Crise sociopolitique : IBK, un président esseulé

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Abandonné par sa majorité, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, fait seul face au Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotique (M5-RFP), qui manifeste depuis quelques jours pour exiger sa démission et celle de son régime. Pendant ce temps, sa majorité brille par son absence.

Depuis le début de la manifestation contre son régime, il y a de cela quelques semaines, les soutiens d’IBK se font rares. Isolé, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, fait seul face à la contestation contre son régime. Le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces Patriotique (M5-RFP), ayant réclamé sa démission et celle de tout son régime.

Un malaise au sein de la majorité

La majorité présidentielle qui devrait lui venir en aide brille par son absence. Il est vrai que le chef de l’Etat n’a pas facilité la tâche aux hommes et femmes de sa famille politique, en les traitant publiquement « de majorité molle et dolosive ». Selon de nombreux observateurs, le président de la République a écarté son parti (le Rassemblement pour le Mali, Rpm) de la gestion des affaires publiques, en indiquant que ce n’est pas le Rpm qui l’a fait venir au pouvoir. Et, des observateurs pensent que cette phrase assassine, plusieurs fois répétée, par le président IBK, a fini par entraîner un malaise au sein de sa majorité.

L’imposition de Moussa Timbiné à la présidence de l’Assemblée nationale contre le choix du parti a fini par déborder une coupe qui était déjà trop pleine. « Qu’est-ce qu’on peut faire et qu’est-ce que voulez-vous que nous fassions ?» se questionne un cadre de la majorité, selon lequel le chef de l’Etat n’a donné ni les moyens encore moins les leviers nécessaires aux membres de son parti afin de gérer une pareille crise politique.

Cette analyse de notre interlocuteur est partagée par beaucoup d’observateurs de la scène politique qui affirment que la majorité présidentielle ne peut être que spectatrice dans cette crise. Même s’ils soulignent les initiatives prises par le président du parti présidentiel, Dr. Bocary Tréta, qui se bat comme il peut pour faire descendre l’adrénaline.

C’est dans cet ordre d’idée qu’au nom de la majorité présidentielle, il a, à travers un courrier, demandé à rencontrer les acteurs du M5-RFP. Il avait auparavant rencontré au siège du chef de file de l’opposition, le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD), un des membres du M5-RFP. En plus de l’initiative de Dr. Tréta, il faut aussi ajouter la création de la Convergence des Forces Républicaines (CFR), qui, au cours d’un point de presse, se dit résolue à défendre le régime IBK jusqu’au sacrifice ultime.

IBK, abandonné par ses soutiens

Malgré cela, le constat est amer : le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, se sent seul. L’attitude de ses partisans peut apparaître à bien des égards comme une trahison. Ils l’ont abandonné à son triste sort. En effet, bien qu’il soit entouré par des milliers de personnes, IBK manque d’hommes et de femmes aguerris, capables d’aller au charbon pour lui. En dehors de quelques réactions épidermiques, ses partisans manquant d’initiatives et ne veulent pas se « mouiller ».

Ceci est d’autant plus vrai qu’à part quelques-uns, aucun d’entre eux n’accepte ni de défendre ni de revendiquer publiquement le bilan du chef de l’Etat dans les médias, comme s’ils ne le partageaient pas. Ce qui fait dire aux analystes que les soutiens du chef de l’Etat lui rendent la monnaie de sa pièce.

Pour ne rien arranger, certains de ses partisans ont quitté le navire. Ce sont les cas de Niankoro Yéah Samaké et Jamille Bittar qui l’avaient soutenu en 2018 lors de la dernière présidentielle. Ils ont rejoint le camp de la contestation. Il n’est même pas exclu, préviennent les observateurs, que d’autres fassent de même.

Pourtant, les soutiens d’IBK doivent sortir de leur torpeur afin de prendre la température des évènements en proposant des solutions de sortie de crise. C’est en cela qu’ils vont rendre un fier service au chef de l’Etat et par ricochet à la République entière. Et c’est d’ailleurs sur ce point qu’ils sont attendus. Toute autre chose serait considérée comme suicidaire et pour eux et pour IBK.

Abdrahamane SISSOKO

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4 COMMENTAIRES

  1. Décider de défendre la DÉMOCRATIE ne peut pas être suicidaire, c’est plutôt souhaité et salutaire.
    ÉCARTER LE PARTI MAJORITAIRE À L’ASSEMBLÉE NATIONALE À L’EXERCICE DU POUVOIR,C’EST VIOLER LES RÈGLES ÉLÉMENTAIRES DE LA DÉMOCRATIE ET LA CONSTITUTION DU 25 FÉVRIER 1992.
    Que les cadres du RPM décident de joindre le M5-RFP serait patriotique car destiné à pousser le président de la république à engager des actions pour le renforcement de la démocratie.
    Notre constitution prône le régime SEMI PRÉSIDENTIEL, pas le régime PRÉSIDENTIEL comme pratiqué et par ATT et par IBK.
    Si c’est le régime présidentiel, c’est le président de la république qui se présente au parlement comme aux états-unis.
    Si c’est SEMI- présidentiel,un premier ministre est nommé dans la majorité parlementaire reflétant le partage du pouvoir.
    Ni ATT, ni IBK ne l’ont respecté.
    C’EST POURQUOI, IL N’Y AVAIT, EN RÉALITÉ, PAS DE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE SUR LES ACTIVITÉS DU GOUVERNEMENT.
    Un clan autour des deux présidents gênait le travail du chef de gouvernement alors que c’est le parti au pouvoir ou le regroupement de partis qui doit régulièrement recadrer le chef de gouvernement,si l’exécutif du programme n’est pas satisfaisante.
    LA FORMATION DU GOUVERNEMENT SE FAIT AVEC LA MAJORITÉ PARLEMENTAIRE, UNIQUEMENT AVEC ELLE.
    Autrement, on n’a pas respecté l’esprit de la constitution.
    Que TRETA et ses CAMARADES restent toujours fidèles à IBK, c’est faire la politique pour servir un homme au lieu de servir un idéal.
    ILS ACCEPTENT D’ÊTRE LES ESCLAVES D’UN HOMME ET SON CLAN AU DÉTRIMENT DES INTÉRÊTS SUPÉRIEURS DU MALI.
    Dans ce contexte, si les crimes sont commis, ils sont coupables puisqu’ils ont décidé d’être fidèles aux pratiques de pouvoir d’un homme qu’à préserver la démocratie.
    Un homme politique doit savoir se démarquer à temps.
    OSER LUTTER,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue.

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