Entre Nous : De l’espoir au désespoir !

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22 septembre 1960-22 septembre 2022. Il y a 62 ans, Modibo Kéïta et ses compagnons proclamaient l’Indépendance de la République du Mali suite à l’éclatement de la Fédération du Mali, l’éphémère entité qui regroupait le Sénégal et le Soudan français. L’héritage des pères de l’Indépendance a été dilapidé au fil du temps par les différents régimes qui se sont succédés à la tête de l’Etat. Les héritiers de Modibo Kéita n’ont pas été en mesure de réparer les erreurs commises aux premières heures de l’accession de notre pays à la souveraineté nationale et internationale. On est passé de l’espoir au désespoir !

En 62 ans d’indépendance, le Mali a connu trois (3) Républiques, cinq (5) coups d’Etat militaires (1968, 1991, 2012,  2020 et 2021) et trois (3) Transitions. Dix (10) Présidents dont quatre sont décédés ont eu à diriger les affaires publiques. Il s’agit, dans l’ordre de succession, de Feu Modibo Kéita, Feu Moussa Traoré, Feu Amadou Toumani Touré, Alpha Oumar Konaré,  feu Amadou Toumani Touré, Amadou Haya Sanogo, Pr Dioncounda Traoré, Feu Ibrahim Boubacar Kéïta, Bah N’Daw et Assimi Goïta. Sur les dix, six sont des militaires qui cumulent plus de 40 ans à la tête du pays.

Dans son livre « Du CMLN à l’UDPM, 23 ans de MENSONGES ! », Feu Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni estime que «le pouvoir fasciste du Comité militaire de libération nationale (Cmln) présidé pendant 23 ans par Moussa Traoré et ses comparses fut un régime de liquidation nationale ». Selon l’auteur détenu pendant 10 ans dans les geôles des putschistes du 19 novembre 1968, «le comité militaire, au-delà des destructions, prédations et liquidations matérielles dans tous les domaines, est l’auteur principal du démantèlement de l’Homme Malien dans ses valeurs morales et patriotiques». «La paresse, l’inconscience professionnelle, les tricheries, l’effronterie, le dévergondage, le vol, les détournements de deniers publics, les passe-droits, l’indifférence du pouvoir devant les souffrances du peuple, la violence gratuite dans les rapports interpersonnels, l’incivisme, l’effondrement du système éducatif et des Sociétés d’Etat, l’étouffement du sentiment patriotique et tant d’autres tares sociales dont souffre le Mali d’aujourd’hui, furent sinon enfantées mais assurément aggravées en cette trop longue saison kaki.»

Lisez ces extraits de cette tribune : «Faut-il désespérer du Mali d’IBK ?», publiée en mai 2014 par Pr Issa N’Diaye. «… La “démocratie” a fini par faire pire que la dictature, surtout au niveau de la qualité des ressources humaines. Elle a injecté sur la scène politique toutes sortes de gens, parfois de véritables voyous. Les éléments les plus sains ont fini par être, presque tous, marginalisés au profit d’une génération spontanée de politiciens sans foi ni loi. On connaît la suite. Alpha Oumar Konaré avait ouvert la boîte à Pandore. Le Maradona politique qu’il était, a fini par être victime de ses propres dribbles. En politique, les fautes sont toujours lourdes à porter. Et il doit le réaliser à présent. Les acteurs politiques principaux, qui se disputent aujourd’hui le pouvoir, sont tous sortis de sa forge ou ont tous été transformés par ses soins. Consensus oblige, tous ont fini par échapper à son contrôle. Pourtant, ils lui doivent ce qu’ils sont devenus aujourd’hui. Il a largement façonné leur destin. Certains sont devenus par opportunisme ses pires pourfendeurs. Maintenant qu’il n’est plus au pouvoir, peut- être qu’il a fini par prendre conscience des conséquences dramatiques de ses erreurs passées. Ce qui expliquerait sa disparition volontaire des écrans-radars du marigot politique malien. Le silence assourdissant du talentueux “professeur de démocratie” de ses homologues africains, dont certains traînent encore au pouvoir, son volontaire effacement de la scène politique, ne traduit-il pas les remords d’un homme placé devant le tribunal impitoyable de sa propre conscience, mesurant pleinement l’ampleur de ses responsabilités historiques face au désastre actuel ? Terrible fardeau que le sien ! Se construire sa propre prison pour échapper au regard accusateur de ses propres concitoyens !…»

 

En 62 ans d’indépendance, la vie de la République est jalonnée de rebellions qui ont ébranlé les fondements de la nation malienne. De toutes les rebellions, celle déclenchée en janvier 2012, par les petits aventuriers du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (Mnla) est indiscutablement l’acte qui a fait plus de mal au Mali. Les idéologues du Mnla ont pénétré les cœurs et les esprits d’une partie de la population en miroitant l’existence de la fantomatique République de l’Azawad. Les traîtres du Mnla nourris au biberon du mensonge par une certaine communauté internationale portent sur leur conscience la lourde responsabilité historique d’avoir ouvert les portes des villes du pays aux groupes armés radicaux.

Après 62 ans d’indépendance, le Mali traverse une situation très très critique. Il est menacé dans son existence même car la République est à deux doigts de s’effondrer. Plus de 2/3 du territoire où règnent les groupes armés radicaux échappent au contrôle de l’Etat central. Les populations de plusieurs localités sont obligées de signer des accords avec les groupes armés extrémistes pour pouvoir vaquer à leurs occupations.

Après 62 ans d’indépendance, le Mali est très divisé. Les Maliens peinent à montrer au monde entier qu’il existe d’autre alternative pour sortir de l’impasse. Il est temps de sortir des batailles politiciennes. Demain, il sera trop tard !!! Que Dieu préserve le Mali !

Par Chiaka Doumbia

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1 commentaire

  1. Doumbia tu es un prophete de malheur mais souviens-toi que ‘Mali be limba lembo nka Mali te bon’ nous sommes pleins d’espoir aujourd’hui qu’ hier!

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