Voyage touristique des journalistes du Mali et de la Côte d’ivoire : Sept jours de découverte des villes impériales ou “les plus belles villes” du Royaume du Maroc !

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Du 6 au 12 novembre 2022, des journalistes du Mali et de la Côte d’Ivoire ont fait le tour des villes impériales ou “les plus belles villes” du Royaume du Maroc, sur invitation de l’Office national marocain du tourisme pour l’Afrique, basé à Dakar, au Sénégal. Les villes de Rabat ou “le Camp de la victoire”, Meknès ou “la Ville des oliviers”, Fès ou “la Reine du Maghreb” et Marrakech ou “la Cité ocre” ont été visitées avant que les invités se rendent à Casablanca pour la visite de la Mosquée Hassan II. Une randonnée touristique inoubliable.   

Après la pandémie de la Covid-19, qui a secoué le monde en 2020 et en 2021, le Royaume du Maroc reprend ses activités touristiques de la plus belle manière. Aujourd’hui, ce pays devient une destination incontournable pour les touristes des quatre coins du monde. Les hôtels sont quasiment pleins dans presque toutes les villes touristiques.

En vue de maintenir et de mieux vendre la destination Maroc, l’Office national marocain du tourisme (ONMT) à travers sa représentation en Afrique basée à Dakar, au Sénégal, depuis 2017, a permis à des journalistes africains venus du Mali et de la Côte d’Ivoire de découvrir les villes impériales du Maroc.

Durant une semaine (du 6 au 12 novembre 2022), nous avons pu découvrir respectivement Rabat ou le “Camp de la victoire”, Meknès ou “la Ville des oliviers”, Fès ou “la Reine du Maghreb” et puis Marrakech ou “la Cité ocre”, sous la conduite bienveillante de Ahmed oumaarir, responsable du bureau régional de l’Office national marocain du tourisme pour l’Afrique.

“En organisant ce voyage presse, l’idée est de vendre davantage la destination Maroc. Il s’agit de montrer que le Maroc regorge d’énormes villes à visiter pour passer de très bonnes vacances à moindre coût. En une semaine, vous allez admirer le Maroc de l’authenticité et de la tradition. Cela à travers les villes impériales comme Rabat, Meknès, Fès et Marrakech. Le Maroc est un pays à l’histoire riche et variée qui ne manquera pas de vous surprendre”. Parole de Ahmed Aoumaarir, qui a pris toutes les dispositions idoines pour que ce voyage Presse puisse se dérouler dans les meilleures conditions possibles : bus, hôtels, guides…

Dimanche 6 novembre 2022. Première destination, Rabat, la capitale culturelle et ville historique du Maroc. C’est en 1912 qu’elle a été choisie par le maréchal Lyautey comme capitale du Protectorat français au Maroc en raison de sa situation géographique. Et, en 1956, après l’indépendance du Maroc, la ville est devenue la capitale du pays. Elle est située sur la façade atlantique, au nord-ouest du Maroc.

“Rabat est le résultat d’un dialogue fructueux entre le passé arabo-musulman et le modernisme occidental. Le site comprend la «ville nouvelle», conçue et construite sous le Protectorat français de 1912 aux années 1930, incluant la résidence royale, des administrations coloniales, des ensembles résidentiels et commerciaux, le jardin d’Essais-botanique et d’agrément. On y trouve aussi des parties anciennes de la ville qui remontent parfois au XIIe siècle. La «ville nouvelle» représente un des plus grands et plus ambitieux projets urbains du XXe siècle en Afrique, probablement le plus complet. Les parties anciennes abritent la mosquée Hassan (début de la construction en 1184) ainsi que les remparts et portes almohades, seuls vestiges subsistant d’un grand projet de ville capitale du califat almohade. On y trouve aussi des vestiges de la principauté morisque, ou andalouse, du XVIIe siècle”.

Après un déjeuner à la Marina à Salé, direction la Tour Hassan, un minaret historique jamais terminé. Le guide Hicham Echerfaoui était là pour nous parler de l’historique de cet édifice remarquable, le plus renommé à Rabat. “Cet édifice devrait être non seulement la plus grande mosquée mais aussi le plus grand monument religieux du monde au XIIe siècle. Les travaux de construction de cette mosquée ont commencé en 1196 sous l’initiative du Sultan Almohade Abu Yusuf Yaqub al-Mansur entre 1184 et 1199, petit-fils d’Abd al-Mumin, fondateur de la ville impériale de Rabat en 1150. Le Sultan al-Mansur voulait faire de Rabat la capitale de son emprise qui, au XIIe siècle”, rappelle le guide.

Selon nos informations, “à l’origine le minaret était bâti pour accueillir jusqu’à 40 000 personnes. Son style est un chef-d’œuvre de l’art marocain traditionnel”.

La Tour Hassan est construite avec une pierre de couleur rouge dans le style caractéristique des palais et édifices religieux du Maroc. Elle mesure 16 m 20 de côté et 44 m de hauteur. Sa ressemblance avec la Koutoubia de Marrakech, et la Giralda de Séville est frappante, ce qui donne à penser que sa hauteur devrait être d’à peu près le double pour respecter les dimensions en vigueur par les architectes almohades. Les murs ont 2,5 m d’épaisseur.

“La Tour Hassan a été revalorisée car elle a été choisie pour édifier le Mausolée Mohammed V. Rabat a donc retrouvé toute sa fierté, et la Tour est devenue la représentation symbolique de Rabat. Le Mausolée a été construit aux pieds de la Tour Hassan, et reposent à cet endroit, le Roi Mohammed V, son fils Hassan II et son fils Moulay Abdellah. Ce choix fut très important pour les Marocains, et l’attachement qu’ils portent à ce monument est hautement emblématique”, précise le guide.

Notons qu’à Rabat, il existe une autre Tour Hassan, mais elle n’a rien à voir avec le monument historique. C’est un hôtel de luxe qui se trouve près du minaret. Il a été construit en 1914. Et d’autres sites ont été visités à Rabat. Pour la petite histoire, Rabat a été désigné Capitale de la culture africaine en 2022.

Patrimoine mondial de l’Unesco

Lundi 7 novembre, cap sur Meknès, une ville située au nord-est du Maroc. Fondée en 711 par la tribu des Meknassa dont est issu son nom, Meknès est à 130 km de Rabat. Elle est fait partie des quatre villes impériales et la troisième plus grande ville du Maroc avec une population de plus de 700 000 habitants. Et l’activité principale, c’est bien l’agriculture, l’artisanat, l’élevage, le commerce…

Là, nous avons eu la chance de trouver un autre guide, âgé de 73 ans aujourd’hui. Malgré le poids des ans, Abdelkader Maalal dispose encore de l’énergie pour pratiquer ce métier très passionnant. “J’aime tout simplement ce métier parce que c’est une sorte de découverte. Et je suis très heureux de guider les touristes. C’est aussi une manière de découvrir beaucoup de choses puisque chaque jour je fais la connaissance d’autres personnes”, nous dit-il, ajoutant que Meknès est la ville fortifiée du Maroc. Sa Médina et les vestiges du palais royal ont valu à Meknès d’être classée au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Le club de golf royal, le Mausolée Moulay Ismaël et une ville dans la ville de Meknès ont été les temps forts de notre séjour.

S’agissant du Mausolée de Moulay Ismaël, il fut construit en 1703. La porte d’entrée est très ouvragée et surmontée de tuiles vertes. Et la tombe en marbre blanc de Moulay Ismaël se trouve dans la dernière salle avec celles de son fils et successeur Moulay Ahmed Al-Dahabi et du sultan Moulay Abderrahman ibn Hicham.

Situé à quelques kilomètres de Meknès, le site archéologique de Volubilis a été aussi visité de long en large. Elle fut la capitale de la Maurétanie, fondée aux IIe siècle avant J.-C. Elle fut aussi un avant-poste important de l’Empire romain et a été ornée de nombreux beaux monuments. Avec notre guide Ali Zaimi, âgé de 69 ans, nous avons été édifiés par l’historique de ce site, devenu aujourd’hui un lieu à visiter par les touristes.

“Volubilis renferme les vestiges essentiellement romains d’un municipe fortifié bâti sur une superficie imposant au pied du Djebel Zerhoun. Sa superficie atteint 42 hectares. Elle est d’une importance exceptionnelle en ce qu’elle montre le développement urbain et la romanisation aux frontières de l’Empire romain et l’illustration graphique de l’interface entre les cultures romaine et indigène. Du fait de son isolement et qu’elle n’ait pas été occupée pendant près de 1000 ans, Volubilis présente un niveau important d’authenticité. C’est l’un des sites les plus riches de cette période en Afrique du Nord, non seulement pour ses vestiges mais aussi pour la grande richesse de ses données épigraphiques”, souligne le guide.

Notons que le périmètre du site est matérialisé par le rempart romain construit en 168-169 de notre ère. Il est chargé d’histoire, d’événements, d’idées, de croyances et d’œuvres artistiques d’une signification universelle.

En tout cas, ce site archéologique est un exemple exceptionnel d’une ville témoignant d’un échange d’influences depuis la Haute Antiquité jusqu’à l’arrivée de l’islam. L’abandon de cette ville depuis des siècles a surtout assuré à ses ruines d’excellentes conditions de conservation. “La ville de Moulay Idriss Zerhoun, toute proche du site, abrite le tombeau de ce fondateur qui fait l’objet d’un pèlerinage annuel”, indique le guide Ali Zaimi. Le site de Volubilis est ouvert aux touristes du matin jusqu’au petit soir.

Savoir et belles medersas

Mardi 8 novembre, destination Fès, première ville impériale du Maroc. Capitale de la culture traditionnelle du Royaume, Fès est le berceau du savoir avec ses superbes medersas. C’est pourquoi, cette ville (aussi) est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.

Nous avons pu découvrir la poterie et la maroquinerie de Fès. Regroupée au sein d’une coopérative dénommée “Coopérative des potiers”, nous avons assisté à toutes les étapes de la fabrication des poteries, tables, vaisselles, fontaines… Avant de découvrir la maroquinerie ou le génie marocain. Il s’agit de la tannerie de Chouara.

“Les tanneries de Fès se composent de nombreux vases en pierre remplis avec une vaste gamme de teintures et de liquides divers répandus comme une grande palette d’aquarelles. Des dizaines d’hommes, dont beaucoup sont debout jusqu’à la taille dans les colorants, travaillent sous le soleil brûlant. Les tanneries traitent les peaux de vaches, de moutons, de chèvres et de chameaux, les transformant en articles, en cuir de haute qualité tels que des sacs, manteaux, chaussures et souliers. Tout cela est réalisé à la main, sans nécessiter l’utilisation de machines modernes, et le processus n’a que très peu changé depuis l’époque médiévale, ce qui rend ces tanneries absolument fascinantes à visiter”, explique l’un des responsables de la Coopérative Chouara.

Il précise : “Le cuir marocain et plus particulièrement fassi est réputé depuis des siècles à travers le monde. Une fois que le cuir est teint, il est mis à sécher au soleil. Le cuir fini est ensuite vendu à d’autres artisans qui fabriquent les célèbres chaussons marocains, connues sous le nom de babouches, ainsi que des portefeuilles, des sacs à main et autres accessoires en cuir. Beaucoup de ces produits se frayent un chemin dans les marchés européens”.

Après la tannerie de la Coopérative Chouara, place à la medersa Attarine, construite entre 1323 et 1325 sous les ordres du sultan Abu Saïd. Elle est la plus belle de Fès. Et elle était l’une des principales écoles de religion coranique dans laquelle les étudiants pouvaient résider pendant leurs études, selon le guide Abdelkader Maalal.

7è meilleure ville à visiter au monde

Après Fès, direction la Cité ocre ou Marrakech, mercredi 9 novembre. Après une journée de parcours du combattant entre Fès et Marrakech distant de plus de 500 kilomètres, c’est aux environs de 21 h que nous arrivons finalement à Marrakech. Malgré la fatigue du voyage (nous avons quitté Fès vers 8 h 30 du matin), nous avons pu nous détendre un peu au restaurant Lotus Club à travers de beaux spectacles avec des danses continentales. Là-bas, même la musique de la diva Oumou Sangaré est jouée. Le Lotus Club offre à ses convives une cuisine marocaine innovante et variée à saveurs raffinées.

Le lendemain au petit soir, une promenade vers la place Jemaâ El-fna, qui est un point de rencontre pour les habitants de la ville mais également pour les touristes. Elle est située à l’entrée de la Médina, la place Jemaâ El-fna triangulaire entourée de restaurants, d’échoppes et de bâtiments publics est le théâtre quotidien d’activités commerciales et de divertissements.

La place Jemaa El-Fna est l’un des principaux espaces culturels de Marrakech. Devenue l’un des symboles de la ville depuis sa fondation au XIe siècle, elle offre une concentration exceptionnelle de traditions culturelles populaires marocaines qui s’expriment à travers la musique, la religion et diverses expressions artistiques.

Marrakech est la 7è meilleure ville à visiter au monde dans le classement 2022 des meilleures villes à visiter et où vivre du magazine “Time Out”. En tout cas, elle confirme sa place de destination touristique de premier ordre au Maroc. Cette ville continue de reprendre des couleurs comme destination touristique de choix au Maroc. Des dizaines de milliers de touristes arrivent chaque jour à Marrakech.Et pour boucler notre périple, nous avons visité la Mosquée Hassan II à Casablanca, un chef d’œuvre architectural avant de prendre congé du Maroc.

El Hadj A.B. HAIDARA, envoyé spécial au Maroc  

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