Questions orales à l’assemblée nationale après la prise d’otages : Le ministre de la Sécurité rassure les Maliens

Une semaine après l’attaque terroriste contre l’hôtel Radisson-Blu de Bamako, le ministre de la Sécurité était face aux députés, le jeudi 26 novembre 2015, pour répondre aux questions orales de Karim Keita, député élu en commune II du District de Bamako.

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Le colonel-major Salif Traoré
Le colonel-major Salif Traoré

Interpeller le ministre de la Sécurité pour répondre à certaines préoccupations d’ordre sécuritaire est sans nul doute le meilleur moyen pour édifier les Maliens sur les actions du gouvernement dans la sécurisation des personnes et leurs biens dans un contexte marqué par la montée en puissance des terroristes à travers le monde. Dans cet exercice démocratique, le député Karim Keita est bien dans son rôle  étant le président de la commission de défense de l’Assemblée nationale.

L’élu de la commune II du district de Bamako voulait, à travers une série de questions orales (16 au total) adressée au ministre de la Sécurité, le col-major Salif Traoré, édifier les Maliens sur la gestion de la prise d’otages de l’hôtel Radisson-Blu et s’informer sur les actions du gouvernement contre le terrorisme.

Les questions du député ont porté entre autres sur l’attaque de Radisson-Blu, la création d’un centre de lutte contre le terrorisme, la libre circulation des personnes au sein de l’espace Cedeao,  l’efficacité des services de renseignement,  la montée de l’islamisme radical dans notre pays, le déficit de communication du gouvernement sur certaines questions dites sensibles, le contrôle des frontières, l’équipement des forces spéciales, etc.

En réponse, le col-major Salif Traoré a estimé que c’est pour lui une nouvelle opportunité de donner la bonne information à l’opinion publique. Dans le souci de ne pas compromettre l’enquête judiciaire en cours, le ministre n’a pas voulu aller au-delà de ses précédentes déclarations sur la façon dont l’attaque a été menée, sur l’intervention des forces de sécurité, sur l’appui des forces étrangères ou encore le bilan de l’opération.

Selon lui, toutes les informations qui contredisent celles données par ses soins ne sont que rumeurs. Il a précisé que l’enquête avance et que l’observation de l’Etat d’urgence y contribue pour beaucoup. «Les enquêtes progressent bien, nous avons procédé déjà à quelques interpellations. Comme les enquêtes sont très sensibles, je préfère m’arrêter là pour ne pas compromettre la bonne marche de l’enquête. Le Mali bénéficie de l’accompagnement de toute la communauté internationale notamment Eucap Sahel, la Munisma, la France, les USA, la Belgique, le Canada avec des moyens techniques de dernière génération. La prise d’otages a duré de 7 heures  à 16 heures. Le bilan est de 22 morts dont les deux terroristes et 9 blessés. Ce qu’il faut retenir, c’est que depuis l’alerte de l’attaque, la police a été mobilisée pour installer une ceinture de sécurité autour de l’hôtel. Après cette action, toute les forces ont été mobilisées pour faire face à la situation», a-t-il dit.

A la question de savoir si le Mali dispose d’une stratégie adéquate de lutte contre le terrorisme, le ministre Traoré a indiqué que le Mali dispose d’une stratégie  conforme à la politique de défense et de sécurité telle qu’adoptée par le Conseil de défense en décembre 2014.

Selon lui, cette stratégie combine les trois fonctions d’anticipation, de protection et d’intervention. Concernant la formation et l’équipement des forces spéciales, il a déclaré que son  département a développé une approche participative axée sur la préparation, la formation, l’équipement et la réorganisation du dispositif de commandement pour faire face à la nouvelle situation.  Dans cette logique de coordination des efforts, le ministre a annoncé la création d’un centre de communication, d’un centre de réflexion et d’action mixte au niveau de son département, et l’implication des autorités communales et coutumières dans le combat contre l’insécurité. Il a aussi fait état du renforcement des contrôles sur les personnes à l’intérieur du pays et aux frontières. Sur  la question du radicalisme religieux, le chef du département de la Sécurité  estime qu’elle doit être traitée avec toute la rigueur qu’il faut et a annoncé l’organisation prochaine d’un séminaire sur la question par le ministère des Affaires religieuses et du Culte, en collaboration avec les leaders religieux.

Le député Karim Keïta a admis que les réponses apportées à ses questions par le ministre ont été claires. Il ne pouvait donc que le féliciter et l’encourager dans sa mission.

Cette interpellation du ministre de la Sécurité montre à suffisance  à quel point Karim Keita accorde de l’importance à la sécurité des Maliens en tant que président de la commission de défense de l’Assemblée nationale.

Nouhoum DICKO

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