Concertation gouvernement-partis politiques : Le ministre Maïga prouve, document à l’appui, que les cartes Nina vierges existantes sont de 10.679

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Abdoulaye Idrissa Maïga
Le PM Abdoulaye Idrissa Maiga,

Le 12 avril 2016, l’opposition politique a décidé de ne plus siéger au sein du «Cadre de concertation ministère de l’Administration territoriale et présidents des partis politiques» avant la satisfaction de certaines revendications. Elle exige notamment «la résolution immédiate des questions relatives aux 900 000 cartes NINA». Mais, pour le ministère de l’Administration territoriale, le reliquat des cartes NINA vierges  existantes est de 10 679. Et il le prouve document à l’appui.

A quoi joue l’opposition politique malienne ? C’est la question que l’on se pose au gouvernement, notamment au ministère de l’Administration territoriale depuis que celle-ci a décidé de bouder son cadre de concertation avec les présidents des partis politiques le 12 avril dernier. Et cela sous prétexte de la non satisfaction de certaines exigences.

«Monsieur le Ministre, l’ordre du jour de la réunion de ce mardi, 12 avril 2016, (loi électorale, charte des partis, agenda des élections, chronogramme des élections etc.) démontre éloquemment le refus de votre gouvernement de tirer les leçons des tentatives antérieures d’organiser les communales et les régionales en faisant fi de la situation sécuritaire générale du pays et des engagements pris par ce même gouvernement dans le cadre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger», avait indiqué Djiguiba Kéita dit PPR, secrétaire général du Parena, pour justifier cette décision.

«Nous quittons le Cadre de concertation que vous présidez. Nous y reviendrons le jour où les questions institutionnelles, politiques et électorales seront mises en discussion dans une vision globale», a annoncé PPR en lisant une déclaration des partis politiques de l’opposition avant de quitter la salle.

Surpris autant que la majorité des chroniqueurs politiques par cette décision, nous avons cherché à en savoir plus, notamment sur les «900 000» cartes NINA qui semblent si préoccuper le Chef de l’opposition et ses alliés politiques.

Il nous revient que, dans le cadre de l’organisation des élections présidentielles et législatives de 2013, le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a conclu avec Safran Morpho le marché (N° 0094.DGMP-2013) relatif à la fourniture de 8 millions de cartes NINA.

Après production, le nombre exact des cartes NINA personnalisées était de 6 877 449 et 227 395 rebus de production. Et suite aux opérations d’achèvement du Recensement administratif à vocation d’Etat civil (RAVEC), 620 180 nouveaux majeurs ont été enregistrés. Un chiffre auquel s’ajoutent 1 862 personnes ayant perdu la précieuse carte.

Selon nos investigations, 622 042 ont été ainsi personnalisées, dont 15 795 pour les besoins de l’organisation de l’élection législative partielle en commune V du district de Bamako. Suite également à la révision annuelle des listes électorales d’octobre à décembre 2015, 139 357 ont été envoyées à Dijon (France) en vue de leur personnalisation. Elles doivent être livrées avant la fin de ce mois d’avril 2016.

Le ministère de l’Administration territoriale assure que «toutes ces opérations de personnalisation de cartes ont été prélevées sur le reliquat de 895 156 cartes vierges de 2013». Et qu’elles ont fait «l’objet de constats d’huissier et de supervision par la CENI».

Au finish, sur les 8 millions de cartes pré-personnalisées, 7 759 712 ont été personnalisées et des rebus sont au nombre 229 609, soit un total de 7 989 321 cartes utilisées. Le reliquat  est donc 10 679 cartes vierges existantes. Nous sommes dont très loin des 900 mille cartes revendiquées par l’opposition politique comme l’une des raisons pour bouder le cadre de concertation entre ministère de l’Administration territoriale et les présidents des partis politiques.

La rue n’est pas le meilleur endroit pour se faire entendre aujourd’hui

Ce retrait a surpris plus d’un observateur de la classe politique malienne. Et cela d’autant plus qu’il s’agit bien évidemment d’un «cadre de concertation» instauré pour élargir le dialogue politique en échangeant et en trouvant des solutions communes aux craintes et préoccupations.

En claquant la porte, l’opposition démontre qu’elle n’est plus dans une logique du dialogue politique qu’elle ne cesse pourtant de réclamer.

En dénonçant «la fuite en avant» qui caractérise l’action gouvernementale, elle est dans son rôle, mais prouve par la même occasion sa décision n’est pas seulement motivée par les raisons évoquées. Jusque-là, ce cadre de concertation avait permis de maintenir le dialogue et de résoudre en amont des questions comme les différents reports des élections communales et régionales. Et tous les acteurs ont la liberté de donner leur point de vue, de défendre ses opinions…

Ainsi, tous les reports ont été décidés d’un commun accord au sein de ce cadre de concertation qui offre à toutes forces politiques, opposition et majorité, un espace idéal de débat indispensable à la consolidation de notre démocratie.

Notre analyse est que l’opposition veut tenter un coup de Poker : descendre dans la rue pour se faire prendre au sérieux par le gouvernement ! Elle mise sur le mécontentement populaire par rapport au régime en place pour prouver ses capacités de mobilisation contre le gouvernement.

Un véritable coup de Poker dans la mesure où nul ne peut garantir l’issue d’une telle démarche. Elle (opposition) a eu le flair d’ajourner la marche programmer pour le 25 avril prochain (en raison de la maladie du président de la République) pour crier haut et fort tout ce qu’elle reproche à l’action gouvernementale.

Flair parce que les leaders de l’opposition semblent négliger une donne essentielle dans la réussite de sa nouvelle stratégie : le dépit ! Les Maliens sont dépités de la politique, de ses acteurs aussi bien de l’opposition que de la majorité. Ce qui fait que la rue ne semble pas, à notre humble avis, l’endroit idéal pour se faire entendre, comprendre et peser sur l’action gouvernementale.

Autant revenir à des meilleurs sentiments et rejoindre le cadre de concertation qui est sans doute le mieux indiqué pour accéder à cette «vision globale» de la gestion du pays à laquelle elle tient tant. Serein, le ministre de l’Administration territoriale lui, garde, les portes largement ouvertes !

Hamady Tamba

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1 commentaire

  1. Prise de position loufoque et saugrenue voilà l’opposition en général sur notre continent.Et tout cela pour des interêts sordides et particuliers.Pauvres de Maliens que nous sommes à quand une véritable politique de developpement profitable à tous et à toutes. Le 26 mars aura été pour rien sinon pour ceux qui avaient leur dessein machiavelique à mettre à jour, nous y voilà aujourd’hui

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