Mali / Sans Tabou : victoire sur la corruption, ce n’est pas pour demain…

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Le mot de la semaine s’appelle, ‘’lutte contre la corruption et la délinquance financière’’ au nom de laquelle un chantre du régime IBK se retrouve derrière les barreaux. Mais, au regard des expériences passées en la matière au Mali, depuis les premières heures de l’ère démocratique, le bout du tunnel semble encore loin.

Voilà plusieurs semaines que des organisations de la société civile, des partenaires techniques et financiers, des opérateurs économiques, des partis politiques dénoncent un fléau, chacun à sa manière, mais que chacun considère comme le principal mal qui gangrène la mère patrie. Depuis la semaine dernière, le Procureur en charge du Pôle économique et financier de Bamako effectue le pas allant dans le sens de cette volonté populaire, en plaçant sous mandat de dépôt le président de la faîtière des organisations paysannes pour n’avoir pas justifié quelques milliards de francs CFA d’une enveloppe financière mise à sa disposition pour le compte du monde paysan. Faut-il déjà crier victoire ? La prudence doit être de mise.

Depuis ce jeudi, d’aucuns annonçaient un violent coup de tonnerre dans un ciel serein : Bakary Togola, le tout-puissant président de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture du Mali (APCAM) interpellé par la brigade judiciaire du Pôle économique et financier de Bamako et placé en garde à vue. La nouvelle est rapidement confirmée par le Procureur près le Tribunal de Grande Instance de la commune III de Bamako et du Pôle économique et financier, Mamadou Kassogué, au cours d’un point de presse, ce samedi 14 septembre.

Selon le conférencier, de 2013 à 2019, la Compagnie malienne des textiles (CMDT) a mis à la disposition de la Confédération des sociétés coopératives de producteurs de coton la somme de 13 431 431 037 F CFA. Sur ce montant, seuls 8 854 760 823 ressortent de la comptabilité de la confédération. Il y a un montant de 4 576 676 214 F CFA qui n’ont pas été comptabilisés ». Et sur les 8 milliards comptabilisés, poursuit-il, seuls 3.969.284.966F CFA ont pu être justifiés. Il va sans dire qu’un montant de 4 885 475 857 F CFA sont non justifiés. Ce qui fait un total non justifié de 9 462 152 071 F CFA ». Exultant de joie, certaines organisations et associations de la société civile appellent déjà à une marche de soutien à la justice pour l’initiative, ce mardi.

Mais pour de nombreux Maliens optimistes, qui rêvent pourtant d’un Mali financièrement assaini et administrativement correct, la bataille s’arrête là arguant qu’il s’agit d’une affaire judiciaire qui reste entre les mains des juges et des autorités nationales. Et pourtant, ce coup que d’aucuns qualifient de coup de théâtre doit être le départ de l’intensification de la volonté de vaincre le fléau de la corruption. Car, comme le dirait l’autre, les grandes Nations se construisent par la force des grandes volontés. En matière politique comme en toutes choses, la volonté humaine est la force déterminante. Seule, la justice ne peut rien encore moins le seul Président IBK.

La corruption a aujourd’hui largement gangrené le tissu social, notamment dans sa forme la plus pernicieuse, pudiquement appelée « débrouillardise ». Elle a atteint toutes les catégories sociales, toutes les couches sociales, toutes les classes sociales.
C’est alors le moment ou jamais pour les opérateurs économiques, les leaders d’opinion, la classe politique, la société civile de se montrer intransigeants vis-à-vis de ce mal ; de forger une nouvelle mentalité pour les Maliens afin de faire face à leur destin. Il s’agit de multiplier les 5 avril 2019 pour montrer aux dirigeants, aux corrompus et aux délinquants financiers ainsi qu’à la communauté internationale que la souveraineté du Mali est entre les mains des Maliens et nulle autre personne. Que les Maliens feront du Mali ce qu’il sera. C’est dans ce sens que nous nous rendrons utiles à notre pays et notre peuple.

Par Sidi DAO

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