Abdoul Aziz Diallo à propos de l’attaque du 20 novembre : «Aux hommes politiques de ne pas politiser l’attentat terroriste»

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  1. Abdoul Aziz Diallo est le premier Ministre du gouvernement de l’ombre ou le Réseau d’appui pour une meilleure gouvernance au Mali (RAMGMA), une organisation de la société civile. Nous l’avons approché après l’attaque du 20 novembre dernier. Pour M. Diallo, c’est la société civile malienne qui ne joue pas pleinement son rôle dans la lutte contre l’insécurité. Interview.

La sentinelle : Quelle est l’impression du Gouvernement de l’ombre après l’attaque terroriste  du 20 novembre à Bamako ?

Abdoul Aziz Diallo : Tout d’abord, nous tenons à présenter nos condoléances aux familles des disparus et souhaiter prompt rétablissement aux blessés de cette attaque barbare que nous condamnons fermement. C’est également l’occasion pour nous de remercier le président de la république qui est le chef suprême des Armées pour le travail digne qui a été abattu par nos forces de sécurité, sans oublier les forces étrangères qui nous ont aidés. A travers cet exploit, les forces de sécurité maliennes méritent d’être félicitées et encouragées  au regard de ces  nombreuses vies humaines sauvées. On peut désormais dire que le moral de notre Armée est au top et en termes d’équipements, nous constatons un  grand changement.

Notre pays, comme tous les autres du monde traverse un moment crucial de leurs histoires. Cette attaque nous montre qu’il n’existe jamais une sécurité totale et qu’aucun pays du monde n’est épargné. Les terroristes sont des hommes barbares qui n’ont aucune pitié et qui agissent en leur nom propre et non au nom de la religion. Actuellement, c’est l’étape malienne et on ne sait jamais où ils vont frapper demain. Raison pour laquelle nous demandons au pays du monde entier de se donner la main afin que nous puissions bouter ces terroristes hors de nos frontières.

Dans le domaine de la sécurité au Mali, pensez-vous qu’il y a négligence quelque part ?

Évidemment, au Mali c’est la société civile qui ne joue pas son rôle dans la lutte contre l’insécurité. Elle a un rôle de veille citoyenne en acceptant de dénoncer les suspects aux autorités compétentes. Si nous voulons réellement mettre fin à l’insécurité, il est temps que la société civile accepte de se mettre au travail en aidant activement les forces de sécurité en termes d’information. La société civile ne doit plus attendre l’Etat pour apporter sa pierre. Elle doit organiser des campagnes de sensibilisation sur la question. Je vous assure,  si la société civile accepte de jouer réellement son rôle nous pouvons diminuer cette insécurité. L’Etat seul ne peut pas faire ce combat quelque soit le niveau d’équipements des forces de sécurité.

Parlant des campagnes de sensibilisation, qu’en est-il de la caravane nationale que votre regroupement a récemment lancée  sur l’insécurité ?

Cette caravane est toujours en cours, après l’étape bamakoise qui s’est déroulée le samedi 14 novembre 2015, nous allons très prochainement continuer cette caravane à l’intérieur du pays. Mais, dois-je le préciser,  cette caravane n’a rien à voir avec cette attaque. Nous l’avons initiée contre l’insécurité en général car notre pays en a besoin.  Et nous invitons tout le monde, notamment nos paires de la société civile, à s’unir au tour d’une sensibilisation nationale sur l’insécurité. Le Mali nous appartient tous et nous ne devons jamais  accepter que des individus qui n’ont aucun respect pour eux mêmes viennent nous causer des ennuis. Il est temps que nous acceptons la réalité selon laquelle le terrorisme existe et qu’il faille l’affronter. On fui pas un problème. On cherche à résoudre.

Et pourtant la menace était réelle dans ces derniers jours. La culpabilité n’est-elle pas ailleurs, loin de la société la civile comme vous le suggérez ?

Concernant la menace terroriste, on doit reconnaitre que  l’Etat a toujours  pris des précautions et nos forces de sécurité semblent avoir déjoué plusieurs coups avant celle-ci, même si on nous ne le dit pas parfois. Il faut le dire, un jihadiste est imprévisible. On ne l’aura jamais là où l’on attend. Ce sont toutes ces raisons qui doivent nous pousser à aider nos forces de sécurité en termes d’information. Même si on a le moyen scientifique le plus sophistiqué, si l’information manque,  il n’est pas du tout facile de  combattre ces terroristes. Le cas de la France en est un exemple. En somme,  L’Etat fait de son mieux. Quant à nous, société civile, essayons de l’accompagner.

Un dernier mot à l’endroit des autorités et de la population malienne ?

Toute la population doit se donner la main pour que nous puissions résoudre ce problème qui risque de nous rendre la vie difficile. Opposition et majorité présidentielle doivent s’unir pour la première fois autour de l’idéal. Nous leur disons que la recréation est finie. On doit désormais étudier à fond  la question du terrorisme. C’est le moment de prouver son amour envers la patrie. La société civile quant à elle, doit se réveiller. Aux hommes politiques de ne pas politiser cette affaire comme, déjà, l’on a vocation à le faire.

Et nous, cette génération qui a coïncidé avec l’ère du terrorisme au Mali,  ne devons  pas  paniquer. C’est aussi l’occasion pour nous d’inviter nos amis partenaires de venir investir dans notre pays car il n’existe nulle part où la sécurité totale est garantie. Nous remercions le ministre de la sécurité pour sa façon de communiquer sur l’attaque mais nous lui demandons de chercher les vraies stratégies car il a du pain sur la planche.

Réalisée par Djibi Karim

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5 COMMENTAIRES

  1. Pour toute question des mal éduqués s’attaquent aux citoyens qu’ils soient de l’opposition comme de la majorité . Faisons attention , l’heure est à l’unisson . S’attaquer à X ou à Y ne règle rien dans ce contexte de crise sans précèdent. Que le bon Dieu fait payer chacun de ses intentions .

  2. Les voyous en politique se trouvent dans l’opposition malienne. C’est eux qui veulent malheureusement profiter du malheur pour vouloir se faire une santé populaire. C’est dommage parce que ces gens traînent les maliens inconscient dans leur merde. 😥 😥 😥 😥 😥 😥 😥

  3. «Aux hommes politiques de ne pas politiser l’attentat terroriste»

    A TIEBILE DRAME et à SOUMAILA CISSE de ne pas politiser l’attentat terroriste, nuance Monsieur

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