Coup d’état du 19 novembre 1968 : Triste souvenir pour le peuple malien !

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En effet, c’est le 19 novembre 1968 que notre pays, le Mali, est tombé au grand souhait de l’impérialisme français et de ses valets afro-maliens. Modibo Keïta et compagnons sont morts pour la patrie malienne. Le Comité militaire de libération nationale (CMLN), dirigé par l’ennemi numéro 1 de notre peuple en la personne de Moussa Traoré, a imposé aux Maliens le mutisme complet : pas de marche, pas de revendication, encore moins des activités politiques pour l’éveil des consciences nationales.

Pendant dix (10) longues années de vide politique, Moussa Traoré et ses compagnons ont imposé aux travailleurs du Mali la gestion clanique et apatride des affaires de la nation, ouvrant ainsi la voie à la gabegie, l’affairisme, le népotisme, le clientélisme, l’achat des âmes et des consciences, la concussion, la cocufication, la délinquance économique et le sens du partage du gâteau.

En 1979, comme pour se moquer de notre peuple travailleur, le CMLN, pour ce qu’il en restait, a imposé à notre pays ‘’le centralisme démocratique’’ par la naissance regrettable de ce qu’il convenait d’appeler l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), un parti mort-né, avec à sa tête le chef inamovible Moussa Traoré.

Les hommes passent mais les peuples demeurent. Le 19 novembre 1968, pendant que notre peuple poursuivait sa marche difficile mais courageuse pour la construction d’un avenir radieux, un groupe de soldats, à la solde du néocolonialisme français et dirigé par le lieutenant Moussa Traoré a fait irruption et effraction sur la scène politico- économique et culturelle du Mali. Ce jour là, Moussa qui était l’instructeur en chef de la milice populaire du Mali a osé donner un coup d’arrêt au combat de notre peuple pour son meilleur avenir.

La suite, rappelons-le, était horrible et indigne : le président Modibo Keïta a été lâchement et injustement écarté du pouvoir. En lieu et place, la clique des putschistes a érigé le mur de la mégalomanie et de la démagogie.

Le Comité militaire de libération nationale (CMLN), dirigé par l’ennemi numéro 1 de notre peuple en la personne de Moussa Traoré, a imposé aux Maliens le mutisme complet : pas de marche, pas de revendication, encore moins des activités politiques pour l’éveil des consciences nationales.

Pendant dix (10) longues années de vide politique, Moussa Traoré et ses compagnons ont imposé aux travailleurs du Mali la gestion clanique et apatride des affaires de la nation, ouvrant ainsi la voie à la gabegie, l’affairisme, le népotisme, le clientélisme, l’achat des âmes et des consciences, la concussion, la cocufication, la délinquance économique et le sens du partage du gâteau.

Pendant dix ans, le pilotage à vue a connu ses jours de prospérité et dans l’insouciance la plus totale et la plus nauséabonde.

Pendant dix longues années d’affairisme, notre pays a souffert de l’absence totale d’idées et de débats constructeurs.

Pendant dix ans de vide politique, notre peuple a souffert de la cynique politique de: «chacun pour soi et le diable pour tous ».

Pendant dix ans, les lions ont dévoré les lionceaux de la tanière parce que le CMLN était une jungle où tous les sales coups étaient permis et se produisaient, le seul mal étant de toucher au pouvoir du chef des putschistes : progressivement, les 14 membres du CMLN se sont bouffés crus. La déportation et la mort dans des conditions effroyables de ce qu’il convenait d’appeler «la bande des trois (03)» sont des enseignements horribles.

En 1979, comme pour se moquer de notre peuple travailleur, le CMLN, pour ce qu’il en restait, a imposé à notre pays ‘’le centralisme démocratique’’ par la naissance regrettable de ce qu’il convenait d’appeler l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), un parti mort-né, avec à sa tête le chef inamovible Moussa Traoré.

Pire, pour insulter l’honneur et la dignité de notre peuple et de ses dirigeants nationalistes, tout partait de Moussa et tout revenait à celui qui s’est autopropulsé général sans avoir combattu vraiment. Le parti unique ainsi forgé de toute pièce était une caisse de résonance de l’homme à tel point que la République est devenue «moi, et seulement moi».

Douze (12) longues années ont concentré les affaires du Mali entre les mains de la famille politique et génétique du général bazin comme il convenait de l’appeler : il s’agit de Moussa Traoré.

Des femmes ont été contraintes au veuvage et à la vente de leur corps pour nourrir les enfants orphelins  de tous les pères de famille conduits dans les bagnes du régime sanguinaire sans retour pour avoir dit au Dieu du CMNL et de l’UDPM : «Je ne pense pas comme vous», «Je ne vois pas le Mali dans la même direction que vous», «Je ne me reconnais ni dans l’UDPM ou l’UNJM, ni dans votre gestion calamiteuse des affaires du Mali».

Pour réduire les intellectuels au silence, on leur imposait des traitements dégradants allant jusqu’à les transformer en clowns, en clochards et en alcooliques, sans référence aucune.

Pendant vingt trois (23) longues années de dictature militaro-udepmiste, notre peuple a enduré les souffrances les plus horribles : des familles entières ont été disloquées faute de revenus, les salaires de misère ne tombant qu’à compte gouttes et par semestre pour un mois.

Des fois, les travailleurs ne recevaient un mois de salaire qu’après huit (08) mois de pénible labeur, développant ainsi en ce paisible peuple le sens du vol, de l’affairisme, de la malveillance, de la corruption et des vendettas politico- militaro policières.

Ne pouvant régner indéfiniment, notre peuple organisé en mouvement démocratique a accepté le sacrifice ultime de ses enfants pour que l’apache régime de Moussa Traoré soit aux arrêts : plus de deux cents morts, des dizaines, voire des centaines de blessés et de disparus.

En effet, c’est le 19 novembre 1968 que notre pays, le Mali, est tombé au grand souhait de l’impérialisme français et de ses valets afro-maliens. Modibo Keïta et compagnons sont morts pour la patrie malienne. Et depuis la chute de Moussa Traoré, le Mali se cherche sans se retrouver.

En musulman pieux qu’il veut paraître, Moussa doit solennellement demander pardon à notre peuple avant que Dieu ne le rappelle à lui parce que trop de crimes ont été commis par son régime et pendant ses longues années de gestion des affaires du Mali. Dieu ne dort pas !

Fodé KEITA

 

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24 COMMENTAIRES

  1. J’ai émigré très tôt , je n’ai jamais travaillé au MALI. Mais j’y ai été à l’école dans mon enfance en zone rurale d’abord ensuite à Bamako…
    Je trouve aujourd’hui que le système éducatif d’alors était discriminant, et favorisait les enfants de familles, de Personnalités ou de Notables en vue.
    L’Etat masquait ses insuffisances, en bridant, en bloquant la scolarité de bons nombres d’enfants. Non pas que ces autres enfants étaient moins intelligents. C’est que, en réalité, les structures d’accueil d’ETAT des scolaires dans la Capitale de notre pays et dans ses autres chefs lieux administratifs qui abritent les Lycées et autres Grandes écoles, étaient saturées. Et tous les ruraux n’ont pas de familles installées dans les villes qui pourraient héberger leurs enfants qui ont réussi au DEF…
    On a parlé de la dureté du régime militaire… Ce que je crois, est que quand les militaires ont fait leur putsch. Dès le début, leur Chef a vite été confronté à une question de leadersheep. Ayant tous à peu près le même grade militaire. Chacun des membres de la Junte, pensait qu’il pouvait être Président à la place du Président. Peut-être que cette attitude des uns et des autres a amené à rendre le régime de Moussa plus dur… ?
    Mais le premier régime de Modibo était aussi accusé de dureté. La milice surtout…
    Les Maliens ont émigré en masse sous le premier régime. ILs ont continué à émigrer sous le régime UDPM, sous Alpha, sous ATT, sous la transition et encore aujourd’hui.
    Pensez-vous que si tous ses régimes avaient éfficacement géré le pays, les Maliens continuraient encore à émigrer en masse, certains même au péril de leur vie…???

  2. Cette révolution de 26 mars a été spoliée et détournée de sa raison. Notre erreur a été de penser qu’en changeant le nom de nos institutions, ou en changeant certaines têtes que nous aurions la liberté tant souhaité et que ce qui n’était que prémisse de corruption n’allait pas être érigé en système de gestion.
    Le clanisme, clientélisme, corruption, mépris du deniers publics et la promotion de médiocrité que nous avons combattues ont été repeints et servis à nouveau sous le label de la démocratie.
    Nous avons appris à notre dépend, que la révolution ne saurait aboutir et mener vers le changement pour un lendemain meilleur que lorsqu’elle est d’abord mentale avant toute chose.

  3. Le 26 mars c’est surtout l’avènement d’une autre forme de bourgeoisie.Certes les institutions ont changé de têtes mais la corruption, l’enrichissement illicite, le vol le détournement de deniers publics ont bel et bien continué!Si les 2 premières républiques avaient fait autant de vente de terrains à usage d’habitation que vous les “démocrates” il n’y resterait plus de patrimoine foncière à Bamako et environs!Si vous dites qu’il y a eu “changement” positif seuls les étrangers et les autochtones intellectuellement aveugles qui vont vous croire sinon quelqu’un qui a vécu l’avant et l’après 26 mars sait bien comment vous avez flingué notre système éducatif qui était l’un des plus performants de la sous région.Ne parlons pas de l’état de délabrement et de pourriture de notre armée qui a été le maillon faible victime de la chute de Khadaffi dont le pays ne partage aucune frontière avec le nôtre…

    • Le peuple aspirait à une liberté et manquait d’opportunités. L’avenir était sombre mais avec une lueur d’espoir que la lumière pouvait jaillir et illuminer notre chemin. Ce que le 26 mars n’a pas pu nous donner, hélas. Nous avons donc assisté à ce que tu énumérés et pour ça cette révolution tronquée a été un échec, car le peuple a été trahi, mené en bateau par des marins peu scrupules et qui ont réintégrés les maux qui jadis étaient dénoncés. La copie a donc dépassé l’originale et la conséquence a été pire.

  4. Fodé
    je crois qu’en toute chose il faut pardonner mais n’attend pas qu’on te le demande car en bon musulman comme tu l’a dit, il faut le pardon au risque je nous comporter comme des animaux.

  5. CE QUE JE REPROCHE A GENERAL MOUSSA TRAORE -C’ EST L’ ISLAMISATION DE LA VIE POLITIQUE MALIENNE AVEC L’ AUTRE ACOLITE BALLA KHALE LE GRAND IMAM DE LA DITE GRANDE MOSQUEE DE BAMAKO…

    LA MEDIOCRITE ISLAMIQUE A PRIS LE DESSUS SUR LE PEUPLE JUSQU A PRESENT CE PEUPLE EST DANS LES TENEBRES LES PLUS EPAISSES

    LIBEREZ VOUS DE L’ ISLAM ET RETOURNEZ AUX VALEURS DES ANCETRES

  6. UN PEUPLE DESERVE SES DIRIGEANTS – AINSI LE PEUPLE MALIEN A APPLAUDI MOUSSA EN HUANT MODIBO , PUIS….

    UN PEUPLE DESERVE SON DIRIGEANT….
    UN PEUPLE ISLAMISE , ETOURDIT ….NE DESERVE RIEN D’ AUTRE QUE L’ ESCLAVAGE -NATIONAL ET INTERNATIONAL!

    AUJOURD’ HUI LE SEUL ET PRIMARY PROBLEME DU MALI EST L’ ISLAM QUI GENERE TOUS LES AUTRES MAUX ET MALADIES SOCIETALES, JUSQU’ A LA MAUVAISE GOUVERNANCE ET LE MAUVAIS LEADERSHIP GENERALISE….

    AHHH… LES BODAW AKHBAR!

  7. LE JEUNE LIEUTENANT A ETE MANIPULE ET IL A AGIT ET DEPUIS IL A PERDU – POUVOIR( TELEGUIDE), ECONOMIE(IL A ETE OBLIGE DE RECONDUIR LE MINISTRE ESPION FRANCAIS DE LOUIS NEGRE OU LEON BLACK), FINANCES (IL A ETE OBLIGE D’ INTRODUIRE DANS LE CFA (COLONISATION FRANCAISE EN AFRIQUE)); PEUPLE (IL A FERME TOUT CE QUI APPARTENAIENT AU PEUPLE ET NE POUVAIT PLUS REALISE UN PROGRAMME SOCIAL , CAR SA BCEAO DESORMAIS APPARTENAIT AU COUSIN TOURE YOUNISSI QUI PRENNAIT SES ORDRES EN FRANCE CETTE MEME FRANCE QUI L’ AVAIT MIS LA ET ALORS DESORMAIS RESOLUE A L’ AMENER EN ENFER), IL A AUSSI PERDU LA TETE PUISQU’ IL S’ EST ASSOCIE AUX BODAW AKHBAR DE MUSULMAN POUR FINANCER SES PROJETS-ASSOCIATIVES-POLITIQUES, ECHOUE, EN DESCENDANT EN ENFER IL A AMENE LE PEUPLE MALIEN AVEC LUI…..

    MOUSSA LIEUTENANT= UN JEUNE HOMME INEXPERIMENTE ET MANIPULE ET MOUSSA GENERAL =UN HOMME QUI A SOUDAIN COMPRIS ET VOULAIS SE RACHETER MAIS LE BAGAGE INTELECTUEL ETAIT TROP FAIBLE ET AYANT ELIMINE TOUT CEUX LA QUI POUVAIENT L’ AIDER, MAIS IL FAUT SOULIGNER QU’ AU MALI ON N’ EST JAMAIS GROUPE, ON VA TOUJOURS UN A UN ATTENDANT SON TOUR DE DEVENIR PRESIDENT OU….. L’ EGOISME…LA DEMAGOGIE ARABO-MUSULMANE OU JUDEO-CHRETIENNE A PRIS LE DESSUS SUR L’ HONNEUR LA DROITURE ET LA VRAIE SOLIDARITE QUI EXISTAIENT POUR L’ INTERET GENERAL DE LA SOCIETE!!!!

    LE GENERAL RETRAITE MOUSSA TRAORE EST UNE RESSOURCE RARE AU MALI, IL FAUT LE FAIRE PARLER, TOUS CES ANCIENS PRESIDENTS ET MINISTRES DU MALI DEVRAIENT FORMER UNE CHAMBRE-CONSEIL A LA NATION MALIENNE, UNE ORGANISATION GOUVERNEMENTALE CONSULTATIVE….

  8. Et qu’est ce que le 26 mars 1991 a apporté au Peuple Malien? Culture de la corruption et de l’impunité, Dépravation des Mœurs, Décadence de l’Ecole et de l’Enseignement, Sapement de l’autorité de l’Etat et Misse à terre de l’Etat, la promotion de la médiocrité et du mensonge comme mode de gouvernance, etc…. Et qu’est ce que le 22 mars 2012 a apporté au Peuple malien? Culte de la personnalité et promotion de “Ma Famille d’Abord” comme mode de gouvernance, Désespoir généralisé et abandon de la Patrie, etc….

    • Le 26 Mars a apporté l’espoir au Mali ceci est indéniable. La corruption, l’impunité la dépravation des mœurs existaient déjà sous GMT. L’autorité de l’Etat s’il existait pourquoi le mouvement démocratique a terrassé la tyrannie? Le malien n’avait plus foi au Mali tout se passait comme si la raison d’exister du Mali était de maintenir GMT au pouvoir.

      Le 26 Mars est notre fierté c’est l’expression de notre attachement à notre pays, à sa souveraineté, à son progrès…

      • Le 26 mars c’est surtout l’avènement d’une autre forme de bourgeoisie.Certes les institutions ont changé de têtes mais la corruption, l’enrichissement illicite, le vol le détournement de deniers publics ont bel et bien continué!Si les 2 premières républiques avaient fait autant de vente de terrains à usage d’habitation que vous les “démocrates” il n’y resterait plus de patrimoine foncière à Bamako et environs!Si vous dites qu’il y a eu “changement” positif seuls les étrangers et les autochtones intellectuellement aveugles qui vont vous croire sinon quelqu’un qui a vécu l’avant et l’après 26 mars sait bien comment vous avez flingué notre système éducatif qui était l’un des plus performants de la sous région.Ne parlons pas de l’état de délabrement et de pourriture de notre armée qui a été le maillon faible victime de la chute de Khadaffi dont le pays ne partage aucune frontière avec le nôtre…

      • 26 mars comment vais je qualifier ça d’ailleurs? Oui, “26 mars: remède pire que le mal”

  9. Le seul president qui a ete incapable de payer regulierement les salaires. Les salaries maliens ont alors appris a “se debrouiller” d’ou le detournement et la corruption generalises qui ont fait perdre a beaucoup de maliens leur qualite morale premiere sous Modibo Keita: la probite, l’integrite morale.

  10. Vous n’avez pas autres sujets, Le Général n’est plus au pouvoir il y a de cela 25 ans. Il ne pense même pas à vous, à plus forte raison vous voir. Tous les jours on réchauffe le même sujet, Général, Moussa, autres. Il serait vraiment temps d’avancer.

    • Il n’est plus au pouvoir, mais le Mali est toujours dans le trou que ses 23 ans de dicture ont creuse. La probite morale de l’homme malien a ete mise a rude epreuve sous Moussa, et a entirement disparu chez beaucoup de nos compariotes a cause du paiement irrgulier des salaires.

  11. Le peuple ne pardonnera jamais. Donc, ce n’est pas la peine que GMT demande pardon. Par contre, le coup d’état de 1968 avait été bien accueilli par les maliens parce qu’ils avaient souffert aussi du régime socialiste ou communiste de MK et ils aspiraient à de meilleures conditions de vie et de liberté, Hélas.

    • Le coup de’etat de 1968 a ete bien accueilli parce que nos parents en avait marre des exactions de la milice formee par Moussa, mais aussi parce qu’ils (nos parents) n’avaient pas compris que pour etre effectivement independant il fallait se serrer la ceinture, et faire beaucoup de sacrifice pendant encore de nombreuses annees. Certains de nos parents avaient cru que l’independance signifiait la fin des sacrifices.

      • Les Moussa Traoré n’étaient pas des gens bien, mais ce n’est pas une raison pour penser que les Modibo étaient des gens. Sous leur régime, des gens ont payé aussi parce qu’ils n’avaient pas la même vision qu’eux (Hamadoun Dicko, Fily abo, etc…) C’est pour cela aussi que le coup d’état a été perçu comme une libération…

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