Grande déception des Maliens à l'endroit des Hommes Politiques : Vous nous avez tous trahis !

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Pourquoi au Mali, politique rime la plupart du temps avec trahison, escroquerie, vol en tout genre, traîtrise etc. ? C’est la question que se posent, depuis l’avènement de la démocratie pluraliste  dans notre pays, la majorité de nos concitoyens.

Ils ont partagé le monde, plus rien ne m’étonne ", l’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly, ne pouvait pas si bien dire dans un de ses titres en s’adressant aux grandes puissances qui ne sont accaparés du monde et en font aujourd’hui ce qu’ils veulent. Là, il s’agissait de l’échelle mondiale. Ce que nous voudrions ajouté à cette phrase de notre frère ivoirien, c’est que la même affirmation sied bel et bien à un degré national à un grand nombre (sinon tous) de pays africains, principalement le nôtre.

Seulement, en ce qui nous concerne, il s’agit principalement de la classe politique issue du mouvement dit démocratique. Ils se sont partagés le " gâteau Mali ", plus rien ne doit donc nous étonner de leur part. Ils ont mangé leur dignité, ils se sont assis sur leur honneur rien que pour remplir leur ventre. Tous sont prêts à tout pour se faire une petite place au soleil Mali au détriment du pauvre citoyen qui a de la peine à joindre les deux bouts. Tous les leaders ont oublié leur raison d’être au profit du gain facile.

Ce n’est pas ATT qui a divisé les formations politiques. Loin s’en faut. Ce sont les cadres des partis qui ont abandonné leurs camarades au profit du locataire de Koulouba. Ce sont eux qui ont, toute honte bue, violé les textes du partis, trahi leur honneur, oublié les valeurs sociétales de notre pays pour se caser dans le Mouvement Citoyen ou, en tout cas, dans un coin proche des " amis d’ATT ". A la place du président de la République qui aurait refusé cela ?

Disqualifiés  depuis 1992

Cette attitude qui caractérise actuellement les hommes politiques maliens n’a pas commencé aujourd’hui. En effet, depuis la chute de Moussa Traoré et la fin de la transition, les partis politiques maliens et ceux qui les animent ont montré leur vrai visage. La seule période où ils ont mis de côté leurs ambitions démesurées, c’est lors de lutte pour le départ de Moussa Traoré. Même sur ce point, chacun veut tirer la couverture sur lui. Tous veulent nous faire croire que ce sont eux qui ont fait partir celui qui a dirigé le pays 23 ans durant. Alors que c’est le peuple malien tout entier qui l’a débarqué. Principalement les enfants et les femmes. Car, seules ces deux couches menaient un combat noble, sans aucune autre idée derrière la tête. Malheureusement, ce n’est qu’après qu’elles l’ont compris. Tous les autres ambitionnaient de monter à Koulouba et de prendre la place à Moussa Traoré.

Le premier clash n’est-il pas venu au moment où ils ont commencé à se faire peur eux-mêmes en faisant courir la rumeur qu’ATT ne voulait pas quitter le pouvoir et qu’il était intéressé en premier par le poste de président de la République ? Il n’en était rien. Ce dernier a organisé des élections qu’on a, en tout cas, jugé crédibles et transparentes et a cédé le pouvoir à Alpha Oumar Konaré. Pendant dix ans, ils se sont bouffés les nez, Alpha et ses autres amis politiques. Certains avaient juré de rendre le pays ingouvernable. Le Coppo était passé par là. Déjà, on n’avait aucun souci pour le peuple malien. Seul l’intérêt personnel comptait. Les partis ont commencé à se diviser et on accusait toujours (comme c’est le cas maintenant avec ATT) de diviseur de partis sans apporter aucune preuve.

Toutes ces pratiques ont atteint leur point culminant à l’approche des élections générales de 2002. Exactement, comme nous le vivons maintenant, ils ont laissé tomber les masques.

Seul le pouvoir  compte

Ce qui est dangereux dans des pays comme le Mali, c’est que les hommes politiques pensent qu’en dehors de la majorité présidentielle, un parti ne peut pas exister. C’est cela qui explique certains de leurs agissements. La première formation à s’être comporté de la sorte n’est autre que l’ancien parti au pouvoir. En 2002, sachant qu’il n’y avait aucune issue pour accéder à Koulouba, les abeilles se sont agrippées à ATT. Après dix ans d’exercice du pouvoir, le slogan de l’Adema était et l’est toujours : " Tout sauf l’opposition ". On assista alors à des scénarios des plus ignobles alimentés de trahisons, de coups bas et de traîtrises en tout genre. Le premier a été de jouer contre le candidat investi par la majorité des militants, Soumaïla Cissé.

Bien avant les élections, ils avaient pris des dispositions pour cela. C’est ainsi que des responsables qui, pour certains en réalité, ne représentaient pas grand chose ont crée un groupe qu’ils ont appelé celui des " dix ". Un groupe qui s’est carrément démarqué du parti rouge et blanc et qui ne travaillait que pour son propre compte. Ensuite vint la phase des candidatures ridicules, farfelues et fantaisistes comme celles de El-Madani Diallo et Mandé Sidibé. A chaque fois donc, comme on peut le constater, ce sont les intérêts personnels qui ont primé sur le collectif. Sinon, comment expliquer que l’on décide de tenir des primaires au sien d’un parti et qu’on refuse ensuite de soutenir le candidat investi par cette instance régulière.

Auparavant, rien que pour le pouvoir, l’Adema était déjà divisé à travers l’idée venue d’on ne sait où de rénovation et de conservation. " Les rénovateurs " avec à leur tête le clan CMDT composé de Soumaïla Cissé, les époux Sy, Soumeylou Boubèye (même s’il n’a jamais servi à la CMDT) et les conservateurs drivés par l’actuel président de l’Assemblée nation Ibrim Boubacar Kéïta se sont livrés un combat sans merci pour le contrôle du parti. Finalement IBK qui n’était plus en odeur de sainteté auprès d’Alpha a été obligé de quitter le bateau Adema pour, plus tard, créer le RPM. Ce petit rappel prouve à suffisance le manque de sérieux et de patriotisme des hommes politiques maliens qui n’ont d’autres soucis que celui de se faire une situation au détriment du peuple.

ATT-Mania :  Nous sommes  tous ses " amis "

Quand il venait au pouvoir, ATT ambitionnait de renouveler la classe politique malienne et mettre sous l’éteignoir ceux qui, pendant dix ans, ont abusé du peuple. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il était de bonne foi. Malheureusement, à peine installé à Koulouba il a été pris en otage. Son idée de consensus a été mal compris par certains et récupéré par les autres. D’autres se sont engouffrés dans la brèche avec pour prétexte que c’est le président qui ne veut pas d’opposition et que tous ont été conviés à la table Mali (ils auraient pu dire au partage de gâteau plutôt). L’Adema voyait pour elle un échappatoire à dix ans de traversée de désert programmée tan disque les autres, tels que Miria, le MPR, le Cnid, le Bdia etc…estimaient que c’est pour eux la fin de dix ans de traversée de désert. Le désordre devenait indescriptible.

Subitement, comme par hasard, on a oublié toutes les rancoeurs, toutes les querelles mesquines et les plus farouches opposants d’hier sont devenus les plus fidèles amis d’aujourd’hui. Ceux qui se vouaient une haine viscérale sont devenus plus que jamais les plus grands complices. On a assisté à la venue sur la scène politique d’illustres inconnus sans aucune expérience. Les aventuriers ont fait leur apparition et au premier plan. Le peuple a été superbement ignoré pour la simple et bonne raison que ceux sensés se préoccuper de leur sort n’avaient auparavant jamais eu de contact avec eux. Ça ne s’improvise pas, en réalité, une carrière d’homme politique. Il faut être en permanence en contact avec le peuple, savoir décrypter ses messages en savoir observer dans sa direction. Tel n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui. Nombre de responsables politiques aujourd’hui sont venus dans le milieu par hasard, juste pour s’enrichir. D’ailleurs le gouvernement en pullule.

La seule direction qui vaille pour eux, c’est ATT. On n’est prêt à tout pour le faire plaisir, on le cache les choses sérieuses. Imaginez seulement l’attitude de ceux qui se disent ses amis à la sortie du livre ATT-Cratie : la promotion d’un homme et de son clan. Qui parle, soit dit en passant, de ministres hommes d’affaires, propriétaires terriens (nous reviendrons sur le cas d’un ministre disposant de plus d’une vingtaine de lots en vente en Commune I et de celui ayant construit deux maisons à trois niveaux côte à côte à l’ACI 2000) et autres. Malgré les graves accusations directes portées à leur endroit, aucun n’a osé lever le petit doigt. Comme s’ils avouaient les révélations du Sphinx.

A suivre…

Makan KONE

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