Projet “contribution à l’insertion professionnelle et au renforcement de la résilience des jeunes en milieu rural dans le centre sud au Mali” : Evaluation du niveau d’exécution des activités pendant la période de janvier à décembre 2018

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La 3e session du Comité de pilotage national du projet “Contribution à l’insertion professionnelle et au renforcement de la résilience des jeunes en milieu rural dans le Centre Sud au Mali” s’est tenue le vendredi 19 juillet 2019 au Centre du secteur privé (Csp) sous la présidence du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Me Jean Claude Sidibé, entouré de Modibo Touré (représentant de la Fao/Mali) et Patrick Fischbach (chef du Bureau de l’Ambassade du Grand-duché de Luxembourg au Mali).

Au cours de cette 3e session, les membres du Comité de pilotage national du projet ont eu à échanger, entre autres, sur les niveaux d’exécution des activités réalisées pendant la période de janvier à décembre 2018 ; le plan d’action et le budget 2019. Le projet : “Contribution à l’insertion professionnelle et au renforcement de la résilience des jeunes en milieu rural dans le Centre Sud au Mali” est financé par le Grand-duché du Luxembourg. Il vise la création d’au moins 200 nouveaux emplois directs et l’amélioration de la qualité d’environ 500 emplois pour les jeunes femmes et hommes en milieu rural.

La mise en œuvre du projet est assurée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) en partenariat avec le Ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. S’inscrivant dans une démarche d’appui à la politique générale du gouvernement du Mali visant la réduction de la pauvreté rurale et une meilleure sécurité alimentaire des populations, ce projet vise à favoriser l’insertion des jeunes ruraux (femmes et hommes) dans les secteurs de production axés essentiellement sur les filières riz, fonio et sésame tout en leur permettant d’accéder à des emplois décents.

Le projet intervient dans 20 communes des régions de Ségou, notamment dans les cercles de Ségou (Sakoïba, Dioro, Katiéna, NGoumandougou), Bla (Touna, Fani, Koulandougou, Falo), San (Sy, Tènè, San, Kimparana), Tominian (Timissa, Fangasso, Tominian, Madiakuy) et  de Sikasso dans le cercle de Yorosso (Yorosso, Boura, Koumbia, Mahou).

Les recommandations

de la 2e session

Une première révision budgétaire sans coût additionnel a été acceptée en 2018 par le Grand-duché de Luxembourg avec une période de prolongation de janvier à décembre 2019. Après l’évaluation à mi-parcours du PIC III, l’une des recommandations formulées a été la prolongation du projet pour une année de janvier à décembre 2020. Pour ce faire la FAO a élaboré et soumis pour validation un plan de travail et son budget au Grand-duché du Luxembourg.

La 3e session du Comité de pilotage national du projet est consécutive à la 2e réunion dont les principales recommandations formulées sont, entre autres, de développer des actions de synergie avec des projets, des agences et des organisations qui s’occupent de l’insertion des jeunes comme le Fier, l’Apej, le Fenajer, etc. ; d’initier la capitalisation des acquis du projet avec les partenaires du programme MLI022, notamment Luxdev, SOS faim, Bureau international du travail (Bit), etc. ; d’améliorer la prise en compte de l’approche Genre dans la mise en œuvre du projet et l’insertion des jeunes à travers la mise en œuvre des activités pendant la saison sèche comme l’embouche, le maraîchage et l’aviculture ; de respecter la périodicité de la tenue du Comité du pilotage ; de faire ressortir la participation dd l’Etat à travers le budget spécial d’investissement ou tout autre appui dans le rapport d’activités. La 3e session du Comité de pilotage du projet a été l’occasion pour ses membres d’apprécier les niveaux d’exécution des activités réalisées pendant la période de janvier à décembre 2018 et d’être informés sur le plan d’action et le budget 2019.

Me Jean Claude Sidibé : “Le gouvernement s’est fixé comme ambition une stratégie de croissance plus stable et créatrice d’emplois durables”

En ouvrant la session, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Me Jean Claude Sidibé, affirmera que le chômage, le sous emploi et la pauvreté qui sont au cœur de la demande sociale, constituent de nos jours un des sujets majeurs de préoccupation des pouvoirs publics maliens. C’est ainsi que le Grand-duché du Luxembourg, dans le cadre du Programme indicatif de coopération (PIC III, 2015-2019) appuie le gouvernement du Mali dans ses efforts visant à réduire la pauvreté, à travers un appui à la croissance inclusive et durable et la réduction de l’insécurité alimentaire ainsi que l’appui au retour de la paix et de la stabilité au Nord du Mali. A ses dires, le gouvernement s’est fixé comme ambition une stratégie de croissance plus stable et créatrice d’emplois durables.

“Cette stratégie de croissance est axée sur le secteur agro-sylvo-pastoral et la diversification agricole. Elle définit aussi la formation et l’insertion professionnelle, notamment celle des jeunes chercheurs d’emplois, comme l’une des priorités du gouvernement”, a-t-il dit. Il a rappelé l’importance qu’il accorde au projet dont les acquis contribueront à l’un des objectifs du programme du président Ibrahim Boubacar Kéïta, à savoir l’appui au programme gouvernemental 2018-2023 qui ambitionne l’installation sur 5 ans  de 20 000 agriculteurs sur des superficies de 3 et 5 hectares. Cet objectif est basé sur la consolidation des acquis démocratiques et de développement, la satisfaction des attentes des populations, la stabilisation du pays pour créer les conditions favorables à l’émergence.

Le ministre a exhorté toutes les parties prenantes à une pleine implication à sa mise en œuvre afin que les résultats soient à hauteur des attentes. Il a rassuré de la totale disponibilité de son département qui ne ménagera aucun effort pour soutenir l’exécution du projet et à accompagner les bénéficiaires en particulier et les acteurs du secteur agricole en général, dans le cadre de l’acquisition de compétences et du renforcement de leur savoir et de leur savoir-faire afin de leur permettre de relever le défi de la compétitivité, tant au niveau sous régional qu’international. Il a remercié le Grand-duché du Luxembourg pour sa confiance à l’égard de l’expertise de la Fao et à renouveler l’engagement de son département à soutenir toutes les initiatives qui concourent à un développement durable et inclusif du Mali.

L’amer constat du chômage en milieu rural

Auparavant, Modibo Touré, le représentant Fao/Mali avait mis l’accent sur l’importance du projet pour la Fao. Car, il prend en compte le potentiel du secteur agricole comme source de revenus pour les jeunes ruraux pour concilier le double objectif de la facilitation de leur accès aux activités agricoles et du besoin d’accroître davantage les productivités agricoles et la sécurité alimentaire. Mais, a-t-il fait remarquer, ces jeunes ruraux qui représentent l’avenir en termes de sécurité alimentaire sont confrontés à d’énormes difficultés qui les empêchent de gagner leur vie dans le secteur agricole ou dans les zones rurales. D’après lui, ces obstacles ont pour noms la forte pression sur les terres arables qui rend le démarrage en agriculture difficile, les difficultés d’accès au crédit ou autres moyens de production nécessaires à l’activité agricole, l’exode des jeunes vers les villes. Pour M. Touré, ces obstacles pourraient être difficilement surmontés car la vie en ville exerce un attrait qu’elle détourne de plus en plus les jeunes de la profession agricole.

“Les jeunes des zones rurales se retrouvent donc ainsi dans une impasse, tout particulièrement dans les pays en voie de développement. Un grand nombre d’entre eux ne trouvant pas de voie vers un travail décent et risquant ainsi l’exclusion sociale prennent le chemin de l’exode vers les centres urbains ou tentent une migration périlleuse au-delà des mers avec comme conséquence une érosion de plus en plus accentuée des bras valides des zones rurales”, a-t-il regretté. D’après lui, au Mali, l’enquête modulaire et permanente auprès des ménages (Emop) de la période d’octobre à décembre 2017, le taux de chômage en 2017 était de 14,9 % pour les jeunes de la tranche d’âge 15-35 et de 21,9% pour ceux de la tranche de 15 à 24 ans.

Ce qui représente une masse de 3 à 4 millions de bras valides en capacité optimale de rendement qui reste inexploitée pour l’économie du Mali. Ces taux sont respectivement de 8,1 % et 13,6 % en milieu rural, représentant autant de perte de main d’œuvre qui pourrait aider à accroître les productivités agricoles et améliorer les conditions de vie des ménages ruraux.

“C’est en considérant ces questions que la FAO, conformément à se mission d’appui aux Pays membres et avec l’appui financier du gouvernement du Grand-duché de Luxembourg, sous le parrainage du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, a apporté un soutien au Maoi pour la formulation et la mise en œuvre du projet de formation et d’insertion professionnelle qui s’adresse spécifiquement aux jeunes ruraux au Centre-Sud du Mali.

Ce projet qui s’insère dans le cadre de la mise en œuvre du 3e Programme indicatif de coopération Mali-Luxembourg (PIC III), est le fruit d’une vision partagée du gouvernement du Mali et de ses partenaires techniques et financiers sur le défi actuel de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes en milieu rural, mais aussi de la sécurité alimentaire et de la quiétude sociale. Il entend apporter une contribution à la stratégie du Mali sur l’emploi des jeunes en proposant un modèle qui s’appuie sur une synergie d’action de l’ensemble des partenaires : autorités centrales, collectivités locales et secteur privé, afin d’adresser les principaux enjeux de l’insertion professionnelle des jeunes ruraux que sont l’accès insuffisant des jeunes au savoir, à la terre, aux services financiers, aux marchés et leur faible engagement dans les débats politiques”, a-t-il déclaré.

Les acquis du projet

Dans sa déclaration, il a rappelé les acquis du projet, à savoir la dotation des jeunes en 40 motoculteurs ; l’envoi de 8 acteurs intervenant sur le projet au Rwanda ; la formation de 30 formateurs et de 40 facilitateurs qui viennent renforcer l’expertise nationale en la matière ; la dotation des jeunes en semences riz, sésames et fonio ; la mise en place de deux cadres de concertation à Ségou et Sikasso ; l’accompagnement par la Fenajer pour l’accès au financement et leur implication dans l’élaboration des politiques d’emploi jeunes. Il a réitéré l’engagement et l’appui de la Fao à accompagner les programmes afin de renforcer les capacités du Mali à améliorer les performances du secteur agricole et renforcer la sécurité alimentaire des populations grâce à l’emploi des jeunes.

Pour le Chef du Bureau d’ambassade du Grand-duché de Luxembourg au Mali, Patrick Fischbach, il est important de veiller à la maximisation des apports que peuvent fournir le projet au partenariat entre le Mali et le Grand-duché de Luxembourg fortement. Il a rappelé que les gouvernements malien et luxembourgeois ont décidé, il y a plus de 20 ans, de travailler ensemble dans un esprit de partenariat pour le bien être socio-économique de la population malienne.

  Siaka DOUMBIA

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