcé le passage. A peu près une cinquantaine de personne ont profité de cette situation pour entrer sans prendre de ticket.

    A l’intérieur du stade, les hostilités se sont poursuivies avec les agents habillés en civile des deux corps. Il a fallu l’intervention diligente du commandant Yacouba Traoré de la Garde nationale, qui s’interposa entre les deux camps, pour calmer les esprits. Le commandant était apparemment déçu de sa troupe.

    Selon les témoignages, 14 agents de la Garde nationale seraient à la base de cette tempête. Ils ont d’ailleurs été conduits au camp pour y recevoir, dit-on, une sévère punition.

    L’ordre revenu, le concert a repris son cours normal jusqu’à une heure avancée de la nuit au rythme de Y en a marre de Tiken Jha.

    Que Dieu pardonne ces redoutables agents de la Garde nationale. Car, ces terribles hommes de tenue ne savent pas ce qu’ils font. D’autant qu’on n’explique malheureusement jamais à ces jeunes leurs droits et devoirs dans les centres de formation. Ce qui fait que beaucoup d’entre eux ignore le plus petit détail de leur déontologie.

    Voilà la principale raison qui explique justement leurs dérapages incontrôlés.

    Moriba DABO

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