Affrontement intercommunautaire : Les dessous du carnage de Tenekou

0

Les affrontements intercommunautaires se sont poursuivis mardi 3 mai dans la région de Mopti entre des civils des communautés peule et bambara des localités de Koroguiri et de Maleimana. On dénombre une trentaine de civils tués, selon différentes sources qui indiquent que tout a commencé avec l’assassinat du 3e adjoint au maire de la localité et d’un paysan.

La tension reste vive entre membres des communautés peule et bambara. Les premiers sont éleveurs, ils revendiquent des pâturages. Les seconds sont agriculteurs, ils défendent leurs terres.

Selon des sources locales, le conflit qui a débuté le week-end dernier, est parti de l’assassinat de l’adjoint au maire de la localité par des individus armés soupçonnés « d’appartenir à la communauté peulh ». En représailles, les proches de ce dernier se sont attaqués aux familles des présumés auteurs de cet assassinat. Plusieurs sources évoquent un bilan d’une vingtaine de morts, et des blessés graves.

Plus de 30 morts en 3 jours

Ces affrontements, expliquent les autorités communales, auraient provoqué un mouvement massif de populations peuhles. Le week-end dernier plus d’une vingtaine de personnes ont été tuées dont une autorité communale suite à des affrontements dans la commune de Kareri, cercle de Ténenkou. Selon une source locale, tout a commencé avec l’assassinat du 3e adjoint au maire de la localité et d’un paysan.
En représailles à ces meurtres, des chasseurs qui ont perdu un des leurs ont exécuté quatre personnes. L’association Dentaal pulaku a annoncé lundi l’exécution de plusieurs peulhs par des individus armés dans le village de Malaïmana toujours dans le cercle de Ténenkou.

Selon le porte parole de l’association, les assassins seraient membres d’une milice constituée dans ce village. La même association a dénoncé la semaine dernière des exactions subies par la communauté peuhle dans la même zone, victime d’amalgame avec les terroristes du front de libération du Macina.

Une délégation officielle sur le terrain pour calmer les frères ennemis

Avant la fin de cette semaine, une délégation officielle malienne se rendra sur le terrain pour calmer les frères ennemis.  Mardi matin, une réunion d’urgence s’est tenue à la Primature. Les affrontements intercommunautaires se sont poursuivis mardi 3 mai dans la région de Mopti entre des civils des communautés peule et bambara des localités de Koroguiri et de Maleimana. Neuf nouvelles victimes ont été comptées mardi, selon plusieurs sources sur place, ce qui alourdit le bilan. Nouveau bilan des affrontements intercommunautaires dans la région de Mopti, au centre du Mali : une trentaine de civils tués, selon différentes sources.

Selon des autorités locales, cette recrudescence de violences a provoqué le déplacement des peuhls de la zone vers d’autres localités.
La situation était toujours tendue hier dans la zone selon le préfet de Téninkou. Celui-ci a indiqué que face à la montée de la violence dans la zone, des camions ont été envoyés pour transporter des familles peuhles à Ténenkou. Le préfet appelle les autorités à renforcer la présence militaire dans la zone.
« Au cours des deux jours d’affrontements, il y a eu 21 morts, 7 blessés. Les corps restaient exposer, on a fini par les enterrés hier. Je viens d’envoyer tout de suite un camion dans la localité de Tiélé pour essayer de récupérer les femmes et les enfants qui veulent venir à Ténenkou. Il y a deux détachements militaires, de la région militaire de Ségou et de Mopti qui sont même partis avec moi hier. On a passé la majeure partie de la journée là-bas. Les assaillants n’étaient plus sur place. Donc, le détachement a fini par retourner se replier à Ténekou. Mais maintenant, je viens à Mopti pour m’entretenir avec la Minusma pour voir si nous pouvons trouver une troupe militaire stationnée de façon prolongée dans cette localité pour éviter l’affrontement entre les communautés Peul et Bambara », a expliqué le préfet du cercle du cercle de Ténenkou, Makan Doumbia joint  au téléphone par Studio Tamani. On craint d’autres représailles.

Rassemblés par MD

Commentaires via Facebook :

PARTAGER