Coup d’état du 19 novembre 1968 : Triste souvenir pour le peuple malien !

21 Nov 2016 - 11:08
Mis à jour: 10 ans
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Coup d’état du 19 novembre 1968 : Triste souvenir pour le peuple malien !
Le général Moussa Traoré

En effet, c’est le 19 novembre 1968 que notre pays, le Mali, est tombé au grand souhait de l’impérialisme français et de ses valets afro-maliens. Modibo Keïta et compagnons sont morts pour la patrie malienne. Le Comité militaire de libération nationale (CMLN), dirigé par l’ennemi numéro 1 de notre peuple en la personne de Moussa Traoré, a imposé aux Maliens le mutisme complet : pas de marche, pas de revendication, encore moins des activités politiques pour l’éveil des consciences nationales.

Pendant dix (10) longues années de vide politique, Moussa Traoré et ses compagnons ont imposé aux travailleurs du Mali la gestion clanique et apatride des affaires de la nation, ouvrant ainsi la voie à la gabegie, l’affairisme, le népotisme, le clientélisme, l’achat des âmes et des consciences, la concussion, la cocufication, la délinquance économique et le sens du partage du gâteau. En 1979, comme pour se moquer de notre peuple travailleur, le CMLN, pour ce qu’il en restait, a imposé à notre pays ‘’le centralisme démocratique’’ par la naissance regrettable de ce qu’il convenait d’appeler l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), un parti mort-né, avec à sa tête le chef inamovible Moussa Traoré. Les hommes passent mais les peuples demeurent. Le 19 novembre 1968, pendant que notre peuple poursuivait sa marche difficile mais courageuse pour la construction d’un avenir radieux, un groupe de soldats, à la solde du néocolonialisme français et dirigé par le lieutenant Moussa Traoré a fait irruption et effraction sur la scène politico- économique et culturelle du Mali. Ce jour là, Moussa qui était l’instructeur en chef de la milice populaire du Mali a osé donner un coup d’arrêt au combat de notre peuple pour son meilleur avenir. La suite, rappelons-le, était horrible et indigne : le président Modibo Keïta a été lâchement et injustement écarté du pouvoir. En lieu et place, la clique des putschistes a érigé le mur de la mégalomanie et de la démagogie. Le Comité militaire de libération nationale (CMLN), dirigé par l’ennemi numéro 1 de notre peuple en la personne de Moussa Traoré, a imposé aux Maliens le mutisme complet : pas de marche, pas de revendication, encore moins des activités politiques pour l’éveil des consciences nationales. Pendant dix (10) longues années de vide politique, Moussa Traoré et ses compagnons ont imposé aux travailleurs du Mali la gestion clanique et apatride des affaires de la nation, ouvrant ainsi la voie à la gabegie, l’affairisme, le népotisme, le clientélisme, l’achat des âmes et des consciences, la concussion, la cocufication, la délinquance économique et le sens du partage du gâteau. Pendant dix ans, le pilotage à vue a connu ses jours de prospérité et dans l’insouciance la plus totale et la plus nauséabonde. Pendant dix longues années d’affairisme, notre pays a souffert de l’absence totale d’idées et de débats constructeurs. Pendant dix ans de vide politique, notre peuple a souffert de la cynique politique de: «chacun pour soi et le diable pour tous ». Pendant dix ans, les lions ont dévoré les lionceaux de la tanière parce que le CMLN était une jungle où tous les sales coups étaient permis et se produisaient, le seul mal étant de toucher au pouvoir du chef des putschistes : progressivement, les 14 membres du CMLN se sont bouffés crus. La déportation et la mort dans des conditions effroyables de ce qu’il convenait d’appeler «la bande des trois (03)» sont des enseignements horribles. En 1979, comme pour se moquer de notre peuple travailleur, le CMLN, pour ce qu’il en restait, a imposé à notre pays ‘’le centralisme démocratique’’ par la naissance regrettable de ce qu’il convenait d’appeler l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), un parti mort-né, avec à sa tête le chef inamovible Moussa Traoré. Pire, pour insulter l’honneur et la dignité de notre peuple et de ses dirigeants nationalistes, tout partait de Moussa et tout revenait à celui qui s’est autopropulsé général sans avoir combattu vraiment. Le parti unique ainsi forgé de toute pièce était une caisse de résonance de l’homme à tel point que la République est devenue «moi, et seulement moi». Douze (12) longues années ont concentré les affaires du Mali entre les mains de la famille politique et génétique du général bazin comme il convenait de l’appeler : il s’agit de Moussa Traoré. Des femmes ont été contraintes au veuvage et à la vente de leur corps pour nourrir les enfants orphelins  de tous les pères de famille conduits dans les bagnes du régime sanguinaire sans retour pour avoir dit au Dieu du CMNL et de l’UDPM : «Je ne pense pas comme vous», «Je ne vois pas le Mali dans la même direction que vous», «Je ne me reconnais ni dans l’UDPM ou l’UNJM, ni dans votre gestion calamiteuse des affaires du Mali». Pour réduire les intellectuels au silence, on leur imposait des traitements dégradants allant jusqu’à les transformer en clowns, en clochards et en alcooliques, sans référence aucune. Pendant vingt trois (23) longues années de dictature militaro-udepmiste, notre peuple a enduré les souffrances les plus horribles : des familles entières ont été disloquées faute de revenus, les salaires de misère ne tombant qu’à compte gouttes et par semestre pour un mois. Des fois, les travailleurs ne recevaient un mois de salaire qu’après huit (08) mois de pénible labeur, développant ainsi en ce paisible peuple le sens du vol, de l’affairisme, de la malveillance, de la corruption et des vendettas politico- militaro policières. Ne pouvant régner indéfiniment, notre peuple organisé en mouvement démocratique a accepté le sacrifice ultime de ses enfants pour que l’apache régime de Moussa Traoré soit aux arrêts : plus de deux cents morts, des dizaines, voire des centaines de blessés et de disparus. En effet, c’est le 19 novembre 1968 que notre pays, le Mali, est tombé au grand souhait de l’impérialisme français et de ses valets afro-maliens. Modibo Keïta et compagnons sont morts pour la patrie malienne. Et depuis la chute de Moussa Traoré, le Mali se cherche sans se retrouver. En musulman pieux qu’il veut paraître, Moussa doit solennellement demander pardon à notre peuple avant que Dieu ne le rappelle à lui parce que trop de crimes ont été commis par son régime et pendant ses longues années de gestion des affaires du Mali. Dieu ne dort pas ! Fodé KEITA  

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Commentaires (24)

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Mamadou Diabate
Mamadou Diabate 10 ans
Cet article est constructif Fode keita you did a great job
Bamaké
Bamaké 10 ans
J'ai émigré très tôt , je n'ai jamais travaillé au MALI. Mais j'y ai été à l'école dans mon enfance en zone rurale d'abord ensuite à Bamako... Je trouve aujourd'hui que le système éducatif d'alors était discriminant, et favorisait les enfants de familles, de Personnalités ou de Notables en vue. L’Etat masquait ses insuffisances, en bridant, en bloquant la scolarité de bons nombres d’enfants. Non pas que ces autres enfants étaient moins intelligents. C'est que, en réalité, les structures d’accueil d'ETAT des scolaires dans la Capitale de notre pays et dans ses autres chefs lieux administratifs qui abritent les Lycées et autres Grandes écoles, étaient saturées. Et tous les ruraux n'ont pas de familles installées dans les villes qui pourraient héberger leurs enfants qui ont réussi au DEF... On a parlé de la dureté du régime militaire... Ce que je crois, est que quand les militaires ont fait leur putsch. Dès le début, leur Chef a vite été confronté à une question de leadersheep. Ayant tous à peu près le même grade militaire. Chacun des membres de la Junte, pensait qu'il pouvait être Président à la place du Président. Peut-être que cette attitude des uns et des autres a amené à rendre le régime de Moussa plus dur... ? Mais le premier régime de Modibo était aussi accusé de dureté. La milice surtout... Les Maliens ont émigré en masse sous le premier régime. ILs ont continué à émigrer sous le régime UDPM, sous Alpha, sous ATT, sous la transition et encore aujourd'hui. Pensez-vous que si tous ses régimes avaient éfficacement géré le pays, les Maliens continuraient encore à émigrer en masse, certains même au péril de leur vie...???
Ousmane
Ousmane 10 ans
Merci.
Wang
Wang 10 ans
Cette révolution de 26 mars a été spoliée et détournée de sa raison. Notre erreur a été de penser qu'en changeant le nom de nos institutions, ou en changeant certaines têtes que nous aurions la liberté tant souhaité et que ce qui n'était que prémisse de corruption n'allait pas être érigé en système de gestion. Le clanisme, clientélisme, corruption, mépris du deniers publics et la promotion de médiocrité que nous avons combattues ont été repeints et servis à nouveau sous le label de la démocratie. Nous avons appris à notre dépend, que la révolution ne saurait aboutir et mener vers le changement pour un lendemain meilleur que lorsqu'elle est d'abord mentale avant toute chose.
sambou
sambou 10 ans
Le 26 mars c'est surtout l’avènement d'une autre forme de bourgeoisie.Certes les institutions ont changé de têtes mais la corruption, l’enrichissement illicite, le vol le détournement de deniers publics ont bel et bien continué!Si les 2 premières républiques avaient fait autant de vente de terrains à usage d'habitation que vous les "démocrates" il n'y resterait plus de patrimoine foncière à Bamako et environs!Si vous dites qu'il y a eu "changement" positif seuls les étrangers et les autochtones intellectuellement aveugles qui vont vous croire sinon quelqu'un qui a vécu l'avant et l'après 26 mars sait bien comment vous avez flingué notre système éducatif qui était l'un des plus performants de la sous région.Ne parlons pas de l'état de délabrement et de pourriture de notre armée qui a été le maillon faible victime de la chute de Khadaffi dont le pays ne partage aucune frontière avec le nôtre...
Wang
Wang 10 ans
Le peuple aspirait à une liberté et manquait d'opportunités. L'avenir était sombre mais avec une lueur d'espoir que la lumière pouvait jaillir et illuminer notre chemin. Ce que le 26 mars n'a pas pu nous donner, hélas. Nous avons donc assisté à ce que tu énumérés et pour ça cette révolution tronquée a été un échec, car le peuple a été trahi, mené en bateau par des marins peu scrupules et qui ont réintégrés les maux qui jadis étaient dénoncés. La copie a donc dépassé l'originale et la conséquence a été pire.
Ousmane
Ousmane 10 ans
Vous avez tout dit.Merci.
ACHE
ACHE 10 ans
Fodé je crois qu'en toute chose il faut pardonner mais n'attend pas qu'on te le demande car en bon musulman comme tu l'a dit, il faut le pardon au risque je nous comporter comme des animaux.
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