Crise scolaire: Choguel face à son destin

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Il y a quelques mois, l’actuel Premier ministre de la transition, Choguel Kokalla MAIGA, dirigeait un vaste mouvement de contestation (M5-RFP) qui est à la base de la fin du règne d’Ibrahim Boubacar Keita. Le destin de la même personne l’a amené aujourd’hui à faire face aux mêmes alliés d’hier (la synergie) et avec le même mode opératoire qu’est la désobéissance civile que le syndicat a décrétée depuis hier lundi 9 août 2021 sur toute l’étendue du territoire afin d’empêcher la tenue des examens. Dans certaines localités, à Bamako et dans les régions, les manifestants ont reçu les jets de gaz de lacrymogène.

Choguel Kokalla MAIGA dirigeait il y a quelques mois le mouvement de contestation, M5-RFP, (Mouvement Rassemblement des Forces Patriotiques du 5 juin 2020) contre le régime d’Ibrahim Boubacar KEITA. L’un des grands alliés de cette lutte était les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, qui étaient à couteaux tirés avec le régime déchu sur l’application de l’article 39. Cette cause des enseignants a été la plus utilisée dans les discours du M5-RFP. Et finalement, la lutte a eu raison du pouvoir qui a fini par être complètement affaibli par les manifestations de désobéissance civile, occasionnant la fin du régime à travers un Coup d’Etat en août 2020.

Par la force des choses, l’ex-numéro 1 du M5-RFP a été nommé Premier ministre de la transition.

Le même Choguel, curieusement, fait face aujourd’hui à son allié d’hier. Il s’agit des enseignants signataires du 15 octobre, avec la même revendication de l’application de l’article 39 du statut du personnel enseignant de l’enseignement secondaire, de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale et avec le même mode opératoire de désobéissance civile qui a commencé depuis hier lundi 9 août 2021.

Selon la correspondance que les syndicats grévistes regroupés en collectif dénommé syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ont adressée aux militants le 7 aout 2021, cette désobéissance civile consistera par le déplacement en masse des enseignants vers les structures avec la correspondance en question pour demander au chef de la structure de fermer. Des instructions sont ensuite données sur la conduite à tenir. Les militants sont invités à ne pas répondre, à ne pas provoquer les forces de l’ordre et en cas de provocation de la part des forces de l’ordre, de pas répondre en levant les mains nues. Une autre instruction donnée à la base est le suivi quotidien des structures fermées.

Ils accusent le pouvoir en place de violation flagrante des droits fondamentaux des citoyens, de refuser d’appliquer une loi de la République ; de ne pas respecter le statut des enseignants ; de procéder à des intimidations et les menaces du gouvernement à l’égard des enseignants et de violer l’espace scolaire par les forces de l’ordre dans certaines localités du Mali pour justifier ces mesures visant à perturber le bon déroulement des examens de fin d’année.

Il faut rappeler que cette désobéissance civile de la synergie des enseignants a été précédée d’autres mesures comme le boycott des examens qui a consisté à appeler les enseignants militants de la synergie à ne pas participer aux examens de fin d’année. Malgré cet appel au boycott, les examens du CAP ont pu avoir lieu, avec quelques scènes de perturbations. Certains enseignants ont eu l’audace d’empêcher la tenue par exemple des épreuves d’EPS (Education Physique et Sportive), comme ce fut le cas à Djélibougou (Commune I du District de Bamako). La vidéo de la scène a largement circulé sur les réseaux sociaux et a choqué plus d’un. Dans la vidéo, on voit des enseignants venir empêcher la tenue d’une épreuve d’EPS en présence du Directeur du centre d’animation pédagogique (Dcap), en demandant aux élèves candidats de rentrer chez eux malgré leur volonté, car lorsque le responsable académique a posé la question aux élèves s’ils veulent être évalués, ils répondent massivement oui. Ils ont été contraints par les syndicalistes à rentrer à la maison sous l’œil impuissant du Dcap. Les auteurs de ces quelques cas de perturbations avaient été arrêtés avant d’être relâchés suite à une pression des syndicalistes qui ont exigé la libération de leurs camarades pour pouvoir continuer les négociations avec le Gouvernent sur leur préavis de grève.

Le Gouvernement ne baisse pas les bras

Face à cette menace des syndicalistes, le Gouvernement a décidé de déployer de gros moyens pour la tenue effective des évaluations de fin d’année. Il a déjà le soutien des enseignants des écoles privées et des medersas qui sont décidés à l’accompagner. Les forces de l’ordre sont mobilisées pour la bonne tenue de ces examens.

Dans un communiqué publié le dimanche 8 août 2021, le gouvernement a tenu à rassurer les élèves, les parents et les enseignants (présidents de centre et surveillants) sur la tenue des épreuves du BT1 et 2 le lundi 9 août 2021 sur toute l’étendue du territoire. Tout en invitant les agents impliqués dans la passation de ces épreuves à la vigilance. Comme pour dire que le Gouvernement n’est pas près de céder face aux menaces des syndicats. Tôt dans la matinée du lundi 9 août, certains manifestants, voulant empêcher la tenue des épreuves, ont été gazés par les forces de l’ordre, dans plusieurs centre d’examens à Bamako et dans les régions. Dire que c’est le début des hostilités.

Affaire à suivre.

Dolo

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