Un ex-ambassadeur français au Mali éclaire les propos de Salif Keita sans les excuser

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Après les accusations contre la France de la star malienne de réputation mondiale Salif Keita et la réponse de l’ambassade au Mali, Sputnik France a demandé à Nicolas Normand, ex-ambassadeur au Mali et auteur du «Grand livre de l’Afrique», le pourquoi de ce désamour pour la France qui était, pourtant, intervenue militairement en 2013.

Avec plus de 500.000  vues à ce jour, la vidéo de quatre minutes diffusée le 14 novembre dernier sur Facebook Live (en direct) par l’artiste malien de réputation mondiale Salif Keita est en train de devenir virale au Mali et ailleurs. S’adressant en bambara (la langue locale) au Président malien Ibrahim Boubakar Keïta (IBK), le chanteur lui demande de ne plus obéir à son homologue français Emmanuel Macron, tout en accusant la France de financer les djihadistes.

«Si tu as peur de dire la vérité à la France […], quitte le pouvoir. Celui qui n’a pas peur le prendra, tu passes ton temps à te soumettre à ce petit Emmanuel Macron, c’est un gamin. […] Tu n’es pas au courant que c’est la France qui finance nos ennemis contre nos enfants», a déclaré Salif Keita dans son message filmé.

Réponse du berger à la bergère, dès le lendemain, l’ambassade de France au Mali réagissait dans un communiqué publié sur sa page Facebook et supprimé depuis, dénonçant «avec la plus grande fermeté» des propos au caractère «infondé, diffamatoire et outrancier».

«De tels discours font le jeu de ceux qui cherchent à semer la discorde et entretenir le chaos. Ils sont également une offense à la mémoire des civils et militaires, maliens, français et internationaux, victimes de la barbarie terroriste au Mali», précise ce communiqué.

Fallait-il répondre de cette façon? Pour Nicolas Normand, ambassadeur de France au Mali de 2002 à 2006, même si les accusations de la star malienne reposent sur des rumeurs infondées, elles témoignent en tout cas d’un ras-le-bol – réel – face à une situation sécuritaire qui ne cesse de se dégrader depuis l’intervention de l’armée française en janvier 2013. En effet, loin de reculer, les attaques djihadistes ont fait des dizaines de morts dans les rangs de l’armée malienne, notamment au nord tandis que des violences intracommunautaires, depuis le début de l’année, terrorisent les villageois du centre du Mali quand elles ne les tuent pas. Résultat: une grande partie du territoire malien n’est plus sous contrôle.

Nicolas Normand
© PHOTO. NICOLAS NORMAND
Nicolas Normand, ancien ambassadeur de France à Bamako et auteur d’un ouvrage paru en janvier 2019 «Le grand livre de l’Afrique – Chaos ou émergence au sud du Sahara?» .

Dans un entretien exclusif à Sputnik France, ce normalien, ingénieur agronome et énarque, ancien diplomate et ambassadeur de France pendant près de 15 ans en Afrique du Sud, au Mali, au Congo, au Sénégal et en Gambie, explique pourquoi il pense, lui aussi, que les forces de la Mission de maintien de la paix des Nations unies (Minusma) et du dispositif militaire français Barkhane doivent partir du Mali. Aujourd’hui conférencier et auteur, cet ancien directeur adjoint de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) continue de séjourner régulièrement au Mali. Pour lui, il est grand temps de changer de paradigme au Mali avec une aide lui permettant de refaire marcher ses institutions y compris et, surtout, son armée qui doit, désormais, combattre en première ligne.

Sputnik France: Que pensez-vous des déclarations de Salif Keita quand il accuse  la France d’être responsable du maintien de la guerre au Mali?

Nicolas Normand: «Salif Keita est un grand artiste, mais ce n’est pas un homme politique. Disons qu’il s’est un peu enflammé… Ses propos font écho à des rumeurs qui circulent depuis un certain temps à Bamako. Et je les comprends, même si je ne les excuse pas, parce qu’ils expriment un sentiment de malaise largement répandu aujourd’hui au Mali. Il n’a pas complètement tort quand il affirme que c’est la France qui a rajouté du désordre au désordre existant au Mali. En 2013, l’opération Serval a constitué un péché originel qui ne nous a toujours pas été pardonné par les Maliens. En appuyant les séparatistes du MNLA et en libérant la ville de Kidal, donnée ensuite à ces séparatistes, l’intervention française a empêché l’armée malienne de libérer la totalité du territoire national.

C’est d’autant plus grave qu’aujourd’hui, la ville de Kidal est dirigée par le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), un groupe armé signataire de l’accord de paix de 2015 à la tête duquel on trouve Alghabass Ag Intalla. Il est le fils de l’ancien amenokal (chef traditionnel chez les Touarègues) de la puissante tribu des Ifoghas, mais surtout il est l’ancien numéro deux du groupe Ansar Dine d’Iyad Ag Ghali, aujourd’hui à la tête du Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), la plus haute instance du groupe djihadiste Al Quaïda* au Maghreb islamique (AQMI).  L’autre grand groupe présent, c’est l’État islamique* au Sahel. Or, Alghabass Ag Intalla, après avoir été au MNLA puis avoir rejoint le groupe djihadiste Ansardine, continuerait d’avoir des liens étroits avec le GSIM d’Iyad Ag Ghali qui, d’une certaine façon, dirige la ville. En tout cas, des éléments du HCUA ont été impliqués dans le terrorisme. Face à cette situation, les Maliens, non sans raison, se demandent à quoi joue la France à Kidal. La ville est devenue de facto une enclave indépendante qui reste sans doute sous l’influence de l’ancien homme fort de la rébellion touarègue à Kidal, Iyad Ag Ghali. Car beaucoup pensent que le HCUA n’est que la façade politique d’Ansardine.»

Sputnik France: Est-ce la raison pour laquelle les Maliens en veulent à la France?

Nicolas Normand: «Oui car pour les Maliens, il y a un jeu trouble de la France à Kidal dont ils ne comprennent ni les tenants ni les aboutissants. Pour ma part, je pense qu’il s’agit d’une erreur d’appréciation de la diplomatie française, dès le départ, dont elle n’est pas encore sortie. L’armée française, avec l’accord de l’Élysée, voulait soutenir le MNLA, qui est ouvertement séparatiste, au lieu de choisir le groupe du général el Hadj Ag Gamou (Touareg opposé à Iyad Ag Ghali et anti-séparatiste), par exemple. Si le but était de rechercher des alliances sur le terrain, ce dernier aurait tout aussi bien pu aider l’armée française. Pour moi, c’est une erreur de casting dont nous sommes encore en train de payer le prix.»

Sputnik France: Est-ce la seule erreur commise par la France au Mali?

Nicolas Normand: «Non, car la force Barkhane qui a pris, ensuite, la place du dispositif Serval n’a pas non plus eu les résultats escomptés. Au contraire, les attaques djihadistes se sont multipliées, et même étendues géographiquement jusqu’au Burkina Faso voisin. Ces résultats, très décevants aux yeux des populations qui en subissent directement les conséquences, ne sont guère surprenants. Barkhane n’était pas et n’est toujours pas en mesure, pour des raisons militaires et techniques, de venir à bout du phénomène djihadiste. D’où un enlisement qui est considéré par les Maliens comme un échec des forces françaises et, donc, de la France.

Se rajoute à cela une dimension fondamentale dont on ne tient pas suffisamment compte à Paris: en 2013, c’est l’armée française, c’est-à-dire l’armée de l’ancien colonisateur, qui a libéré le nord du Mali. Or, six ans plus tard, Barkhane est toujours là. Ceci est ressenti comme une humiliation permanente par les Maliens puisque, d’une certaine façon, la France a mis sous tutelle l’armée malienne. D’où les rumeurs complotistes qui sont du pain bénit pour les groupes djihadistes. Voir que la population rejette leur adversaire principal sur le terrain puisque la France est la seule à se battre en première ligne leur donne, bien sûr, un avantage psychologique auprès des Maliens.»

Sputnik France: Mais pourquoi les Maliens disent-ils que la France veut les piller?

Nicolas Normand: «Cela fait partie de la même incompréhension. Comme si l’armée française était venue pour exploiter les mines hypothétiques ou réelles du nord du Mali. C’est de l’ordre du fantasme car, bien évidemment, les militaires français ne sont pas des géologues. Mais ce qui est encore plus absurde, c’est de dire que l’armée française est complice des djihadistes touarègues ou qu’elle les armerait avec l’intention de créer le chaos au Mali afin d’affaiblir le pays et de laisser, ainsi, les puissances occidentales le piller.

Ce qui est sûr, c’est que compte tenu de la diversité ethnique qui prévaut au Mali, cette façon de privilégier un groupe sur un autre et de n’en désarmer aucun a fini par déclencher des réactions chez les autres communautés touarègues, ainsi que chez les Peuls et les Songhaïs, majoritaires au nord du Mali par rapport aux Touarègues. L’autre conséquence du désordre créé par la France, c’est que l’on assiste à une tribalisation des conflits armés au Mali et cela, bien sûr, est une pente extrêmement dangereuse.»

Sputnik France: Y a-t-il une protection de l’Algérie à l’égard d’Iyad Ag Ghali et, dans ce cas, comment cela aurait-il pu influencer la situation à Kidal?

Nicolas Normand: «Pas officiellement, en tout cas. On sait néanmoins que Iyad Ag Ghali a été proche des Algériens à une époque, mais quant à sa protection par les services secrets algériens, cela n’a jamais pu être prouvé. Des soupçons, tout au plus, mais aucune preuve…Même si, du fait de l’erreur d’appréciation de la France au départ, on a fini par récompenser les groupes armés du nord du Mali au lieu de les sanctionner. L’accord d’Alger a été une erreur magistrale puisqu’il n’a pas exigé des groupes armés qu’ils commencent par se désarmer avant d’entamer le processus politique. Au contraire, l’un des principaux buts de cet accord, c’est leur maintien jusqu’à leur réintégration dans les rangs de l’armée malienne. Or, et c’est là l’un des griefs majeurs des Maliens vis-à-vis de cet accord d’Alger – qui reste très impopulaire jusqu’à aujourd’hui parce que, d’une certaine façon, il a été imposé par la France –, il y a 63.000 nomades ex-combattants qui sont inscrits dans le processus de DDR prévu par cet accord, alors que l’armée malienne ne compte que 16.000 hommes! Quant à l’embauche de certains de ces ex-combattants dans l’administration malienne, elle est tout aussi problématique puisque la plupart d’entre eux sont analphabètes.»

Sputnik France: Au Forum de Dakar, cette semaine, les Présidents sénégalais et mauritaniens ont appelé à un renforcement du mandat de la Minusma pour essayer de sortir de l’impasse actuelle au Mali. Qu’en pensez-vous?

Nicolas Normand: «C’est une très mauvaise idée. Je peux vous assurer que les États-Unis et les autres membres permanents du Conseil de sécurité, y compris la France, seront les premiers à s’y opposer. Surtout si c’est pour donner à la Mission de maintien de la paix des Nations unies un mandat de lutte contre le terrorisme qui, de toute façon, serait complètement inefficace.

Il n’y a qu’un seul exemple sur la planète d’une force militaire offensive de Casques bleus. C’est la création, en mars 2013, de la Brigade d’intervention de la Monusco. Et personne ne voudra refaire la même chose au Mali. En effet, la Résolution 2098 du Conseil de sécurité avait donné comme mandat précis à cette brigade de neutraliser les groupes armés à l’est de la RDC. Certes, elle a réussi à vaincre le M23 grâce aux gros moyens déployés par l’Afrique du Sud et aux hélicoptères ukrainiens. Mais, depuis cinq ou six ans, elle s’avère particulièrement inefficace pour lutter contre les exactions et les attentats terroristes perpétrés par le groupe islamiste ADF. Aussi, cette brigade, qui est composée de 2.000 hommes sur les 20.000 que compte la Monusco, devrait-elle bientôt être dissoute et la Monusco retirée.»

Sputnik France: Alors, que faire si on ne peut pas avoir recours à la Minusma?

Nicolas Normand: «Il reste le G5 Sahel, mais je ne pense pas non plus que ce soit la solution idéale. Certes, ce concept était attractif pour les bailleurs de fonds, même si chaque bailleur pose ses propres conditions pour financer. Du coup, le G5 Sahel apparaît de plus en plus comme une usine à gaz. Mettre ensemble cinq armées – faibles – de cinq pays en développement, avec des financements extérieurs de surcroît, n’est pas la solution la plus simple. Et c’est peut-être pour cela, d’ailleurs, que ça ne marche pas!

Les Américains sont beaucoup plus pragmatiques en ayant systématiquement recours à une aide bilatérale pour tout ce qui touche aux questions de défense et de sécurité en Afrique. Toutefois, en l’occurrence, au Mali, la France est bien consciente que le statu quo avec la force Barkhane déployée en première ligne ne peut plus durer. La remplacer par le G5 Sahel n’étant pas non plus envisageable, il ne reste donc plus qu’à faire en sorte que les Maliens prennent eux-mêmes les choses en main afin d’assurer leur propre sécurité.»

Sputnik France: Concrètement, qu’est-ce que cela suppose de faire?

Nicolas Normand: «Eh bien de commencer par accepter de passer en seconde ligne, tout en appuyant  l’armée malienne, voire burkinabè le cas échéant, avec du matériel logistique, du renseignement, de la formation et surtout des équipements! Jusqu’à présent, la position française a toujours été de se substituer aux armées africaines. Cette défiance doit cesser et faire place à un changement d’approche sur le terrain. Car il est illusoire de penser que les militaires français peuvent gagner la bataille contre les djihadistes dans un pays aussi vaste que le Mali. C’est à l’armée malienne et à elle seule de faire le job!

Depuis 2013, l’armée française a considéré que puisque l’armée malienne avait été défaite par une bande de coupeurs de route, elle était incapable de combattre. Depuis, elle persiste dans cette erreur au lieu de tout faire pour remettre à niveau les forces armées maliennes. Ce qui aurait dû être fait dès le départ… C’est vrai que ce n’est pas facile de se mettre en deuxième ligne. Et les Américains ont aussi eu beaucoup de mal en Afghanistan. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Il est temps de faire confiance à l’armée malienne, d’arrêter de dire que ce sont tous des corrompus et de l’équiper de façon à ce qu’elle puisse combattre!»

Sputnik France: Est-ce que cette mise à niveau de l’armée malienne sera suffisante?

Nicolas Normand: «Bien sûr que non, car il faut aussi pouvoir traiter les racines du mal. Or, il n’y pas que les moyens militaires qui sont à privilégier dans la lutte contre le terrorisme. On doit aussi comprendre que ce problème prolifère en l’absence de l’État. Il faut donc, partout où c’est possible, rétablir des sous-préfets, des maires et des services publics de base. Il faut aussi que, sur le terrain, les fonctionnaires maliens sachent se faire apprécier de la population. Autrement, la population choisira les djihadistes puisqu’elle a besoin de toute manière d’ordre et de protection.

Il ne s’agit pas non plus de faire des projets de développement venant de l’extérieur dans le cadre du «DDD» (Defense, Diplomacy, Development), ni de coupler de nouveaux projets de développement avec des actions militaires comme veut le faire l’Agence française de développement (AFD). Il s’agit de permettre aux fonctionnaires maliens de revenir sur place et de donner à l’État malien les moyens de remettre en route les écoles, les dispensaires de santé, etc. pour que la population préfère son administration à celle des djihadistes. Elle sera alors convaincue que c’est son gouvernement et personne d’autre qui l’aide!»

*Organisation terroriste interdite en Russie.

Source: sputniknews.com –

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10 COMMENTAIRES

  1. LE METISSAGE DE GUERRE, LE ZIZI ABRAHAMIQUE CHEZ LES NATIFS DES CONTINENTS AFRIQUE AMERIQUE ASIE , ET, LE VAGIN ABRAHAMIQUE EN EUROPE, COMME ARME DE GUERRE!

    LA MEME METHODE COLONIALE A ETE APPLIQUEE AVANT PAR LES ARABES! LE METISSAGE DE GUERRE! SOYONS EN CONSCIENTS ET CONSEQUENTS DANS NOS RAPPORTS! LES INTRUS NOUS METTENT DOS A DOS EN SE MELANGEANT DANS NOTRE SANG! LE METISSAGE, CHOSE NORMALE, EST DEVENUE ANORMALE, CRIMINEL, DEGOUTANT QUAND LES ABRAHAMIQUES L ONT ADOPTER POUR INTERLOPER LES PEUPLES POUR LES DIVISER ET LES METTRE DOS A DOS POUR MIEUX CONQUERIR!

    LE METISSAGE DE GUERRE, LE ZIZI ABRAHAMIQUE OU LA MATRICE ABRAHAMIQUE COMME ARME DE GUERRE!

  2. Soudan français: Les pratiques de la conquête coloniale
    Par maliweb – 23 Nov 20190

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    Les officiers coloniaux qui ont conquis l’Afrique n’avaient pas que le canon et le fusil. Jeunes, pour bon nombre d’entre eux, ils sont tombés sous le charme des Africaines qu’ils ont prises comme concubines. Ils parlaient de « mariages à la mode du pays ».

    Faidherbe a débarqué sur les côtes sénégalaises en tant que célibataire. Il n’a pas mis du temps à se retrouver avec Dioncounda Sidibé, une jeune Khassonké, la mère de son premier fils né en 1857. Léon sera ensuite confié à la « vraie » épouse de Faidherbe. Après une scolarisation normale, il est devenu officier. Mais même étant fils de Faidherbe, il ne pouvait être qu’un subalterne. Il ne put intégrer l’armée que dans le corps des tirailleurs sénégalais. à 24 ans seulement, il est mort, victime de la fièvre jaune en 1881. Certains historiens disent qu’il s’est suicidé n’ayant jamais pu accepter son statut social, car il était l’objet d’un double rejet. Pour les marchands et militaires français, il n’était qu’un « nègre ». Pour les métisses de la côte, qu’on appelait « mulâtres », il n’était que l’héritier de son père qui a toute sa vie n’a œuvré qu’à consolider la suprématie économique des Français. Quant à Archinard, il partait en campagne quasiment avec un harem. Il avait une addiction pour les jeunes filles, entre 15 et 17 ans. Le lieutenant Thiriet qui l’accompagnait lors de la conquête de Ségou, est formel dans son témoignage sur les pratiques fines de son chef. à Ségou, Archinard était devenu le beaufrère et le gendre de tous les peuls parce que sa compagne la plus célèbre s’appelait Bintou Kanté. Les conquérants colonisateurs étaient de véritables prédateurs, des polygames qui n’ont pas pu tous effacer les traces de leur séjour africain. Le régime tout trouvé était celui des « mariages à la mode du pays », des unions temporaires. Le Docteur Louis Joseph Barot, médecin au service des troupes coloniales, a même élaboré en ce sens un manuel intitulé : « Guide pratique de l’Européen dans l’Afrique occidentale : à l’usage des militaires, fonctionnaires, commerçants, colons et touristes » (Edition Flamarion 1902). L’ouvrage était tellement précieux que l’auteur a pu compter sur la collaboration du Commissaire principal Desbordes, du capitaine Meynier, de l’Armée coloniale, du professeur Chalot, du Jardin colonial, du vétérinaire en premier Pierre et de GimetFontalirant, ancien chargé de mission coloniale. Binger, directeur de l’Afrique au ministère des Colonies en assuré la préface.

    L’auteur a une forte recommandation : « Pour ceux qui n’ont pas la force morale nécessaire pour supporter la continence absolue, il n’y a qu’une ligne de conduite possible, c’est l’union temporaire avec une femme indigène bien choisie. » Les mots sont bien pesés car il est attendu de cette « indigène bien choisie » de pouvoir « distraire, soigner, dissiper l’ennui. Elle devait aussi faire que l’Européen ne sombre dans l’alcoolisme et la dépravation sexuelle ». Francis Somonis, de l’université de Provence, a étudié le phénomène dans sa construction. Il parle de véritables « polygames de la République ». Pour lui, cette relation entre les Européens d’alors tenait beaucoup plus du droit des vainqueurs sur les femmes que d’un échange centré sur l’amour. Il est vrai que pour les militaires en campagne, le partage des « mousso », terme qui désigne la femme en bambara, était une étape essentielle du partage du butin de guerre. Le chef récompensait la troupe sur la bête : les femmes et les esclaves. Les objets de valeur étant réservés au chef lui-même. Il en a été ainsi quand Archinard a vaincu Amadou, le fils d’Elhaj Oumar Tall à Ségou, le 6 avril 1890. à son compagnon, Mademba Sy il a attribué directement Djeynabou la fille du sultan vaincu. Il finira par installer Mademba à la tête d’une principauté viagère à Sansanding. Il va ensuite se mettre à casser littéralement du toucouleur partout. Il fait des constats singuliers dans ses comptes rendus à ses chefs : « Les soumissions des Toucouleurs sont longues à venir, mais viennent. Je ne peux […] expulser complètement les Toucouleurs. […] Faites exécuter quand même les 44 Toucouleurs de Ségou qu’on voulait vous cacher. Cela effraiera et poussera les autres à venir à moi et à se soumettre pour avoir quelque sécurité. […] Parcourez les villages et si vous trouvez des Toucouleurs […] donnez leurs biens aux Bambaras et exécutez jusqu’à ordre contraire. (Correspondance d’Archinard, 6 janvier 1891, Nioro, Commandant supérieur à lieutenant Hardiviller) Il poursuit : « J’aurai voulu faire disparaître l’élément toucouleur fanatique et dangereux […]. Restait la guerre d’extermination, elle était possible […], il suffisait de la permettre aux Bambaras du Bélédougou […] en dehors de la question d’humanité […] quoique l’humanité bien comprise exigerait la destruction des toucouleurs, d’autres risques m’ont empêchés de m’arrêter à l’idée de l’extermination.[…] Il aurait fallu occuper longtemps le pays avec des forces importantes […] il aurait fallu soutenir ces derniers [les Bambaras], il aurait fallu par conséquent n’avoir d’autres soucis que ceux du Kaarta […](Correspondance d’Archinard, 9 janvier 1891, Nioro. Le Cdt. Supérieur du Soudan français à Mr S-secrétaire d’État des colonies.) Quand après Ségou, Archinard s’attaque à Bandiougou Diarra de Ouéssébougou, il répétera le même exercice. à Koumi Diossé Traoré de Kolokani, son allié de circonstance, il donne une fille de Bandiougou. Les autres femmes et les guerriers pris sont distribués ensuite entre les Européens et les tirailleurs. Le colonel Bonnier, une fois à Tombouctou, ne fera pas autre chose. Il capture toutes les belles femmes et tout le bétail des Touaregs, ce qui finira par causer sa mort à Tacoubao. La colonisation a aussi favorisé la prostitution avec la prolifération des bordels militaires de campagne. Ces maisons de tolérance sont suivies par la hiérarchie militaire qui s’assurait du suivi médical des prostituées. La République française a prétendu coloniser l’Afrique au nom de la civilisation, sa civilisation. Dans les faits, elle n’a produit que des contre-valeurs. En ces temps où l’heure est à la révision, il importe de situer le centre de la vertu.

    Par Dr Ibrahim Maiga in le journal L’Essor du 22 Novembre 2019

    LA MEME METHODE COLONIALE A ETE APPLIQUEE AVANT PAR LES ARABES! LE METISSAGE DE GUERRE! SOYONS EN CONSCIENTS ET CONSEQUENTS DANS NOS RAPPORTS! LES INTRUS NOUS METTENT DOS A DOS EN SE MELANGEANT DANS NOTRE SANG! LE METISSAGE, CHOSE NORMALE, EST DEVENUE ANORMALE, CRIMINEL, DEGOUTANT QUAND LES ABRAHAMIQUES L ONT ADOPTER POUR INTERLOPER LES PEUPLES POUR LES DIVISER ET LES METTRE DOS A DOS POUR MIEUX CONQUERIR!

    LE METISSAGE DE GUERRE, LE ZIZI ABRAHAMIQUE OU LA MATRICE ABRAHAMIQUE COMME ARME DE GUERRE!

  3. Des trois empires que furent chacun à leur manière, les USA, la Grande-Bretagne et la France, aucun ne peut plus prétendre à ce qu’ils étaient ou à ce que certains croient qu’ils sont encore, rabâchant ici les ‘Droits de l’Homme’… bafoués sans cesse par ceux-là mêmes qui s’en gargarisent ; ou là ‘Les Lumières’ … éteintes depuis longtemps, à moins de continuer à prendre des vessies pour des lanternes !

    Désormais, ces trois puissances n’échappent pas à cette leçon que l’Histoire nous enseigne : quelle que soit leur durée, leur étendue et leur vitalité, les empires finissent par vaciller puis s’effondrer, aussi forts soient-ils, au profit d’un autre.
    Mais, il faut croire que nous sommes dirigés par des incultes qui, ne connaissant pas l’Histoire, se pensent tellement supérieurs qu’ils imaginent pouvoir en défier les lois.

    A observer les déséquilibres dans le monde, il est clair que les paradigmes sont en train de changer et les Occidentaux, principalement les Etats-Unis et l’Europe, ne sont probablement qu’au début de crises qui vont se multiplier, avec une augmentation de mouvements sociaux voire de révoltes, au risque qu’elles ne basculent peut-être en véritables guerres civiles.
    ……
    https://reseauinternational.net/grandeur-decadence-de-loccident/

  4. Dr Ousmane Diallo Médecin Généraliste petit frère de Rama Diallo avec la complicité Mama Koumare ,Segal du Ministère de la santé et certains TTL de ces projets a été nommé coordinateur de trois projets de la santé financé par Banque Mondiale. Aucune Capacité managériale juste la distribution d’argent mal acquis.Pour le dernier projet il a dicté sa loi du début jusqu’à étant candidat lui-même.Vive la corruption et le copinage.Il évolue en véritable roi dans ce Ministère.

  5. TOUT LE MONDE SAVAIT QUE LES FRANCAIS TENTERAIENT LA DIVISION DU MALI APRES LE MALHEUR DES SOUDANAIS!

    LES GUEULARDS, DONNEURS DE LECONS, ILS SAVENT A EUX SEULS TOUT! PERSONNE N EN SAIT PLUS QU EUX! LA FRANCE, OUI DOIT S EN ALLER, AVANT QU ILS ARRANGENT POUR NOUS RESTITUER L ARGENT DES AIRBUS QUI NE FONCTIONNENT PAS!

    NOUS SAURONT FAIRE NOTRE COMBAT SANS EUX, 2% DE LA POPULATION MALIENNE NE SE BATTRA PAS CONTRE LES 98% ET RECLAMER 80% DU TERRITOIRE NATIONAL!

    LA FRANCE A PERDU ! SI CETTE FRANCE VOIT UN BOUT DE FUTUR EN COLLABORATION FRUCTUEUSE AVEC LE MALI, ALORS QU ELLE S ECARTE ET NE TENTE POINT DE SOUTENIR LES SEPARATISTES , OU ESSAYER DE DIVISER LE MALI….A L INSTAR DU SUDAN !

    TOUT LE MONDE SAVAIT QUE LES FRANCAIS TENTERAIENT LA DIVISION DU MALI APRES LE MALHEUR DES SOUDANAIS!

  6. Merci son excellence. Seule la verite’ peut troimpher dans cette histoire. La France doit se resaisir si elle en a toujours la volonte’.

  7. Salif, notre Grand voire notre Immense Salif-a-la-voix-d’or, est à lui seul (et sans le savoir) un VERITABLE CAS D’ÉCOLE !😎
    Je m’explique :😁

    Dans le cas de notre Salif-a-la-voix-d’or, Dieu, dans sa grande mansuétude, l’a doté d’un TALENT VOCAL………..à couper le souffle !
    Qui osera affirmer écouter Folon (et tant d’autres merveilles) sans être carrément BOULEVERSÉ ??? Sûrement pas moi, en tout cas…😎😎

    En revanche, dans le cas de Salif-a-la-voix-d’or, Dieu s’est en quelques sortes montré FARCEUR ou FACÉTIEUX !
    Je m’explique :😁
    En donnant à Salif cette voix SUBLISSIME, il a aussi appliqué l’éternelle loi physique des……VASES COMMUNICANTS !
    Je m’explique :😁
    La BRILLANCE QUASI MAGIQUE que Salif a reçu dans LES CORDES VOCALES, Dieu à été la prendre ailleurs!😎 Et pour savoir OÙ Dieu à été “la prendre” chez Salif, il suffit juste d’ecouter Salif…..reflechir!😂😂😂😂😂😂😂

    Et oui: tant que Salif chante, c’est DU RÊVE ABSOLU!
    Mais dès que Salif réfléchit (ou essaie…) c’est À PLEURER DE RIRE!😁😁😁😁

    Exemple concret: Souvenez-vous qu’en 2012, quand un certain minuscule capitaine imbibé de whisky et armé d’un bâton magique,
    – pillait tranquillement les douanes et les ministères, assassinait, torturait, et executait lâchement ses prisonniers pieds et poings liés,
    – coupait en morceaux ses “collègues” pour les jeter ” dans des puits,
    – se saoulait avec ses copains bien planqué à kati au lieu de combattre, pendant que la rébellion faisait rage,
    – et FAISAIT A LUI SEUL BASCULER DÉFINITIVEMENT LE PAYS DANS LE CHAOS QUI DEVAIT NOUS MENER OU NOUS EN SOMMES AUJOURD’HUI !!!!!!!!!

    Eh bien à cette triste époque, (où tous les Maliens DOTÉS D’UN CERVEAU étaient effarés par cette lamentable bande de saoulards-fuyards qui coulaient le pays) NOTRE GRAND ET IMMENSE SALIF-A-LA-VOIX-D’OR tentait désespérément de RÉFLÉCHIR et de PENSER!!!😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂

    Et c’est ainsi que (reprenez ses interviews de l’époque !😁), ce même Salif à la voix d’or (mais au cerveau de margouillat !😁😁😁) non seulement allait se prosterner à kati devant l’ivrogne au bâton magique, mais mieux, NOUS PRESENTAIT ALORS L’ABRUTI COMME………”LE SAUVEUR DU MALI” !😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂

    Quand je disais au début que Salif était un cas d’école, j’entendais par là que comme bien d’autres grands artistes avant lui, on pouvait très bien être à la fois doté d’un immense talent, et être EN MÊME TEMPS D’UNE BÊTISE INFINIE!😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂😂

    • @NFT -Salif est biensure un cas d’ecole car il nous toujours inspirer ici au Mali et j’en suis dans l’hexagone et au dela. L’ex ambassadeur vient de lui donner raison, il n’est pas politicien et par consequent il se saurait faire de demagogie. Il dit haut ce que les Maliens dissent depuis fort longtemps et vouloir dire le contraire est pure hypocrisie.
      Il a surerement exgagere’ certains endroit car n’ayant pas la prevue materielle mais tout est sur la meme ligne’e que l’ex ambassadeur.
      Pour quoi ne critiques tu pas ce monsieur qui a vecu les evenements de la meme facon que nous autres. N’aies pas une memoire selective et critiqer Salif sans faire de meme que Mr. Normand, car ils parlent de la meme chose et la difference est qu’un artiste et l’autre un diplomate. C’est cette difference qui est marque’e ici dans les propos.
      La betise de Salif est personnelle a lui et cela ne nous concerne guere. Haro sur ceux qui veulent etre plus royalistes que le roi lui meme. No disrespect!

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