Face au terrorisme : Ne jamais courber l’échine devant ceux qui n’ont que haine pour l’humanité

La France a été une nouvelle fois touchée en  plein cœur par le terrorisme dans la soirée du vendredi 13 novembre 2015. Le sport (football), la culture (musique) et la détente conviviale (restaurant) ont été la cible de ces attaques particulièrement meurtrières (on dénombrait 132 morts et plus de 300 blessés le lendemain).

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Nigeria: au moins 15 morts dans un attentat perpétré par deux jeunes filles kamikazes

Le monde a été stupéfait par l’ampleur de l’horreur provoquée par cette manifestation de la haine vis-à-vis de nos valeurs humaines universelles. Nous nous sommes choqués, sidérés.

On ne peut pas être insensible à ce qui vient de se passer en France et qui est depuis de longs mois le quotidien des populations des pays comme le Niger, le Tchad, le Cameroun, le Nigeria, la Somalie, le Kenya, la Libye, la Tunisie,  la Turquie, le Liban, la Syrie, l’Irak et aussi du Mali…

On est jamais psychologiquement bien préparé à faire face à ces actes inqualifiables commis contre la race humaine, contre l’humanité. Des horreurs qu’aucun combat idéologique ou religieux ne saurait justifier et qui frappent sans distinction aucune. Doit-on renoncer à ses loisirs, à sa liberté et à la joie de vivre par crainte que des cinglés puissent surgir à tout moment pour nous ôter la vie ?

Ceux qui se disent «choqués» par tant de «sympathie» à l’égard du peuple français oublient que la France n’appartient plus aux seuls Français. Par la force des choses, Paris est comme un patrimoine universel à cause de son cosmopolitisme.

A Paris, une Malienne et une Sénégalaise ont perdu la vie ! C’est le bilan provisoire parce que nous sommes encore sans nouvelles de nombreux proches.

Ceux dont la vie vient d’être sacrifiée sur l’autel du fanatisme n’avaient rien à avoir avec la politique extérieure de la France. Ils se sont malheureusement retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment.

La «France aux Français» est une utopie de l’extrême droite maladroitement confortée dans ses positions par la mégalomanie des dirigeants comme Nicolas Sarkozy.

Sans compter toute perte de vie humaine doit émouvoir. Comment ne pas s’émouvoir face à des victimes d’un fléau qui nous menace tous aujourd’hui ou que nous soyons ?

Quelle différence y aurait-il entre nous et ces barbares si nous sommes incapables d’éprouver des sentiments humains comme la compassion et la solidarité face à leurs actes ?

Ces individus, le plus souvent manipulés pour leur faire croire qu’ils sont sur le «droit chemin», ont une haine viscérale pour tout humain qui n’a pas la même vision qu’eux, qui n’est pas aussi cinglé qu’eux. Exprimer sa haine d’un régime ou pour un pays en pareilles circonstances est la pire des réactions qu’on peut attendre d’un Homme digne de ce nom.

Nous devons d’autant nous soutenir et rester débout car, comme le dit un spécialiste de la question, «le but du terrorisme est tout simplement de provoquer peur et terreur». Ceux qui ont sombré dans cette violence sont conscients que «la peur mine toute confiance en la classe politique. Elle affaiblit l’ennemi de l’intérieur, elle démoralise le public…».

Ainsi, le terrorisme n’est pas seulement «l’expression d’une fureur incontournable» de ceux qui commettent les attentats, mais c’est aussi «une arme politique» pour ceux qui manipulent les kamikazes (une jeune désœuvrée sans repère et souvent marginalisée par les politiques nationales dans divers domaines) dans l’ombre. L’enjeu politique consiste à «priver un gouvernement de sa façade d’infaillibilité pour que  le peuple perde confiance en lui».

Malgré la douleur, la colère ou la révolte qui peuvent nous habiter en ce moment, il faut éviter l’amalgame. Ceux qui veulent nous imposer cette peur au quotidien ne connaissent rien en cette religion au non de laquelle ils sont supposés se battre, l’islam.

La vie est sacrée pour être sacrifiée sur l’autel d’idéologies obscurantistes

La personne humaine est sacrée en Islam. Seul Dieu donne le souffle de la vie et à le droit de le reprendre. Peut-on se revendiquer croyant et s’arroger ce droit divin ?

Etre un fidèle, c’est respecté les préceptes de sa religion. Mais, comme le dit si bien le leader spirituel des Moines Tibétains, le Dalaï Lama, «la religion ne transforme pas les hommes en criminels, ce sont les criminels qui utilisent la religion comme alibi de leur soif de pouvoir».

Sans chauvinisme aucun, nous ne sommes pas France. Et nous ne saurions jamais être la France car notre patrie, c’est le Mali. Mais, notre cœur est aujourd’hui à Paris comme il est à Diffa au Niger, comme il est au Tchad, au Cameroun, au Nigeria, au Liban…

Et nous avons la même pensée pour toutes les familles des victimes de la haine et de la bêtise humaine. Nous ne sommes pas la France, mais des humains comme les Français qui ont perdu la vie ou qui souffrent atrocement dans leur chaire.

Nous ne sommes pas la France, mais des Français sont nos amis et nous avons beaucoup de parents et de compatriotes qui y vivent.

Nous ne sommes pas la France, mais nous sommes reconnaissants à ce pays dont l’intervention rapide en janvier 2013 (Opération Serval) a évité à notre pays de sombrer dans la barbarie de ceux qui veulent plonger l’humanité dans le noir de l’obscurantisme.

Nous ne serons jamais d’accord avec la politique extérieure de la France, telle qu’elle s’exerce depuis l’époque coloniale. Mais, ne confondons pas les choix politiques des dirigeants à la vie d’un peuple.

Que l’on soit en Afrique, en Europe, en Amérique ou en Asie, nous sommes toujours les otages idéologiques et géopolitiques de nos dirigeants. Et cela que l’on soit en démocratie ou en dictature.

Dans des épreuves comme celle que vit aujourd’hui la France, nous nous devons d’être solidaires car, comme l’a dit le président Ibrahim Boubacar Kéita, «personne n’est à l’abri» de tels actes dans ce village planétaire qu’est devenu notre monde.

Aucun Etat, si puissant soit-il, n’est aujourd’hui à l’abri du terrorisme. Et surtout que la «raison d’Etat» et les visées géopolitiques et géostratégiques ont encore donné à la pieuvre l’opportunité d’étendre ses tentacules sur de nouveaux terrains de prédilection.

En effet, à vouloir se débarrasser de certains «tyrans» (Kadhafi, Sadam Hussein, Bachar el-Assad), l’occident a favorisé le renforcement des réseaux terroristes. Sadam Hussein et Mouammar El Kadhafi sont morts, mais l’humanité a hérité de la violence, de l’horreur, de la peur au quotidien.

Aucun pays, quelle que soit sa puissance ; aucun peuple, quelle que soit ses croyances religieuses; n’est à l’abri d’une telle barbarie de nos jours ! La France est touchée aujourd’hui, le Liban hier. Les Français sont visés aujourd’hui, comme ils l’ont été en janvier avec l’attaque de Charlie Hebdo.

Se refugier dans les valeurs humaines universelles

La France est maintenant atteinte après le Mali, le Niger, le Nigeria, le Cameroun, le Tchad, la Somalie, la Tunisie, le Kenya, la Turquie… Et bien avant, New York et Boston aux Etats Unis…

Et, depuis le 11 septembre 2001, nous savions que rien ne serait plus comme avant dans le monde civilisé si nous n’opposons pas notre farouche volonté de résistance et de solidarité à ceux qui sont animés du dessein de noyer leur haine dans le sang d’innocents.

Nous ne sommes à l’abri nulle part ! Soyons unis et solidaires ! Les valeurs universelles sont notre seul refuge face à la manifestation de la haine, de l’ignorance, de la cruauté, de la terreur…

C’est en cela que nous resterons des humains ! A la différence de ceux qui veulent replonger l’humanité dans l’ère de la barbarie !

La meilleure des batailles, le meilleur des combats, c’est la guerre des idées pour défendre ses convictions et ses opinions.

Seuls les lâches ont recours aux armes pour surprendre des innocents et leur ôter la vie comme nous l’avons tragiquement vécu vendredi soir en France !

Moussa Bolly

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