La France a-t-elle lâché IBK ?

25 Juil 2018 - 00:49
Mis à jour: 8 ans
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La France a-t-elle lâché IBK ?
Ibrahim Boubacar Keïta
C’est un secret de polichinelle dans les milieux diplomatiques. La France d’Emmanuel Macron, qui surveille comme le lait sur le feu l’évolution de la situation dans notre pays, a longtemps considéré IBK et son régime comme « un moindre mal ». Même si le courant n’est jamais passé entre les deux hommes. Leurs rapports étaient courtois mais crispés. Rien à voir avec les effusions chaleureuses qui étaient en cours du temps du socialiste François Hollande, l’anti-modèle de Macron. Dès son premier voyage au Mali, en juin 2017, le patron d’En Marche a volontairement instauré de la distance, en choisissant, au mépris de tous les usages, de débarquer à Gao, où le président « fou du Mali », tout penaud, a dû venir l’accueillir sur le tarmac pour passer en revue les troupes françaises. Les diplomates français, en privé, ne cachaient plus leur consternation au sujet du bilan IBK. Bruno Joubert, l’ancien patron de la cellule Afrique sous Nicolas Sarkozy, qui reste une voix très écoutée, a même signé une tribune remarquée, dans le journal Le Monde, en décembre 2017, pour dire que les responsables maliens « ne donnaient pas le sentiment d’être concernés par la réconciliation ». Joubert dénonçait « l’incroyable inertie » des dirigeants maliens et pointait le risque d’un « enlisement » de Barkhane. Malgré tout, la nomination de SoumeylouBoubèyeMaïga à la Primature avait rassuré les Français. Du moins au début. Le Sphinx pouvait être l’homme de la situation, la béquille d’un président paresseux et dépassé par les événements. On voulait le croire à Paris. Le caractère d’homme à poigne de Boubeye était vu comme une garantie. L’illusion n’a plus cours maintenant. La condamnation par le Quai d’Orsay de la répression de la marche de l’opposition, le 2 juin, à Bamako, a laissé entrevoir des signes d’exaspération côté français. Les exactions imputées aux FAMA à Nantaka et Kobaka, dans la région de Mopti, et l’attentat contre le QG du G5 Sahel, à Sévaré (le 29 juin) ont été les gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase. Paris et ses alliés du G5 ne font plus confiance à IBK ! Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, n’a pas caché son agacement aux journalistes qui l’accompagnaient en Mauritanie, le 2 juillet, pour le sommet extraordinaire du G5 Sahel de Nouakchott. Le remplacement du général malien Didier Dacko, commandant de la force conjointe du G5 Sahel, par le Mauritanien Hannena Ould Sidi, décidé pendant ce sommet et officialisé le 13 juillet a été un désaveu cinglant pour IBK. Les images de ce dernier, visiblement contrarié à Nouakchott, ne trompaient d’ailleurs pas. Il n’est jamais plaisant de se faire chapitrer par ses pairs, même à huis clos ! Les jugements les plus mordants sont cependant venus des députés tricolores. Réagissant à l’attentat de Sévaré et à une attaque ayant visé des soldats de Barkhane, Jean-Jacques Bridey, le président de la commission de la Défense de l’Assemblée nationalea estimé au micro de RFI le 2 juillet que le pouvoir malien actuel n’était « pas à la hauteur des enjeux ». Très proche de Jean-Yves Le Drian, ce député d’En Marche a ajouté : « Nous sommes à 4 semaines d’élections présidentielles, on ne sait toujours pas si ce scrutin pourra se tenir. J’ai l’impression qu’il n’y a pas de véritable volonté de tenir ces élections de la part du pouvoir malien. C’est très préoccupant. » Difficile de faire plus clair : aujourd’hui, pour la France, IBK n’est plus un moindre mal, mais une épine dans le pied. Une carte brûlée. Le locataire du Palais de Koulouba aurait tort de considérer le soutien de la France, et, par ricochet, celui de ses alliés, comme lui étant acquis, notamment en cas de crise post-électorale. Aucun dérapage ne sera toléré. La Rédaction

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Commentaires (19)

User
Herrman
Herrman 8 ans
Ce n'est pas la FRANCE et surtout Jean Yves Le Drian qui doit choisir un président de la république pour les maliens. Que cela soit clair et nous en foutons de qui ils choisissent chez eux. Seulement tous sauf IBK qui est la DECEPTION en personne.
Lekoroba
Lekoroba 8 ans
Bonjour en faite IBK SOUMI ET AUTRES sont tous pareils j'ai pas la confiance placé a qui que se soit. Ce pays est tjrs malade. Voyons les choses en face pourquoi on s'accroche au pouvoir
Kinguiranke
Kinguiranke 8 ans
Le roi MAUDIT de segou, tout comme ton Cherif de Nioro du Sahel et l'Imam Dicko la France de Macron a lache le lache IBK il y a longtemps, Macron n'est pas Holland et Tomi alors il a pris ses distances et surtout apres l'attaque du QG DES G5 a Severe, Macron a desavoue IBK car il a compris qu'il n'est pas soucieux de l'interet superieur du Mali un partenaire privilegie de la France.
satigui traore
satigui traore 8 ans
Chers soupporteurs,de grâce de créer de problèmes à Ibk à cause de vos intérêts personnels.Que dieu nous sauve peut-être dans l'avenir nous serons libre de la France, mais actuellement nous ne pouvons rien.de grâce ne créer de problème pour notre vieux.je crois que le vieux est intelligent et il ne va pas vous écouter, ne le pousser pas à aller vers le feu.regarder le cas de gbagbo Laurent où ses partisans, tel que afiguesan et autres lui ont poussée et jusqu'à détruire sa vie
Inna
Inna 8 ans
La seule et unique question c est de savoir si le malien va rester petit d esprit ou si on veut s affirmer au lieu de nous chanter ce refrain a la con qui tend a nous dire que nos pays ne respirent que par la France. Merde espwces de complexes
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