M’bany Sangaré, directeur général du conseil guinéen des chargeurs : « Ne délaissez pas Conakry pour d’autres ports où vous souffrez »

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Le Conseil malien des chargeurs (CMC) conduit par son président Babalaye Daou, a bouclé le vendredi dernier, une mission d’exploration de 5 jours au port autonome de Conakry. Le directeur général du Conseil guinéen des chargeurs (CGC), M’Bany Sangaré, le principal acteur de cette mission, livre ses impressions dans cette interview.

 

Mali Tribune : Quel sentiment vous anime en recevant chez vous la délégation du Conseil malien des chargeurs (CMC), en votre qualité de directeur général du Conseil guinéen des chargeurs (CGC) ?

M’Bany Sangaré : J’ai un sentiment de révolte en ce sens que le Mali, c’est notre pays, le Mali et la Guinée sont deux pays indissociables. Je ne peux pas comprendre que Conakry à moins mille kilomètres de Bamako, les Maliens continuent de souffrir par d’autres ports étrangers. Nous avons la capacité de leur fournir mieux, de leur donner mieux. C’est tout cela qui m’a révolté. J’ai effectué deux missions successives à Bamako au Mali, à la suite desquelles nous avons convenu ensemble de venir visiter le port de Conakry. La Guinée d’hier et celle d’aujourd’hui font deux. C’est ce qui est à l’origine de cette invitation de nos frères à venir chez eux.

 

Mali Tribune : Les opérateurs économiques maliens à travers le Conseil malien des chargeurs vous font désormais la cour et souhaitent s’orienter vers le port autonome de Conakry. Il y a des doléances, des préalables. Etes-vous prêts à satisfaire à ces doléances ?

M. S. : Le ministre d’Etat, ministre des Transports aussi bien que la directrice générale du port autonome de Conakry ont affirmé ce matin (Ndlr : le mardi 12 novembre) au cours de la rencontre avec nos hôtes qu’Alport, la compagnie turque qui a repris la gestion du port de Conakry, que celle-ci est en train d’entreprendre d’importants travaux. Il s’agit de la modernisation, l’extension, l’exploitation du port de Conakry. Ils ont par ailleurs confirmé qu’un quai spécial sera réservé au Mali en plus de la reconstruction par le gouvernement de la route en autoroute pour réduire de 200 km la distance Conakry-Bamako. Conakry sera en ce moment davantage le plus proche port de Bamako qui se trouve à moins de 900 km va être ramené à 700 km. Cela en dit long sur nos relations. Je ne suis pas une autorité, je suis un chargeur. Ces promesses sont venues de ceux-là qui sont habilités à le faire. C’est le signe que le Mali est dans le cœur des Guinéens. C’est déjà une réussite de cette mission et même des attentes de mes homologues chargeurs maliens dont chacun d’eux constitue une autorité à part.

 

Mali Tribune : Selon vous, quel rôle jouent les opérateurs économiques maliens dans les activités portuaires guinéennes ?

M. S. : Les opérateurs économiques maliens jouent un très grand rôle pour nous. Cela dans le cadre de la complémentarité. Nous défendons leurs intérêts ici, et ils en font de même pour nous au Mali. Les importantes cargaisons de frets maliens passent ici sous notre contrôle.

 

Mali Tribune : Vous-vous attendez à de belles perspectives à l’issue de cette mission d’envergure ?

M. S. : A partir du moment où il y a des engagements forts de part et d’autre d’aller de l’avant, l’espoir est permis.

Propos recueillis par

Abdrahamane Dicko

(depuis Conakry)

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1 commentaire

  1. ” … J’ai un sentiment de révolte en ce sens que le Mali, c’est notre pays, le Mali et la Guinée sont deux pays indissociables. Je ne peux pas comprendre que Conakry à moins mille kilomètres de Bamako, les Maliens continuent de souffrir par d’autres ports étrangers…
    … C’est tout cela qui m’a révolté. J’ai effectué deux missions successives à Bamako au Mali, à la suite desquelles nous avons convenu ensemble de venir visiter le port de Conakry. La Guinée d’hier et celle d’aujourd’hui font deux… ” … /// …

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    La Guinée d’hier et celle d’aujourd’hui font deux… Peut-être, mais ça bouge pas, ni en Guinée ni au Mali… !
    Vous Guinéens et Maliens…, votre projet de Ligne de Chemin de Fer Conakry-Bamako n’avance pas. Les Autorités des deux pays n’en parlent même plus, elles ont d’autres préoccupations, les pauvres… Ils initient des projets dont les difficultés de réalisation ne sont pas que financières. Il faut aussi que l’ancien colonisateur soit d’accord. Il y a encore du chemin à faire… !

    Vivement le Mali pour nous tous.

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