Défi sécuritaire : Le «Nouveau départ» sur la sellette

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Reforme du secteur de la sécurité : Le langage de vérité du ministre Salif Traoré
Le ministre de la Sécurité, le General Salif Traoré

Au-delà des difficultés économiques héritées de l’ancien régime, le gouvernement doit faire face à d’autres défis, dont la sécurité des populations. La résurgence de la pègre est un test psychologique que les ministres en charge de l’Intérieur et de la Défense doivent relever au plus tôt.

Un délestage sauvage, des scandales financiers opaques, cherté de la vie : le gouvernement Kéita est sollicité sur plusieurs fronts.          Chaque mercredi, le Conseil des ministres est attendu avec une certaine impatience, et ses résolutions scrutées avec minutie. Face à cette pression, beaucoup estiment qu’il y a un risque que le gouvernement se disperse, et s’embrouille dans ses priorités. Un risque d’autant plus élevé, que l’impatience des populations est assez énorme. Il fallait, répond-t-on du côté du gouvernement, prendre connaissance de l’Etat dans lequel s’est retrouvé le pays après la parenthèse Sanogo. Car l’héritage des militaires n’est qu’un euphémisme, la partie visible de l’iceberg. Mais, le plus réjouissant, c’est que l’abcès est finalement crevé. Tout le monde a découvert le pot aux roses. Pour autant, le défi le plus urgent aujourd’hui n’est peut-être pas d’ordre économique. Il est d’ordre sécuritaire. Car, la présence des terroristes dans les régions nord du Mali accentue la résurgence des braquages, défi majeur à relever par l’actuel régime, est un syndrome inquiétant. C’est comme si ces apprentis-sorciers de braqueurs veulent tester ou mettre à l’épreuve la résistance psychologique du gouvernement. Il va falloir donc s’y coller. Et trouver au plus profond les ressources mentales pour leur damner le pion. On comprend dès lors pourquoi deux membres du gouvernement doivent redoubler de vigilance. La sécurité des grandes villes dont Bamako a été malmenée par ces malfrats en mal de reconnaissance. Avènement d’un nouveau régime oblige, la pègre tapie dans l’ombre, a voulu se rappeler du bon souvenir de ceux qui nous gouvernent. Cela n’a pas manqué de marcher. Ils font désormais la loi, et en imposent à la vue de tous. Sans coup férir. Au moins, cela a eu le mérite de réveiller les ministres concernés de leur torpeur et doute. Ils savent désormais qu’ils avancent en terrain miné, et sont attendus.

Contenir au plutôt la vermine                                                                                                                        Pour l’instant, ce sont les bandits qui ont remporté l’aspect psychologique de cette bataille.    Ils sont parvenus à incruster la peur dans les cœurs. Les propriétaires de magasins et boutiques vivent désormais dans la psychose du prochain braquage. Sans oublier les terroristes qui continuent leur sale besogne dans certaines localités du septentrion, sans être inquiété. Certes, du côté étatique, la réaction a été souvent prompte. Elle demeure tout compte fait inefficace face à des bandits organisés ayant en plus une maîtrise du terrain. La bataille doit donc s’inscrire dans la durée. Il faut du renseignement, des moyens militaires et une nouvelle approche. Pour y arriver, la troupe doit être remise en confiance. Autant dire que le nouveau patron de la Police, de la Gendarmerie et de la sécurité d’Etat a du pain sur la planche. Rien n’est plus précieux que la quiétude des populations. Cela n’a pas de prix.  Il va falloir contenir au plus tôt cette vermine, afin de gagner la  confiance nécessaire à la mise en route des réformes.

Paul N’GUESSAN

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