Le ballon d’essai crevé sur la durée de la Transition

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Depuis quelques jours, une polémique prend de l’épaisseur sur les réseaux sociaux au sujet d’une hypothétique prolongation de la durée de la Transition. Ce serait un truisme que de dire que c’est un ballon d’essai qui n’est pas sans rappeler un autre débat relatif à une mystérieuse injonction faite par le Président de la Transition, Bah N’DAW, à la Force Barkhane de collaborer avec les FAMa sous peine de se voir réexpédier dans l’Hexagone.

Sur la question, nonobstant un calamiteux imbroglio, il ne devrait pourtant pas avoir matière à se faire des nœuds au cerveau. Deux options s’offrent aux autorités de la Transition.

La première est de poser le problème de la prolongation de la durée de la période transitoire sur la table et en discuter avec l’ensemble des forces vives de la Nation qui ont adopté la Charte de la Transition (cf : Article 1er : ‘’est promulguée, la Charte de la Transition adoptée le 12 septembre 2020 par les Forces vives de la Nation’’) qui dit clairement en son article 22 : ‘’la durée de la Transition est fixée à dix-huit(18) mois à compter de la date d’investiture du Président de la Transition’’.

C’est le choix de l’inclusivité fait par le Premier ministre Moctar OUANE qui a promis de rencontrer les forces vives pour discuter de l’organisation des futures élections ; même s’il n’a pas résisté au virus des bidasses de décider d’autorité l’impossibilité de mettre en place l’organe unique de gestion des élections qui est pourtant une recommandation des forces vives de la Nation.

Il faut dire que sur ce terrain, la confiance n’est pas le meilleur allié de ceux qui sont comptables de pronunciamiento. Les pulsions totalitaires qui ont mû la mise les méthodes rocambolesques pour la mise en place du CNT sont suffisamment édifiantes à cet égard. Ils ont réussi l’exploit de développer un dangereux syndrome de méfiance à leur endroit et de plus en plus les critiques virulentes, font écho à la polarisation du débat idéologique. Dans cette veine, le M5-RPF, dans sa déclaration de ce 9 avril, pointait du doigt : ‘’la marche solitaire du gouvernement sur des sujets requérant par essence un consensus et une mobilisation nationale comme la Révision Constitutionnelle, les reformes politiques, administratives et territoriales dans lesquelles le M5-RFP ne se reconnait nullement’’.

La seconde option est celle qui a été privilégiée jusque-là : le chien aboie, la caravane passe, en somme un passage en force de la prorogation du délai de la Transition. Un pari hautement risqué qui pourrait se heurter cette fois-ci à une levée de boucliers générale de la classe politique, de façon générale, et du M5-RFP qui considère que le ‘’peuple’’ a été spolié de sa victoire, en particulier. Aux entournures de ces deux chausse-trappes, il y a la CEDEAO qui n’est pas particulièrement encline à l’accolade, l’embrassade, la papouille avec les subversifs.

Au risque de l’overdose, c’est peu de dire que la société malienne semble plus que jamais à bout de souffle, ses fractures internes s’étant approfondies au point de mener le pays au bord du précipice. Le scénario catastrophe serait de rentrer dans une spirale d’événements hors de contrôle. Or, le M5-RFP a annoncé les couleurs : ‘’mais que nul ne s’y trompe : les manifestations de masse annoncées seront juste différées et reprendront avec plus de vigueur après la période de Ramadan avec un Mouvement mieux implanté sur l’ensemble du territoire national et dans la Diaspora et qui aurait achevé sa structuration interne au demeurant en cours de finalisation’’.

Un proverbe rwandais dit : ‘’les promesses engraissent les oreilles, pas les joues’’. Les colonels, à la retraite comme en activité, seraient donc bien inspirés de nous épargner une nouvelle aventure.

 

PAR BERTIN DAKOUO

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