Campagnes Présidentielles 2007 : Des candidats sans arguments et projets innovateurs

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Nous avons déjà amorcé la deuxième semaine de la période des campagnes présidentielles. Si le début, en l’occurrence la première semaine, a été caractérisé par la morosité, les candidats commencent à donner de la voix, à occuper le terrain, mais avec quels arguments de campagne? Que proposent-ils de concret aux électeurs maliens pour le mandat qu’ils souhaitent ardemment briguer à partir de 2007?

Ce sont là des questions que se posent en grand nombre les Maliens qui savent désormais qu’il est un fait de critiquer et un autre de proposer des alternatives crédibles par rapport à la gestion des affaires publiques. La gouvernance au Mali est considérée par les candidats aux élections présidentielles de 2007 qui s’opposent à ATT, candidat à sa propre succession, comme mauvaise à tous les égards.

Comment cela est-il possible? S’il n’y avait eu aucun résultat positif de la gestion des affaires publiques, la situation politique et socio-économique serait tout à fait différente, mauvaise. Ceux-là qui sont en train de se battre pour tenter de conquérir le pouvoir auraient eux mêmes réfléchi par deux fois avant de s’engager dans la gestion d’une situation désespérées. La situation politique et socio-économique au Mali n’est pas désespérée.

TENTATIVE DE RECUPERATION

Ce qui est sûr, c’est parce qu’ils ont été eux mêmes émerveillés par les résultats engrangés pendant les cinq ans d’ATT qu’ils cherchent à se positionner. Un de leurs objectifs majeurs est la tentative de recupération politique des oeuvres d’ATT qui les empêchent en ce moment d’avoir des arguments contre le candidat à sa propre succesion.

Les raisons de leur montée au créneau sont nombreuses. D’abord parce que ces acteurs politiques sont convaincus que les jalons du développement durable ont été posés ces dernières années par ATT. Donc, les perspectives de développement du Mali et d’amélioration des conditions de vies et de travail des populations, toutes sensibilités confondues sont prometteuses. Ces changements significatifs dans plusieurs domaines d’activités se sont opérés à partir de l’arrivée d’ATT au pouvoir, puisque malgré les difficultés enregistrées sous le pouvoir Adéma, les bases de certaines activités avaient déjà été posées. Ce qui aura permis d’aller plus vite dans leur concrétisation.

On a pu constater cela dans le domaine de la santé, du développement des infrastructures entre autres. Cependant, il faut préciser qu’en ce qui concerne le désenclavement intérieur et extérieur, des résultats très encourageants ont été enregistrés depuis l’arrivée d’ATT au pouvoir. C’est cela qui explique d’ailleurs le grand engouement des populations de plusieurs localités de l’intérieur du pays pour ATT. Les logements sociaux et la construction de ponts et barrages sont également des composantes du succès d’ATT dans le cadre de la gouvernance.

QUELQUES PROUESSES D’ATT

Ainsi, ATT aura réussi là où ses prédécesseurs ont échoué, puisque certaines demandes sociales qui existent depuis pratiquement l’indépendance du Mali ont été prises en charge par le pouvoir ATT à la grande satisfaction des populations bénéficiaires. En effet, dans certains cas, on n’espérait plus qu’un pouvoir allait s’intéresser à ces problèmes, puisque la lutte pendant de nombreuses années pour faire aboutir ces demandes était toujours demeurée vaine. Ainsi, les populations de ces différentes localités qui ont été surprises par la disponibilité du président ATT à gérer leurs préoccupations essentielles qui étaient tantôt l’accès à l’eau potable, où la disponibilité d’infrastructures d’accès à ces différentes localités entre autres, sont acquises à la cause d’ATT et sont solidaires de lui pour les élections qui pointent à l’horizon.

Les exemples du genre sont nombreux et c’est ce qui conforte ATT dans sa position de candidat à sa propre succession. A cela, il faut ajouter les efforts remarquables dans le domaine des prises en charge en matière de santé maternelle et infantile. A ces efforts louables s’ajoutent l’accalmie observée sur le front scolaire ces dernières années qui sont des motifs pour des millions de Maliens de voter en faveur d’ATT, en espérant qu’il aura l’opportunité d’aller en profondeur dans ces actions en vue de mieux soulager les souffrances des populations, toutes sensibilités confondues. Cela d’autant plus qu’ATT, à la différence de son prédécesseur, s’est intéressé davantage au monde rural. C’est ce qui explique son engagement à travers la loi d’orientation agricole, la mécanisation de l’agriculture et la construction d’usines d’assemblage de tracteurs à Samanko et à Sikasso.

LES LIMITES DES ADVERSAIRES D’ATT

Le débat politique est très utile en démocratie, surtout lorsqu’il est contradictoire, mais au Mali, nous n’avons pas assisté à de sérieux débats politiques ces dernières années si ce n’est à l’Assemblée Nationale. Avec les campagnes électorales, c’est plutôt la contestation de la gestion du pouvoir par ATT pendant son mandat qui prend fin que les autres candidats animent. Ils donnent souvent l’impression qu’ils étaient absents du Mali le long du mandat d’ATT.

En briguant la magistrature suprême, les arguments qu’ils avancent ne sont pas l’expression d’une révolution en terme de gouvernance tel qu’ils ont tendance à faire croire à l’opinion publique nationale. D’ailleurs, ils ne font que des déclarations d’intentions pour qui lit attentivement leurs projets pour le Mali. Ainsi, certains vous diront qu’ils développeront l’agriculture et les unités de transformation des produits locaux, réduiront les exportations de bétail sur pied, comme s’ils étaient des éleveurs ou avaient la possibilité de leur imposer cette mesure.

Pour d’autres, il y a lieu de mieux gérer les ressources publiques, en procédant à des augmentations de salaires. Il est question pour certains de tripler les salaires s’il vous plait. Plus de justice, d’équité, mieux réorganiser l’école malienne. Bref, il s’agit ni plus ni moins que de déclarations d’intentions. Tous les candidats ne sont pas certes concernés mais ceux du PARENA, du RPM, de la CDS et de Convergence 2007, qui ont eu à occuper des hautes fonctions de l’Etat pendant plusieurs années dans le Mali démocratique ne sont pas étrangers à la situation qui prévaut aujourd’hui dans tous ces domaines.

Ils ont montré leurs limites en matière de gouvernance. Et, malheureusement, pour les élections présidentielles de 2007, ils ne proposent rien de concret. Ainsi, partent-ils perdants à ces élections, c’est pourquoi ils ne cessent d’alimenter la contestation, mais pour atteindre en fin de compte quel résultat?

Moussa SOW

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