À Nairobi, une attaque jihadiste dans un complexe hôtelier fait au moins 14 morts

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Un policier sur le lieu de l'attaque à Nairobi, ce 15 janvier
BAZ RATNER / REUTERS Un policier sur le lieu de l'attaque à Nairobi, ce 15 janvier.

Le président kényan a annoncé que les islamistes shebab qui ont mené l’attaque ont été “éliminés”.

KENYA – Les forces de sécurité kényanes ont mis un terme ce mercredi 16 janvier à l’attaque des islamistes somaliens shebab contre un complexe hôtelier de Nairobi au terme d’un siège de près de vingt heures, a annoncé le président Uhuru Kenyatta, assurant que “tous les terroristes ont été éliminés”.

Il a précisé que l’attaque, qui avait débuté mardi vers 15 heures (2 heures heure française), a fait 14 morts et un nombre non précisé de blessés. “Je peux vous confirmer que l’opération de sécurité au (complexe) Dusit s’est achevée il y a environ une heure et que tous les terroristes ont été éliminés”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Le nombre total de jihadistes n’était pas clair dans l’immédiat. Des images de vidéosurveillance diffusées par les médias kényans montrent quatre hommes équipés d’armes automatiques et de grenades progresser calmement dans le complexe. Au moins un jihadiste s’est fait exploser au début de l’attaque.

Un bilan encore incertain

Une source policière a indiqué de son côté que deux assaillants ont été tués mercredi matin au terme d’un échange de tirs prolongé. “Ils portaient tous les deux des foulards rouges sur le front et des cartouches étaient attachées autour de leur poitrine (…) ils avaient chacun un AK-47″. Le président Uhuru Kenyatta a lui précisé qu'”en ce moment, nous avons la confirmation que quatorze vies innocentes ont été perdues (…), d’autres ont été blessés”. Il a ensuite salué le travail des forces de sécurité kényanes. “Plus de 700 civils ont été évacués du complexe depuis le début de l’attaque jusqu’aux petites heures du matin”.

De son côté, une source à la morgue a indiqué à l’AFP que quinze dépouilles ont été enregistrées: 11 Kényans, un Américain, un Britannique, et deux personnes dont la nationalité n’a pas pu être établie dans l’immédiat. Des sources policières avaient elles aussi fait état d’au moins 15 morts.

 

“Le processus de nettoyage est toujours en cours. Il n’y a plus de menace pour le public. Les civils qui avaient été mis en sécurité dans un bâtiment par la sécurité ont été évacués. Tous les bâtiments et les alentours sont sécurisés.”

Un responsable du département d’État américain a annoncé dans la soirée qu’un Américain avait été tué dans l’attaque.

Une “attaque coordonnée” des shebab

Cette “attaque coordonnée”, selon les termes du chef de la police kényane Joseph Boinnet, avait débuté mardi 15 janvier, à 15 heures (13 heures à Paris) par une forte explosion entendue à plus de cinq kilomètres à la ronde. Elle a été revendiquée très rapidement par les islamistes somaliens shebab. Le modus operandi ressemble à celui d’autres attaques perpétrées par les insurgés à Mogadiscio: une bombe explose (soit un kamikaze soit une voiture piégée) et dans la foulée, un commando pénètre dans l’établissement visé pour faire le plus de victimes possible.

Le début de l’attaque avait été suivie de tirs nourris pendant plus d’une heure, laissant craindre le pire. La brigade antiterroriste est arrivée peu de temps après le début de l’attaque, à bord d’un véhicule blindé. Une équipe de déminage a fait exploser dans l’après-midi le véhicule à bord duquel le commando était arrivé.

Peu après le début de l’attaque, un garde kényan d’une compagnie de sécurité privée avait affirmé à l’AFP avoir vu “quatre bandits” sortir du véhicule et poursuivre leur chemin à pied.

Des images de vidéo-surveillance diffusées par les médias kényans montrent quatre hommes équipés d’armes automatiques et de grenades progresser calmement dans le complexe.

 

Joseph Boinnet a confirmé qu’au moins un kamikaze s’était fait exploser non loin de l’entrée de l’hôtel Dusit, dont six des sept étages ont été sécurisés.

“Les tirs viennent de plusieurs directions à la fois”

De nombreux Occidentaux lourdement armés, vraisemblablement des militaires rattachés à des ambassades à Nairobi, étaient visibles sur place aux côtés des forces de l’ordre kényanes.

 

“La définition d’un véritable voisin. Il a sauvé des vies pendant l’attaque du Westgate (il y a cinq ans, ndlr) et aujourd’hui il a risqué sa vie pour celle des autres. Que l’action désintéressée de Kenyans comme Inayat Kassam nous inspire tous à aller au-delà de l’appel du devoir pour servir Dieu et notre pays”.

Au plus fort de la fusillade mardi après-midi, Simon Crump, qui travaille dans le complexe, expliquait au téléphone à l’AFP que de nombreux employés s’étaient barricadés dans leurs bureaux. “Nous n’avons aucune idée de ce qui se passe. Les tirs viennent de plusieurs directions à la fois”, rapportait-il, ajoutant que tout le monde était “terrifié”. Simon Crump et ses collègues ont ensuite été évacués par les forces de l’ordre tout comme de très nombreuses personnes du complexe et des immeubles voisins.

Cet établissement, qui compte une centaine de chambres, appartient au groupe thaïlandais Dusit Thani. Le complexe DusitD2 est situé dans un quartier verdoyant où de nombreux immeubles de bureaux ont progressivement remplacé ces dernières années des résidences individuelles et leurs jardins manucurés.

Trois ans jour pour jour après l’attaque d’une base militaire

Un survivant de l’attaque, interrogé par les médias kényans, a expliqué que les assaillants étaient visiblement “bien entraînés”, “se déplaçaient en formation”. “Ce sont des gens qui savaient très bien ce qu’ils faisaient”.

Dans un communiqué à New York, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres “a condamné fermement” l’attaque et exprimé “sa solidarité” avec la population et le gouvernement kényans.

Le Kenya a déjà été la cible d’attentats jihadistes de grande ampleur. Le 21 septembre 2013, un commando islamiste a pris d’assaut le centre commercial Westgate à Nairobi avant d’être éliminé après 80 heures de siège, faisant 67 morts.

Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebab ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicide. Ils ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 20.000 hommes de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom), à laquelle le Kenya contribue.

Cette attaque intervient trois ans jour pour jour après celle de la base militaire kényane d’El Adde, dans le sud de la Somalie. Les shebab, vidéo à l’appui, avaient revendiqué avoir tué près de 200 militaires kényans, ce que les autorités kényanes ont toujours démenti.

Par huffingtonpost.fr

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