Au Mali, le djihadiste Amadou Koufa pose trois conditions pour négocier avec le pouvoir

25 Juil 2017 - 13:03
Mis à jour: 9 ans
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Au Mali, le djihadiste Amadou Koufa pose trois conditions pour négocier avec le pouvoir
Amadou Koufa

Le fondateur du Front de libération du Macina demande notamment le départ de la force française « Barkhane » et de la mission de l’ONU.

Fin mai, deux émissaires d’Amadou Koufa, le fondateur du Front de libération du Macina (FLM), un mouvement djihadiste malien, se sont rendus à Bamako pour apporter un message au professeur Alioune Nouhoum Diallo, ancien président de l’Assemblée nationale et, surtout, figure emblématique de la communauté peule. « Amadou Koufa les avait chargés de dire au professeur qu’ils ont tous deux en commun de détester le mensonge et les menteurs. Et qu’ils peuvent donc discuter », raconte au Monde Afrique un témoin direct de ces tractations, de passage à Paris. Selon lui, Amadou Koufa, prédicateur peul actif dans la région de Mopti et figure de proue d’un mouvement qui a revendiqué depuis 2015 nombre d’attaques mortelles et d’attentats dans la zone, pose comme première condition à toute négociation avec le pouvoir le départ de l’opération « Barkhane ». Lancée en août 2014, la force française a notamment pour mission de lutter contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne qui s’étend de la Mauritanie au Tchad en passant par le Mali, le Burkina Faso et le Niger. « Amadou Koufa estime que tant que “Barkhane” sera au Mali, le président Ibrahim Boubacar Keïta ne pourra jamais appliquer les engagements qu’il prendra », détaille un bras droit d’Alioune Nouhoum Diallo. Deuxième condition posée par le fondateur du FLM : le départ, également, de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma). « Ce n’est pas surprenant, il a toujours réclamé le départ de toutes les forces étrangères, y compris les casques bleus. Il veut que les Maliens discutent entre eux sans intermédiaires ni témoins », détaille notre source. « Sans intermédiaires ni témoins » Enfin, troisième préalable à toute négociation : dans la première phase des pourparlers avec Bamako, Amadou Koufa exige d’avoir comme interlocuteur le professeur Alioune Nouhoum Diallo. Ce dernier a présidé, les 2 et 3 mai à Mopti, des assises destinées à contribuer au retour à la paix dans le centre du Mali. En présence d’environ 180 participants, il a veillé à ce que des personnes se réclamant ouvertement d’Amadou Koufa s’expriment librement. « C’est au moment de ces assises que l’amorce des négociations s’est produite. Il y avait clairement des lieutenants d’Amadou Koufa dans l’assistance. Ils sont allés, sans doute, lui rapporter les propos du professeur Nouhoum Diallo, qui disait que si Koufa aime la vérité et déteste le mensonge, il doit se rapprocher de lui », analyse un participant à la rencontre de Mopti. Le chef djihadiste se cacherait dans le centre du Mali, probablement dans la forêt du Wagadou, distante de 70 km de la frontière mauritanienne et difficile d’accès. En dépit des moyens engagés par les forces armées maliennes et l’opération « Barkhane », ce fidèle lieutenant d’Iyad Ag-Ghali, le leader d’Ansar Dine avec qui il a créé le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GISM), continue de se déplacer dans les villages du Macina, où il est plutôt perçu comme un défenseur des droits des Peuls. Selon une source digne de foi, c’est Amadou Koufa qui a organisé cette année dans le Macina la traversée du fleuve Niger par des éleveurs peuls qui se rendaient en transhumance. « Il n’y avait ni administration ni forces de sécurité maliennes. C’est Amadou Koufa qui a supervisé le passage des animaux en trois endroits du fleuve Niger. Et tout s’est très bien passé », raconte, mi-surprise mi-amusée, une figure respectée de la communauté peule. Position floue du gouvernement Sur le principe des discussions directes avec les groupes djihadistes, la position du pouvoir malien reste floue. La plupart des participants à la Conférence d’entente nationale qui s’est tenue en mars à Bamako avaient cru comprendre que le gouvernement était ouvert à la négociation. Mais quelques jours après, Ibrahim Boubacar Keïta avait balayé d’un revers de la main toute possibilité de discuter avec « les terroristes ». « Actuellement, nous ne sommes pas en capacité matérielle de vaincre par la force ces groupes djihadistes. Le principe de réalité voudrait que nous discutions avec Iyad Ag-Ghali et tous les autres djihadistes, à la seule condition qu’ils soient maliens », a expliqué au Monde Afrique Tiébilé Dramé, président du Parti pour la renaissance nationale (Parena). Plusieurs personnalités, parmi lesquelles Mahmoud Dicko, le président du Haut Conseil islamique malien, plaident ouvertement pour des négociations avec Iyad Ag-Ghali, Amadou Koufa et les autres. Pour l’heure, le président Keïta et son gouvernement hésitent à franchir le pas. Ils craignent sans doute de se placer dans une position inconfortable vis-à-vis de la communauté internationale, en particulier de la France. Par Seidik Abba (chroniqueur Le Monde Afrique) LE MONDE Le 25.07.2017 à 12h20

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Commentaires (19)

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Kinguiranke
Kinguiranke 9 ans
@Civicus-Mali tu veux dire que nous allons vers le Rwanda et le Burundi ou les Hutu et les Tutsi se sont tues en centaine de milliers, je pensais que le Malien est plus intelligent que ca ne pas pouvoir apprendre du genocide Rwandais. Koufa, ALi Diallo et leur Ahmadou Sekou peuvent aller au diable nous sommes au 21eme siecle et dans une Republique, pas un royaue ou un empire.
Gamou
Gamou 9 ans
Faux et archi faux Kouffa n'a jamais transmis de message à Aly Diallo J'étais en contact avec kouffa le vendredi il y a 4 jours. C'est du pure montage Et kouffa est en Mauritanie a 15 km de Fassala . Appelez Alpha Nouhoun au 0022248685914 il vous dira la vérité. Kouffa est incapable d' exiger quoi que ce soit dans son état actuel
LE ROI BITON DE SEGOU
LE ROI BITON DE SEGOU 9 ans
Qu'est-ce qu'Amadou Koufa veut que notre faso negocie avec lui? N'a-t-il pas vu la destabilisation qu'il a cree'e dans sa proper region? Les actions de son movement ont fait des centaines de morts, cree' des milliers d'orphelins et de veuves et ridiculise' notre faso. Amadou Kouffa et Iyad ont porte' atteinte a' la paix et a' la securite' du Mali. Ils ont cree' des tensions entre des ethnies qui ont tisse' des relations multidimensionnelle et millenaires ancre'es dans l'histoire et la geographie. Le malien et digne et fier. L'ethnocentrisme etait un phenomene tres rare au Mali. Dans chaque famille malienne nous pouvons constater des origines ethniques diverses. Le sang qui coule dans les veines maliennes, vient d'un mélange de sang de plusieurs ethnies. Quand je regarde l'exemple de ma proper famille, je constate que je suis fils d'un Bamananke', d'une Marakamouso et petit fils d'une Camara, d'une diarra, d'une Sow et d'une Dicko. Mon grand pere etait polygame et avait des epouses qui venaient des ethnies differentes. C'EST NOTRE HUMANITE' QUE NOUS AVONS EN COMMUN QUI DOIT GUIDER NOS ACTIONS. L'ethnocentrisme n'a aucune place parmi nous! NOUS SOMMES UNE MEME FAMILLE. L'Algerie ne veut pas de la presence des forces francaises au Mali. L'ALGERIE DEFEND SES INTERETS. C'EST AUX MALIENNES ET AUX MALIENS DE DEFENDRE LES INTERETS DU MALI. KOUFA ET IYAD NE DEVAIENT JAMAIS ACCEPTER D'ETRE UTILISE'S CONTRE LEUR PROPRE PAYS! CE SONT LA PAIX ET LA SECURITE' QUI NOUS INTERESSENT! LES FORCES FRANCAISES ET ONUSIENNES SONT DES INVITE'ES DE NOTRE FASO. ELLES NOUS AIDENT A' STABILISER LE MALI ET ASSURER SA SECURITE'. Le fait de demander leur depart consiste a' jouer le jeu de l'ennemi qui veut un Mali completement desarme' et sans defense pour nous faire retourner a' la situation catastrophique qui existait avant l'operation Serval. CETTE CONDITION EST INACCEPTABLE. Nous avons toujours encourage' les discussions Malo-Maliennes pour resoudre les problemes de notre faso. Si vous voyez que les autres se sont implique's dans les affaires internes du Mali, c'est parce que les consequences de la destabilisation du Mali pouvaient s'etendre aux autres pays de la region. ON NE CREE PAS L'ARNARCHIE DANS UN PAYS VASTE QUI COMPTE PLUS DE 16 MILLIONS DE PERSONNES!!!Il faut egalement ajouter qu'il y a une dimension international a' la crise. Je dis a' Koufa que si les choses redeviennent normales et la paix regne au Mali, il n'entendra pas parler des pays etrangers. Si professeur Aly Nouhoum Diallo est le choix de Koufa pour revenir a' la raison, j'encouragerais le prof de le rencontrer pour lui parler des consequences nefastes de ses actions afin de le convaincre de cesser d'affaiblir et detruire notre faso. Aly Nouhoum Diallo est un homme credible a' qui je fais confiance. Je me resume en disant que nous n'avons rien a' negocier avec Koufa mais nous acceptons la main fraternelle qui est tendue pour enterer la hache de guerre. Le coran dit: "...VA SBIROU INA LLAH MA'A SABIRINE." Il dit egalement: "...INA LLAH GHAVOUR WA RAHIM." Le Mali vaincra Inchallah!!!!
Ngolo
Ngolo 9 ans
Que Koufa et Iyad soient de bonne foi, admettons. Remercier Barkhane et la Minusma équivaudrait à faire du Mali un "no man's land". A l'heure actuelle, c'est sacrifier ce qui reste de cohésion, d'unité, d'existence en un mot pour le Mali. S'ils tiennent au Mali, il n'y a que l'état qui doit rester leur interlocuteur à mon avis. Je sais tout de même que Iyad est capable de choses surréalistes. Puisqu'il a conquis tout le nord en moins de 72 heures, chassant Mnla, Mujao et d'autres groupes armées et cela à un moment crucial de la crise. Il n'est donc pas à sous estimer dans la paix au nord Mali.
fffff
fffff 9 ans
Ce Bâtard Kouffa ou Kougeule apprend la religion à qui ? Pour quoi il réclame le départ des forces étrangères? Tant qu'on a pas mis les balles dans sa gueule, il n'ira nulle part.
Civicus-Mali
Civicus-Mali 9 ans
Malheureusenent Koufa est sur les traces de Ahmadou Ahmadou ou Sekou Ahmadou qui n'est pas inconnu dans l'histoire du Mali du temps des royaumes de la période médievale. Le problème sécuritaire qui secoue actuellement le Mali est sur la voie du tribalisme.
Kinguiranke
Kinguiranke 9 ans
Tu veux dire que nous allons vers le Rwanda et le Burundi ou les Hutu et les Tutsi se sont tues en centaine de milliers, je pensais que le Malien est plus intelligent que ca ne pas pouvoir apprendre du genocide Rwandais. Koufa et son Ahmadou Sekou peuvent aller au diable nous sommes au 21eme siecle et dans une Republique, pas un royaue ou un empire.
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