Marche de l’opposition : Mobilisation pour sauver la nation

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Il faut vraiment plaindre ceux qui n’auront vu que 1000 personnes dans la marche de l’opposition le samedi dernier, car, il est désormais clair que leur cécité les perdra. Il faut convenir que la marche de l’opposition et de la société civile du 1er Octobre, avait l’allure d’un dernier avertissement à un pouvoir englué dans une stratégie d’échec permanent. Articulée autour de mots d’ordre du retrait de la nouvelle loi électorale, de la tenue diligente des concertations nationales, pour le retour du Président Amadou Toumani Touré et de l’arrêt de la censure que l’ORTM fait subir à l’opposition politique, la marche du samedi a tenu la promesses des fleurs. Analyse.
Elle fut massive et grandiose, tous les âges, toutes les catégories socioprofessionnelles y ont pris part dans la discipline et la détermination.
Jamais dans l’histoire démocratique du Mali, un pouvoir n’a été aussi honni en trois ans seulement de son installation ; les Maliens ont le sentiment précis que leur pays est à l’abandon, victime de la gouvernance IBK.
Devant l’impasse et l’impuissance dans la gestion du pays, il urge donc de convoquer le peuple malien en concertation nationale en vue de redonner une boussole à la nation.
D’où l’urgence de convoquer les concertations nationales pour lesquelles l’opposition et les forces vives du pays se battent depuis fort longtemps.
La tenue de véritables concertations nationales est devenue un impératif. Ill ne s’agira pas d’une « Conférence d’Entente nationale » limitée aux seuls signataires de l’accord d’Alger, lesquels d’ailleurs n’ont ni la même compréhension du contenu dudit accord encore moins, les modalités pratiques de son application.
En effet, telle que définie dans l’accord, la Conférence d’Entente nationale n’est pas un espace de dialogue refondateur, sa composition et les résultats qui y sont attendus n’impliquent aucun pouvoir de modification ou de réécriture de l’accord au regard de l’exigence de refondation institutionnelle et républicaine de notre pays.
Des concertations nationales pour sortir le Mali dans la vase
C’est pourquoi, les concertations nationales, que les forces vives de la nation demandent, doivent porter sur une vision de l’avenir des institutions de notre pays, élaborant les conditions véritables de la restauration de la paix, celles relatives à la défense et la sécurité dans le pays, et également devant conduire à la définition des réformes constitutionnelles du Mali d’après crise.
En effet notre pays, le Mali, est dans la vase. Sur le chemin de l’âge adulte, notre nation a trébuché, victime de l’incroyable talent d’autodestruction de certains ses fils qui n’avaient qu’en vue leur souci d’assouvir un appétit de pouvoir.
La nation doit se reconstruire par ses hommes qui lui sont restés fidèles et par d’autres qui sont prêts à faire leur mue, mais aussi par des nouvelles idées.
Cela ne pourra se faire que quand toutes les forces organisées et mêmes les personnalités indépendantes et les intellectuels organiques, au sens Gramscien du terme, s’engagent dans un profond travail sur les valeurs à promouvoir, la morale publique qui a fait dans le passé notre respectabilité en Afrique et sur les idées porteuses de progrès social.
Tout le monde (partis politiques, sociétés civiles) a semblé ignoré ce dont le pays a le plus besoin aujourd’hui plus que tout : les principes et les valeurs qui ont fondé cette nation, celles qui ont permis à nos ancêtres, puis aux pères fondateurs de conquérir le monde.
L’urgence est de reconnaître que nous sommes sans boussole et que nous avons à travailler pour retrouver le cap.
C’est au moment où le pays à d’autres priorités, que le Gouvernement détourne l’attention des Maliens sur une relecture de la loi électorale. Une relecture qui viole la constitution et les engagements internationaux du Mali.
Contre une loi d’exclusion et du recul démocratique
Le maintien de la nouvelle loi électorale conduira le pays vers un conflit politique majeur avant et après les élections.
Elle crée l’exclusion et conduit à un recul démocratique sans précédent dans notre pays. Nous avons déjà signalé pourquoi et comment par cette loi IBK veut éliminer en particulier Modibo Sidibé des présidentielles de 2018.
Cette loi est une loi de circonstance, c’est-à-dire adoptée pour éliminer des personnes bien connues.
Le Président IBK fortement contesté depuis son arrivée au pouvoir par ses compatriotes, faute d’avoir su indiquer un horizon sur l’avenir du pays depuis le début de son mandat, se prépare à un hold-up politique dont le premier pas est la tentative d’éliminer tous les candidats, potentiellement dangereux pour sa réélection, aux prochaines élections présidentielles, qu’il prépare frénétiquement à coup de milliards dans le pays.

Pour comprendre cette triche à venir, il faut savoir que la nouvelle loi sera complétée par la charte des partis politiques dont la relecture est terminée et qui devra achever le verrouillage de la vie politique en faveur d’IBK et son clan.
Au-delà de son contenu personnalisé, cette loi, dans beaucoup de ses dispositions, ne garantit aucune transparence électorale. C’est le cas de l’introduction de vote anticipé des militaires, de la procédure de dépouillements des votes, du transfert des procès-verbaux, de la signature des procès-verbaux, de non publication des résultats par la CENI etc.
Par sa marche de samedi l’opposition avertit sur le danger que cette loi pourrait causer à la paix civile dans notre pays.

IBK porte seul la responsabilité du maintien d’ATT au Sénégal

La paix et la réconciliation sont des corollaires dans le Mali d’aujourd’hui, c’est pourquoi nul Malien ne comprend la résistance du président IBK au retour du Président Amadou Toumani Touré.
Le retour au Mali du Président Amadou Touré est, en effet subordonné à l’humeur du président IBK lui-même en violation absolue de l’article 12 de la Constitution qui dispose que « nul ne peut être contraint à l’exil ». Car, il s’agit dans le cas d’espèce d’un exil forcé.
Son maintien à l’extérieur du Mali est arbitraire, indigne de notre nation, piétine les idéaux et les valeurs de mars 1991, valeurs et idéaux clairement exprimés dans l’article 12 de la Constitution du 25 février 1992.
Nous le soulignions ici très sincèrement, qu’un pays s’humilie et se dévalorise aux yeux du reste du monde par la façon dont il traite ses anciens dirigeants.
Le pouvoir IBK dévalorise politiquement et moralement le Mali aux yeux de nos voisins, de la CEDEAO et de la communauté des démocraties par son comportement sur le retour, demandé et largement souhaité par les populations, du Président Amadou Toumani Touré.
Nombre des Maliens vivent cet exil d’ATT comme une honte pour leur pays et une injustice faite à l’intéressé. A cet égard la marche de samedi restaure la dignité du peuple malien.
L’ORTM le chaînon manquant de notre démocratie
Nous avons déjà signalé dans cette chronique « Mali-Niaiserie » comment l’ORTM est devenue le chaînon manquant de la démocratie malienne. L’éternelle absence de débat contradictoire sur les grands sujets de la nation, l’absence de débats publics, volontairement absent dans la couverture des tragédies qui frappent le pays, l’ORTM est cette boite noire qui n’excelle que dans la promotion de la pensée unique.
Dans cette nouvelle mission qu’elle s’est assignée, la passion de la « famille d’abord » a remplacée celle du « service public ».
L’ORTM qui se gargarise du slogan de « passion du service public » évite en vérité l’information.
Les déclarations de l’opposition mises sous le coude, les conférences de presse de l’opposition traitée par-dessus le menton, les débats contradictoires peints au noir, à l’ORTM la démocratie est mise en veilleuse.
En refusant d’entendre d’autre son de cloche et de façon contradictoire, l’ORTM maintient les Maliens dans l’ignorance totale des défis auxquels leur pays est confronté.
Mais les dirigeants de cette boite oublie la sagesse de l’adage selon lequel « les hautes herbes peuvent cacher les pintades, mais jamais étouffer leurs cris ».
Tous les médias nationaux privés ont pris la mesure du danger, voire la vanité de l’ostracisme fait à l’opposition. Ils ont essayé tant bien que mal à se faire exprimer toutes les sensibilités nationales. L’ORTM reste la seule absente de taille ; il est en retrait du débat national et du progrès de la démocratie dans notre pays.

Souleymane Koné

Ancien Ambassadeur

(Le titre est de notre Rédaction)

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5 COMMENTAIRES

  1. Je condamne ces marches .
    Pourquoi fragiliser une nation qui se recherche?
    Voyons les errances de ces dirigeants sans éthique ni conviction qui ne pensent qu’ a leur seul confort et qui pointent du doigt l Président à deux ans des élections.
    Pour des responsables honnêtes les discutions se font au sein des institutions et à défaut préparer l alternance.
    Je n ai jamais entendu l opposition denoncer les réalisations effectuées par les fonctionnaires les hommes politiques et les commercants en vue de justifier ces [email protected]
    SOYONS SÉRIEUX ET REGARDONS NOUS DANS LE MIROIR AVANT DE SE PAVANER POUR DÉFILER ET RETROMPER LE PLEUPLE UNE FOIS DE PLUS.
    IL FAUDRAIT REFAIRE LES OPERATIONS:
    TAXIS VILLAS ET HALTE AUX COMMERÇANTS
    TRICHEURS.
    MERCI.

  2. Cette marche était à mon avis une piqûre de rappel de du caractère désastreux de la gouvernance de notre pays. Les slogans et revendications affichés par les marcheurs sont plus que d’actualité. Je prend le cas des concertations nationales, tout le monde au Mali est d’accord que IBK a échoué et mieux il ne sait plus ce qu’il faut faire. Il ne fait que voyager, voler de l’argent du peuple, toutes les réalisations du Mali se dégrade. Il n’ y a plus de route entre Mopti et Gao, entre Bamako et Kayes, entre Yelimané et Kayes, bientôt entre Bamako et Sikasso etc…Ce qui l’intéresse c’est des voyages, s’acheter des des avions surfacturer les équipements de l’armée, continuer à mentir sur les étrangers qui nous aident.
    Pourquoi l’opposition ne doit pas dire tout cela aux maliens qui comprennent mais qui ont besoin de porte parole. Alors continuer à voir 100 où il y a 1000 et 1000 où il y a 100 000 on verra bientôt.

  3. Le Mali n’a pas besoin de tous ces tapages inutiles en ce moment .
    Toutes ces marches et ces tapages ne répondent nullement aux vraies aspirations des maliens .
    Les organisateurs de ces marches , ne visent et ne se préoccupent que de leurs propres intérêts personnels certainement pas ceux des maliens .

    Les maliens sont déçus pas par leur président qui fait tout ce qui est humainement possible pour sortir le pays de l’ornière .
    Les maliens sont déçus par certains opposants politiques qui ne mouillent jamais leurs chemises pour des vrais problèmes du Mali
    La grande majorité silencieuse des maliens , ceux qui ne sont pas sortis sont beaucoup , beaucoup plus nombreux .
    Qu’il y ait des marches pour Kidal pour protester et alerter l’opinion nationale et internationale sur des souffrances interminables des kidalois et des kidaloises , cela pourrait se comprendre .
    Qu’il ait des marches pour dénoncer la précarité dans laquelle vivent les kidalois qui n’ont plus accès à l’éducation et aux soins depuis des années , cela serait noble et compréhensible .
    Qu’il ait des marches pour dénoncer la grande insécurité dans le nord où il ne se passe plus une semaine sans qu’il ait des attaques , cela aussi pourrait se comprendre
    Qu’il ait des marches pour qu’il ait plus d’implication des forces étrangères présentes sur notre sol aux côtés des FAMA , cela également pourrait se comprendre
    Qu’il ait des marches pour arrondir les angles et apporter certaines modifications dans l’application de l’accord de paix , cela aussi pourrait être compréhensible
    Des marches pour plus de justices sociales , cela est compréhensible aussi

    Au lieu de cela , c’est une marche bizarre et absurde pour le retour d’ATT et le retrait de la nouvelle loi électorale . Même pas la modification mais le retrait total , c’est absurde d’engager un tel bras de fer avec la majorité dans la situation actuelle de notre pays .
    Le retour d’ATT n’est pas une priorité pour les maliens . ATT est bien et se porte comme un charme là où il est . ATT n’est pas du tout malheureux au Sénégal . S’il ne retourne pas au Mali c’est qu’il n’a pas encore envie de le faire . ATT n’a pas été forcé d’aller au Sénégal et personne ne l’oblige à y rester .
    Si vous êtes des vrais patriotes , vous devriez vous préoccuper des problèmes des maliens dont beaucoup vivent dans la précarité . Beaucoup de maliens vivent encore dans des conditions pénibles dans des camps de réfugiés . Au lieu d’évoquer les problèmes de réfugiés maliens , vous parlez d’ATT qui n’est autre qu’un invité de marque du numéro 1 sénégalais

    Que les opposants ne puissent pas accéder au plateau de l’ORTM pour déverser des injures sur le président et le gouvernement quoi de plus normal .
    Cela a été d’ailleurs toujours comme cela au Mali , c’est pas nouveau .
    Je n’ai pas connaissance d’un pays qui met sa chaine de télévision publique nationale à la disposition des opposants politiques . Il faut arrêter d’être des démagogues . Vous savez très bien que ça ne se fait nulle part .

    Si les opposants veulent insulter le président et le gouvernement , qu’ils aillent le faire sur une chaine privée mais pas sur une chaine publique .

  4. Ce qui est sûr c’est qu’il y avait moins de monde que l’autre fois. Ce qui est sûr c’est que l’opposition n’a jamais été aussi présent à la TV que sous IBK. Ce qui est sûr c’est que malgré la crise IBK a augmenté les salaires de 20%.Ce qui est sûr IBK a fait baisser l’ITS de 8 points, une autre augmentation avec rétroactivité. Ce qui est sûr c’est que notre armée n’a jamais été aussi doté de puis plus de 20 ans(habits et équipement). Ce qui est sûr, le budget de l’agriculture est passé à 15% du budget, bien au delà des recommandation de la FAO. Ce qui est sûr les agriculteurs ont reçu 1000 tracteurs. Ce qui est sûr l’engrais est subventionné. Ce qui est sûr le budget 2017 culminera à plus de 2000 milliards, plus de 85% de recette intérieures dans ce budget.Ce qui est sûr les gens de l’oppositions (Soumi et Modibo) ont eu à gérer ce pays pour les résultats médiocre que l’on sait. Soumi est l’homme de la dévaluation et qui comme Ministre a été incapable de stabiliser et controler les prix après la dévaluation, malgré 1000 promesses. Modibo lui a dilapider nos milliards pour un soit disant initiative riz. Sous Modibo et Soumi, l’opposition n’a jamais eu droit aux Média d’Etat.Sous Modibo et Soumi, nous n’avons pas eu droit à des augmentations quand bien même le pays allait bien.Sous Soumi (ADEMA) et Modibo (Transition-ADEMA-ATT), nous avons assiter à un démantèlement de notre armée: Vente des avions (Mig) et autre aéronef, dissolution du Bataillon des blnidés pour en faire des ferrailles vendu à l’Inde…..Quand à toi Mr. Koné, va dédouaner ta voiture 4X4, car tu n’est pas un bon citoyen. Si tu l’étais tu n’ allais pas être épinglé dans ta gestion de notre Ambassade en Mauritanie….On se verra aux élections Inchallah.

  5. Merci Excellence. Mais ce dont le Mali a le plus besoin aujourd’hui, c’est le départ de I.B.K par tous les moyens légaux ou illégaux. Supporter cet homme cinq ans de plus est une grande responsabilité de tous les Maliens, à quelques niveaux qu’ils soient. Vaut mieux le faire partir maintenant, que de le faire dans la brutalité. Aucun pays ne peut supporter à sa tête un homme aussi médiocre qu’incapable. Il fait honte aux Maliens, du moins, ceux de l’extérieur. Son train de vie étonne les blancs, qui se demandent si réellement le Mali est en guerre en voyant le luxe dans lequel il s’installe, au contraire des autres chefs d’état du continent qui séjournent souvent dans les capitales occidentales. Le délabrement du pays se fait sentir même par les étrangers, qui se posent la question de savoir ce qui arrive à notre pays, jadis un havre de paix, mais qui s’est transformé en gigantesque ville de lamentations. La bonne humeur a quitté les visages. La misère se lit et dans le comportement et dans le sourire forcé des populations si joyeuses avant l’avènement de ce bourricot au pouvoir, malgré la période de transition qui semblait mieux vivable qu’aujourd’hui. Dieu a t-il lâché le Mali?

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