Le piège du légalisme à la carte !

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Dan Nan Ambassagou est une confrérie de chasseurs qui a ses règles de fonctionnement à cheval sur la probité. Cette célébrissime confrérie rebaptisée ‘’milice’’ pour les besoins de clabauder, parce qu’ayant commis le sacrilège de pourvoir à l’éclipse des FAMa, fait une nouvelle fois l’objet de stigmatisation. Après l’annonce de sa dissolution, le bombardement de son camp de pré-cantonnement de Wadouba, près du village de Kani Gogouna, par l’aviation nationale, alors que la famélique flotte serait plus utile ailleurs, la dernière mesure de rétorsion est relative au démantèlement de ses check-points.

Les Donsos ont-ils outrepassé leurs prérogatives ? Non. Traditionnellement, ils chassent, autant qu’ils protègent l’environnement. Ils sont également ceux qui protègent le village en cas d’agression extérieure. Pour coller à l’actualité, quand le dispositif sécuritaire national était en déconfiture en 2012, beaucoup de regards se sont tournés vers les chasseurs. Et quand ils ont offert de monter de front pour défendre la Patrie en danger, très peu ont objecté. Donc, hier comme aujourd’hui, ils sont dans leurs clous. Protéger les populations de l’agression sauvage de hordes obscurantistes, ne devrait point prêter matière à algarade. D’autant plus qu’autant en 2012 qu’en 2020, le dispositif sécuritaire national est brinquebalant.

Alors, s’agit-il de trouver le parfait bouc émissaire, agréer à une exigence de Tabital Pulaaku, céder à l’émotion du massacre de nouveaux civils à Ogossagou, remettre à l’Etat l’usage exclusif de la force ? Qu’on se le dise. Porter la tenue de chasseur ne fait pas d’un assaillant un chasseur, encore moins un membre de Dan Nan Ambassagou. Parler dogon ne fait pas non plus de quelqu’un un Dogon. Ce sont pourtant les seuls éléments dont dispose la ‘’Mission d’enquête spéciale’’  de la MINUSMA dont le ‘’Rapport d’enquête spéciale’’ semble davantage trouver grâce auprès de nos autorités que celui du Procureur de la République de Mopti.  La décision de démantèlement des check-points de Dan Nan Ambassagou, juste après l’hécatombe de Ogossagou (majoritairement peuh), la désigne comme en étant l’auteur. Cette mise en scène est un artifice dangereux qui prospérera difficilement.

Parce que démanteler les check-points dans les conditions actuelles serait perçu comme la satisfaction d’une exigence de Tabital Pulaaku. Ce n’est pas défendable parce que l’association est partie prenante de la crise sécuritaire et serait inconfortable pour le PM taxé par certains de parti pris pour qui ont sait.

Désarmer Dan Nan Ambassagou, parce que seul l’Etat a le monopole de l’usage de la puissance publique ? Mais, ce serait ouvrir la boîte de pandore. Parce qu’il va falloir désarmer toutes les milices, y compris celles avec qui l’Etat sous-traite la sécurité. Autrement, ce serait la prime à l’arbitraire au nom de la loi. Dans ce salmigondis, Dan Nan Ambassaou peut être considéré comme un épiphénomène. Attaquons-nous aux vrais problèmes et arrêtons avec la bouffonnerie politique.

PAR BERTIN DAKOUO

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