Focus : Coups de semonce

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Marche à Bamako : L’opposition envahit la place de la Liberté et annonce la couleur...
Des manifestants à la place de la Liberté avant le départ de la marche

De Gao à Paris, en passant par Tombouctou et Bamako, les manifestations, meetings et sit-in se succèdent, avec un point commun : le malaise général qui s’empare du Mali. Ces manifestations contre le régime en place traduisent une seule et même situation : le ras-le-bol des Maliens. Alors, debout comme un seul homme, les Maliens (hommes, femmes, jeunes et vieux) ont décidé de ne plus garder le silence face à la gestion calamiteuse du pays et aux dérives du pouvoir.

A Gao, des centaines de jeunes ont marché pour exiger plus de transparence dans le processus d’intégration des ex combattants dans l’armée. Les Gaois accusent ouvertement le pouvoir de favoriser les combattants  de la rébellion de Kidal, au détriment des autres. Au terme de cette manifestation, les jeunes  de la Cité des Askia ont lancé un ultimatum aux autorités. Voilà, une situation explosive qui risque de conduire à des débordements dans un contexte sécuritaire très précaire à Gao et  dans d’autres régions du nord du Mali.

A Tombouctou, le problème  est d’une  autre nature. Ici, ce sont des commerçants, artisans et autres travailleurs  locaux, qui ont organisé, la semaine dernière, une opération  « ville morte » de 48 heures. Le mouvement, largement suivi, a paralysé la ville sainte. Là également le malaise est profond  entre l’administration  et les différents corps de métiers.

A Bamako, le samedi dernier, les partis membres de l’opposition ont organisé une marche, une véritable démonstration de force.

Pour cette manifestation, les partis  de l’opposition et plusieurs associations  et organisations de la société civile, entendaient  dénoncer la mauvaise  gouvernance  instaurée  par le régime  d’Ibrahim Boubacar Keita. La dilapidation des ressources publiques, l’ingérence de la famille présidentielle dans la  conduite  des affaires de l’Etat,  étaient également  dénoncées par des milliers  de manifestants. Aussi, l’opposition exige  désormais  le retour au pays  du président Amadou Toumani Touré dans le cadre de la  réconciliation nationale.

A Paris, le même samedi, la diaspora  malienne (celle regroupée dans l’opposition) et la société civile ont organisé une manifestation devant les locaux de l’Ambassade  du Mali. Là également, la communauté malienne a exprimé son mécontentement. Comme Bamako, la gestion  du président IBK a été fortement décriée dans la capitale française (des coups de semonces).

Gao, Tombouctou, Bamako et Paris. Toutes les manifestations dans ces quatre villes et d’autres mouvements sociaux organisées à Bamako et à l’intérieur du pays (marches et grèves à répétition) dénotent de la situation désastreuse  actuelle du Mali. En effet, notre pays ressemble à un bateau en perdition dont l’équipage a carrément perdu le contrôle, malgré la fausse apparence affichée.

C H Sylla

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2 COMMENTAIRES

  1. Oui mais, M. Yacouba Coulibaly, qui est comptable aujourd'hui de la mauvaise gestion du Mali? Arrêtons de regarder dans le rétroviseur. Arrêtons de noyer le poisson. La vérité ne peut se voiler sinon elle n'est plus saine.
    Actuellement il y a un Président, qui a été élu il y a deux ans et demi. Il a promis la sécurité et la justice au Maliens. Qu'en est-il de tout cela ? C'est très simple. Avant de promettre monts et merveilles il devrait en son temps faire prendre conscience de la réalité. Au lieu de cela il a chargé ses prédecesseurs et fait croire qu'il a la solution magique. Le Peuple se tourne vers celui qui laisse impuni les malversations, et les voyous à col blanc qui se promènent sans être inquiétés dans le pays.Aujourd'hui la situation du Mali est de la responsabilité pleine et entière de IBK. L'Opposition ne gouverne pas, ne décide rien, ne dispose pas des pouvoirs permettant de redresser le Mali. Alors ne cherchons pas à essayer de cacher la lumière solaire avec sa main. Jugeons chaque acteur en son temps. Ne laissons pas des crapules s'en tirer à bon compte pour tenter de justifier les échecs de leurs successeurs. Ibk a échoué, il est encore temps de relever le Mali. Il faut s'y atteler sinon il sera trop tard !

  2. Il faut que l’opposition se rende compte qu’elle reste comptable du gouffre dans lequel le Mali se trouve actuellement, cela est indéniable. Quand les choses se dégénérons totalement un jour, que l’opposition sache qu’elle sera interrogée sans équivoque. Qu’Allah le tout puissant aide et protège notre très cher Mali au bord du précipice.
    NB: Aucune gouvernance n’a été bénéfique pour les maliens depuis la nuit des temps, quelle malédiction pour ce peuple?

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