Crime parfait contre enquête parfaite : Les assassins ont oublié un détail

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    Novembre 2008, quartier populaire de Niaréla en Commune II dans le District de Bamako… Mais que fait donc ce policier sur le tas d’ordures jalonnant le cimetière en cette heure matinale ? Bien entendu, le commun des passants l’ignore. L’homme est à la recherche, tenez-vous bien,  d’indices en rapport avec un crime perpétré la veille.

    C’est ici, sur ce tas d’immondices que le corps d’une jeune fille (une belle de la nuit) a été retrouvé, enveloppé dans un sac. Mais quels indices le policier espère-t-il trouver ici ? En tout cas pas de traces de pas, d’empreintes ou d’arme du crime ! Tout simplement, un objet lié de près ou de loin, à un outil couramment utilisé et certainement par le tueur ou un de ses proches. Il est vrai que les ordures révèlent bien de choses… Il chercha donc et trouva. Mais quoi donc ? Une carte de recharge téléphonique ! Ridicule ? Peut-être ! Mais les faits lui donneront vite raison.

    La carte de recharge déjà utilisée se trouvait dans presque au même emplacement que le sac contenant la dépouille de la victime. Vous aviez certainement compris ! En clair, il y avait beaucoup de probabilité que le bout de carton émanât du même endroit que le sac mortuaire.

    Bien entendu, rien de tout cela n’était concret ! Il fallait maintenant établir une réquisition au niveau du procureur afin que ce dernier ordonne aux sociétés de téléphonie mobile de collaborer. Ce fut fait et le résultat tomba quelques jours plus tard : l’utilisateur de la carte de recharge téléphonique se trouvait dans la même zone, c’est-à-dire, entre les quartiers Niaréla et Bozola. Des informations, certes n’ayant rien à voir avec le crime, ou du moins, pour l’instant. Il n’était, évidemment pas question pour le policier d’interpeller cette personne.

    Mais il parait que tous les bons limiers ont un flair qui les trompe rarement. Le policier se fia donc au sien et fit interpeller un individu résident du quartier, très bien connu des archives de la police et au sobriquet évocateur de « Mac Bolan» !

    Mac Bolan, c’est le personnage du célèbre roman nommé «L’exécuteur» et présenté par célébrissime feu Gérard de Villier. Dans la préface de l’ouvrage, l’auteur écrit ceci : «Lorsque la mafia avait tué le frère, la sœur et la mère de Mac Bolan, c’est qu’elle ignorait une chose… Au Vietnam, on l’avait surnommé, Mac Bolan, «L’exécuteur»… Sa vengeance fut simple… Tuer, tuer, tuer…».

    Le policier connaissait donc «Mac Bolan » et sa sulfureuse réputation. Profitant d’un contrôle de routine, il le fit interpeller et le garda quelques heures, le temps juste d’en savoir davantage sur la dépouille retrouvée sur le tas d’immondices.

    La réponse de la société de téléphonie avait déjà permis une petite avancée : l’utilisateur ou du moins l’utilisatrice de la carte de recharge se trouvait dans le même environnement. On lui fit alors appel. Et l’adresse qu’elle donna à la police était la même, tenez-vous bien, que celle de «Mac Bolan». En somme, il s’agissait de la sœur de notre «Exécuteur». Stupéfiant !  Et l’enquête s’emballa ! Informé, de l’évolution de la situation, le procureur autorisa une garde-à-vue prolongée du suspect pour les besoins d’enquête.

    Cuisiné deux jours durant et après une incursion à son domicile où l’on retrouva des objets ayant appartenu à la victime, le suspect avoua finalement. Oui, c’était bien lui qui avait étranglé la fille. Il l’avait invitée dans sa chambre en vue de satisfaire sa libido. Mais sous l’effet des stupéfiants, il ne put supporter les caprices de la belle. Il l’étrangla sans le savoir. Un crime crapuleux.

    Il prit soin cependant d’informer ses sœurs afin de l’aider à faire disparaître le corps. Un charretier ramasseur d’ordures fit l’affaire. Aux environs de 4 heures du matin, la sœur complice lui remis la somme de 1000 F CFA pour déposer le sac à la décharge. Mais vu que notre éboueur avait déjà ramassé les ordures ménagères, la carte de recharge téléphonique usagée se retrouva non loin  du sac contenant la dépouille. Et l’affaire fut conclue. Vrai que le crime parfait n’existe pas. Mais l’enquête parfaite, oui !

    Mais connaissez-vous le policier en question ? C’est l’inspecteur Divisionnaire Papa Mambi Keïta surnommé « L’Epervier du Mandé». Et il vient d’être aujourd’hui nommé, chef de la Brigade de lutte contre la Cybercriminalité à la Brigade d’Investigation judiciaire. Nous n’en dirons pas plus !

    B.S. Diarra

     

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    5 COMMENTAIRES

    1. 😉 😉 😉 ,encore un grand merci à papa l’épervier du mandé un policier pas comme les autres comme mao à kadiolo vous faite la fiérté du MALI encore un GRAND MERCI à VOUS PAPA COURAGE ET BON VENT 😉 😉 😉 😉 😉 😉 😉

    2. Félicitation Mr KEITA, vraiment c’est ce qu’on appelle “être prédestiné à un metier” et vous avez du mérite.
      Bonne Chance

    3. Comme dabt il a toujours ete un bon policier et qui ne laisse pas les affaires dans les tiroirs. bonne continuation

    4. Vraiment une parfaite enquête, mais au Mali la sécurité manque beaucoup point de vu matériels et équipements, point de vu formation,suivi, accompagnement et la collaboration des populations sous informées, collaboration des populations aveuglées, collaboration des populations acculturées sous l’effet de la pauvreté et du complexe. Merci encore l’épervier du Mandé. Que sauve le Mali.

    5. Une merveilleuse enquête à enseigner dans les écoles de Police comme cas concret. Bravo Papa, tu fais la fierté de la Police. VIVE LA REPUBLIQUE.

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