Punch : Vous êtes inquiets ? Il y a de quoi !

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Les grandes écoles qui peinent à rouvrir ; la faim qui nous menace ; le Nord qui bouillonne ; la menace sur le respect des dates de la tenue des élections ; les marches de protestations contre le référendum. En cette fin d’année 2011, le moins que l’on puisse dire c’est que notre pays est plus que jamais à la croisée des chemins. Au bord du précipice ? Que Dieu nous en préserve !

En cette fin de mandat de celui qui -personne ne peut le contester- a mis notre pays sur orbite à travers des réalisations prodigieuses, qu’est-ce qui arrive à notre cher pays ? Comme le dirait les Ivoiriens : "c’est chaud partout". Aucun secteur socioprofessionnel n’est épargné par cette vague de malaise social, de protestations, de mal-gouvernance et d’inquiétudes, tout court.

Contrairement à ses débuts, le président de la République, qui était parvenu à mettre tous les Maliens ensemble à travers un consensus qui avait même fait de notre démocratie une démocratie exceptionnelle sans opposition, peine à contenir les contestations qui fusent de toutes parts. À cause du comportement de certains de ses subordonnés chargés de gérer directement certains secteurs.

Au niveau de l’école, on l’avait fait comprendre qu’une fermeture de deux mois permettrait de venir à bout des soucis et que la réouverture se déroulerait dans de très bonnes conditions. C’est tout le contraire. Voilà 5 mois que l’université est fermée, qu’on n’arrive pas à la rouvrir et que les enfants sont dans la rue.

Tous les services chargés de l’agriculture ont bruyamment claironné que la saison des pluies sera l’une des meilleures et que les récoltes seront prometteuses. Patatras, c’est la famine dans plus de la moitié du pays ! La saison des pluies a été médiocre, on ne parle même pas de récoltes. Et toute honte bue, on a le courage de revenir dire à la face du peuple qu’il y a risque de disette au Mali.

Pendant que le président se tue à convaincre l’opinion internationale que le Nord du Mali est l’une des zones les plus sûres du monde, qu’elle n’est pas plus dangereuse que les banlieues parisiennes, on laisse tranquillement trois touristes se faire enlever à Tombouctou et un autre se faire exécuter.

Comble du ridicule, six ministres sont dépêchés au Nord pour prendre des nouvelles de prétendus compatriotes rentrés de Libye : ils écoutent attentivement des discours sécessionnistes, acceptent de discuter avec des hommes armés jusqu’aux dents et ne bougent pas un seul de leurs petits doigts. Ces mêmes membres du gouvernement remettent la somme de 50 millions à des gens dont la nationalité malienne est même douteuse et rentrent tranquillement à Bamako, mettant le président devant le fait accompli. À se demander à quoi et pour qui, ils travaillent les ministres de ce pays.

Pendant ce temps, sur le front politique, les choses ne semblent guère se porter mieux : certains membres du gouvernement sont accusés d’attendre la dernière minute pour démissionner et se porter candidat à la présidentielle ; certains s’occupent plus de "leur futur place au soleil" que ce pour quoi ils sont dans le gouvernement. Chacun s’occupe de ses propres affaires et, celles de l’Etat, sont reléguées au second plan. Pour ne pas dire qu’elles sont renvoyées aux calendes grecques. Quelle incongruité !

Makan Koné

 

 

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