Ibrahima Sangho, responsable de la société civile face à la presse hier : «L’Organe unique de gestion des élections doit être mis en place 6 mois, au moins, avant la tenue des scrutins »

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Les responsables de la Synergie 22 des Organisations de la société civile du Mali étaient face à la presse, le lundi 28 juin 2021, à la Maison de la Presse du Mali (Bamako) pour inviter les autorités de la transition à mettre en place l’organe unique de gestion des élections six mois avant les scrutins. « La leçon qu’on peut tirer de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) de 1997 est qu’il faut un large consensus entre les parties prenantes (gouvernement, partis politiques et société civile), pour définir les missions et attributions d’un Organe unique de gestion des élections. Il doit être mis en place six mois, au moins, avant la tenue des scrutins », a souligné Ibrahima Sangho de la Synergie 22.

Cette conférence de presse était principalement animée par Dr. Ibrahima Sangho de l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance au Mali, en présence d’Abdoulaye Guindo de DONIBLOG et d’autres personnalités.

Dans la déclaration liminaire lue par Ibrahima Sangho, la Synergie 22 dit avoir pris note de la volonté du Gouvernement de la République du Mali, mis en place le 11 juin 2021, de mettre en place et d’opérationnaliser un Organe unique de gestion des élections (OGE), pour organiser les élections de fin de transition. « Au regard de l’OGE unique et indépendant, voulu par le Gouvernement actuel et longtemps réclamé par la majorité de la classe politique et des organisations de la société civile, on peut se référer à la CENI de 1997 qui a connu deux problèmes majeurs. Le premier est qu’elle a été mise en place en janvier pour organiser des élections en avril ; soit 3 mois seulement après.

Le deuxième est relatif à l’accompagnement timide des représentants de l’État dans les circonscriptions administratives qui se voyaient dépouiller de leurs prérogatives acquises dans l’organisation des premières élections démocratiques entre 1992 et 1996 », a déclaré Ibrahima Sangho. Nonobstant, dit-il, la CENI de 1997 a pu organiser l’élection présidentielle, le 11 mai 1997 (tour unique qui a vu la victoire de Alpha Oumar Konaré avec 1.056.819 sur son challenger Mamadou dit Maribatrou DIABY qui a obtenu 45.160) et les deux tours des élections législatives le 20 juillet 1997 et le 3 août 1997. « La leçon qu’on peut tirer de la CENI de 1997 est qu’il faut un large consensus entre les parties prenantes (gouvernement, partis politiques et société civile), pour définir les missions et attributions d’un Organe unique de gestion des élections. Il doit être mis en place six (6) mois, au moins, avant la tenue des scrutins », a dit Ibrahima Sangho. La Synergie 22 estime qu’il faut recentrer les missions de la transition, dont la durée restante est de neuf mois, autour de quatre axes : le rétablissement et le renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national ; la promotion de la bonne gouvernance ; les réformes politiques institutionnelles et électorales à minima ; et l’organisation des élections générales. La Synergie 22 recommande pour une transition apaisée et inclusive, qu’un chronogramme clair, précis et réaliste soit publié pour définir la période des réformes et celle des élections nécessaires de fin de transition; que la Société civile, les Partis politiques et les Autorités de la transition développent et mettent en œuvre une stratégie d’éducation civique et électorale afin d’informer et de sensibiliser les citoyens et citoyennes sur les réformes à entreprendre et les élections de fin de transition ; que les Partenaires bi et multilatéraux accompagnent fortement l’ensemble des acteurs qui œuvrent pour une transition réussie au Mali.

Pour des élections crédibles qui inspirent confiance à toutes les parties prenantes, la Synergie 22 prône la publication en ligne des résultats des scrutins par centres et bureaux de vote, au fur et à mesure de la proclamation des résultats; la hausse du nombre actuel de 147 députés déterminés suivant le recensement administratif de 1996, en prenant en compte les chiffres du dernier recensement de la population ; le changement du mode de scrutin actuel pour l’élection des députés à l’Assemblée nationale (majoritaire uninominal ou plurinominal à deux tours) en un mode de scrutin proportionnel ; l’organisation d’une revision exceptionnelle des listes électorales ; la prise en compte les nouveaux majeurs dans le fichier électoral ; la création d’un organe indépendant et unique de gestion des élections (OGE) dans la Constitution et la Loi électorale, dans un souci de cohérence et d’efficacité technique et financière. Pour une meilleure gouvernance après la transition, la Synergie 22 invite les autorités à relire les attributions de la Cour constitutionnelle ; à Supprimer la simple participation (15%) aux élections dans les critères de l’aide publique aux partis politiques pour les inciter à faire face à leurs objectifs de création à savoir la conquête et l’exercice du pouvoir ; à mettre les verrous pour l’appréciation des coups d’État ou putschs pour empêcher des problèmes de qualification et empêcher toute amnistie aux putschistes.

Aguibou Sogodogo

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6 COMMENTAIRES

  1. Quelque soit les textes et les structures qu’on aurait mis en place pour l’organisation des élections à venir, si les hommes et femmes qu’on auraient mis en place pour les manager ne sont pas intègres et crédibles, nous n’aurons aucun résultat tangible dans l’organisation de ces dernières, cela est indéniable. Au Mali, ce qui a manqué, c’est d’avoir des hommes et des femmes de confiance et crédibles pour bien organiser les élections, sinon les textes restent sûrs en général. Nos élections ont toujours été entachées de fraudes et de corruptions à tous les niveaux de nos institutions sous le regard braqué des politiciens oubliant qu’ils sont entrain de détruire leur pays en sourdine, c’est dommage, quels politiciens bizarres et inconscients qui mettent le feu à leur bien commun à cause d’un seul mandat.

  2. Il faut savoir dissocier les jeux politiques des ACTEURS POLITIQUES de la réalité de la mise en place des organes institutionnels dédiés à faciliter la transparence et la sincérité des élections.
    Le premier président de la CENI MAÎTRE TAPO a informé le public que l’initiative de l’organisation des élections de 1997 par un organe indépendant est partie de l’opposition face à L’ADEMA PASJ alors qu’on était en moins d’une année des élections.
    Au constat du comportement de l’opposition après L’ÉCHEC DE L’ORGANISATION DES ÉLECTIONS,à différencier de la CONFISCATION DU POUVOIR EN 2018,car on a tenté de mettre les deux au même niveau,on peut dire que le jeu politique a consisté à pousser le gouvernement à mal organiser les élections afin de rendre la vie difficile au PRÉSIDENT ALPHA OUMAR KONARÉ qu’on savait imbattable dans les URNES,son CHALLENGER TIOULE MAMADOU KONATE ayant quitté ce monde deux ans avant.
    Si le gouvernement refusait la proposition de L’OPPOSITION de créer un ORGANE INDÉPENDANT,un autre combat aussi allait s’engager c’est à dire ce qu’on connaît à partir de 2002 depuis que l’administration oraganise les élections:contester la légitimité du PRÉSIDENT ÉLU afin de pousser l’élu à un gouvernement consensuel.
    En 2002,la contestation du premier tour a poussé la communauté internationale à obliger IBK à reconnaître les résultats du vote afin d’éviter toute confrontation post électorale en contre-partie il a signé un accord politique avec l’un des candidats au deuxième tour lui permettant d’être le président de l’ assemblée nationale.
    En 1997,ALPHA OUMAR KONARÉ a voulu éviter ce scénario en acceptant l’organe unique croyant convaincre l’opposition à accepter le résultat des URNES.
    C’était un piège.
    On savait que le temps imparti ne pouvait permettre une bonne organisation des élections par des personnes qui n’ont aucune expérience.
    QUAND LE COUAC S’EST PRODUIT,TOUS LES CANDIDATS DE L’OPPOSITION SE SONT RETIRÉS DE LA COURSE DANS LE SEUL BUT DE CRÉER UNE VACANCE DE POUVOIR AFIN D’ENTAMER UNE NOUVELLE TRANSITION.
    Le jeu politique a été perçu par L’ADEMA PASJ,un candidat a été convaincu de participer afin de rendre l’élection présentable sans la rendre illégitime même si le président sortant partait seul.
    ALPHA OUMAR KONARÉ a été élu,mais ses opposants ont continué à contester sa légitimité comme si elle s’acquiert seulement dans les URNES.
    ELLE EST SURTOUT DANS LE TRAVAIL AU SERVICE DES CITOYENS.
    Les COUP D’ÉTAT successifs approuvés par la population contre les présidents élus montrent que la légitimité n’est pas uniquement dans les URNES.
    Que CHOGUEL MAIGA fasse l’organe unique des élections contre la volonté d’une partie de la classe politique dont MAÎTRE TAPO risque de créer le phénomène que lui a contribué à initier contre ALPHA OUMAR KONARÉ.
    Le phénomène qui consiste à empêcher l’organisation des élections par le gouvernement en place au motif que la première a échoué.
    On demandera automatiquement la démission de CHOGUEL MAIGA,si l’organisation ÉCHOUE.
    On ne parle pas ici de la constatation des résultats.
    Par exemple le jour du scrutin,la liste des électeurs de la commune 3 se retrouve dans les bureaux de vote de la commune 4.
    La contestation commence avant même la proclamation des résultats.
    C’est ce qui est arrivé en 1997.
    Mais malgré que la cour constitutionnelle a annulé les résultats,l’opposition a refusé de participer à la nouvelle date fixée.
    La haine qu’ont certains hommes politiques envers CHOGUEL MAIGA risque de faire répéter l’histoire.
    En 1997,cette haine était dirigée contre IBK.
    On a demandé sa démission.
    CHOGUEL MAIGA faisait partie des HAINEUX.
    Il faut faire confiance à deux grands connaisseurs de l’organisation des élections:DR OUSMANE SY et DR IBRAHIM FOMBA.
    Ils insistent comme MAÎTRE TAPO que ce serait impossible.
    La seule solution,c’est adapté la durée de la transition au temps de la mise en place de l’organe unique des élections.
    CHOGUEL MAIGA doit utiliser sa science politique pour convaincre la communauté internationale.
    Sinon,il faut prévoir une crise post électorale comparable à celle de 1997.
    Donc une transition qui se prolonge ipso facto.
    La crise sécuritaire en cour rend cette transition différente de toutes les autres.
    Il serait plus raisonnable de recomposer le CNT en y faisant représenter toutes les couches de la société,donner au gouvernement l’inclusivité nécessaire,de prolonger la durée de la transition afin de sortir de cette transition,non pas seulement avec des élus legitimes,mais aussi et surtout des institutions fortes.
    OSER LUTTER,C’EST OSER VAINCRE!
    La lutte continue.

  3. Encore voilà un plaisantin synergie 22 c’est quoi encore ? Des alimentaires pseudo experts s’agitent toujours pour raconter leur vie.

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