Le Dépassement de terme : des risques pour la mère et un danger pour le fœtus

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La survenue de l’accouchement est différente pour certaines femmes. Si certains bébés sont pressés de sortir, d’autres veulent ”abuser” du temps prévu et ”traînent” dans le ventre de maman. Maman est apeurée et à juste raison.

Lorsque la grossesse dépasse son terme, ce n’est pas un bon signe ni pour maman ni pour bébé et même les professionnels de santé n’aiment pas quand ils sont confrontés à une telle situation.

Si la date de l’accouchement présumée a sonné sans qu’aucun travail ne semble se déclencher, il faut agir pour minimiser les risques. L’accouchement va être provoqué. Le dépassement de terme, nous abordons la question !

Une grossesse à terme correspond à 41 semaines d’aménorrhée ou 9 mois de grossesse. Une grossesse est dite prolongée lorsqu’elle est entre 41 et 42 semaines d’aménorrhée. Le terme dépassé est utilisé si l’accouchement n’a pas eu lieu à 42 semaines. On parle de dépassement de terme. Un dépassement qui est associé à des risques de complications.

Le dépassement de terme peut s’expliquer par des facteurs héréditaires et ethniques. Il peut s’agir aussi d’une erreur dans la datation du début de grossesse. Quelques rares fois, on parle de blocage créé par la femme dû au fait qu’elle redoute l’accouchement.

Les personnes à risque sont celles qui ont des antécédents personnels et familiaux de dépassement de terme, la nulliparité (premier enfant), l’âge maternel, le surpoids et l’obésité etc.

Les complications

Les grossesses prolongées ou dépassées ne sont pas sans risques et pour la mère et pour le fœtus : un risque accru de mortalité et de morbidité fœtale, l’hypoxie ( manque d’oxygène) qui peut s’expliquer par le vieillissement accéléré du placenta qui intervient à partir de 9 mois de grossesse, mais aussi à la compression fœtale liée à l’oligoamnios c’est-à-dire la diminution du liquide amniotique qui intervient à partir du terme surtout à partir de 42 semaines, un risque d’anomalies du rythme cardiaque fœtal, une souffrance fœtale, etc.

Les nouveau-nés après terme présentent le risque de complications neurologiques, de troubles de développement psychomoteur, d’infirmité motrice cérébrale etc. La mère court aussi des risques : déchirures périnatales, un risque accru d’hémorragie de la délivrance, des infections du post-partum.

En situation de dépassement de terme, il faut une surveillance médicale renforcée. En l’absence de maladies, le travail peut être déclenché en expliquant à la femme et à l’époux, les risques encourus par bébé et maman. Le recours à une césarienne peut être envisagé en fonction de la complication qui se présente (col défavorable, souffrance fœtale etc.).

Conseils

Ne jamais oublier la date des dernières règles utilisée pour calculer l’âge de la grossesse ; une échographie précoce entre 8 et 12 semaines d’aménorrhée est toujours recommandée, car elle permet de réduire le risque d’une grossesse prolongée ou dépassée ; respecter le rythme des consultations prénatales soit 1 visite mensuelle jusqu’à terme.

Pr. Charlemagne Ouedraogo

Gynécologue-obstétricien

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La grossesse « nerveuse » : quand la certitude prend le dessus sur une grossesse imaginaire

Il y a certaines femmes qui pensent être enceintes sans véritablement l’être. L’envie de porter une grossesse et de vivre la maternité affecte ces femmes et influence sur le système nerveux, au point qu’elles croient qu’elles sont enceintes, alors qu’il n’en est rien du tout.

Il s’agit tout simplement d’une grossesse « nerveuse ». Contrairement au déni de grossesse où la grossesse évolue à l’insu de la femme, la grossesse « nerveuse » est la certitude d’une femme d’attendre un enfant sans qu’elle ne soit enceinte. Une certitude non fondée qui découle de multiples facettes étiologiques, c’est-à-dire de causes multiformes, multi variées et complexes.

Aussi appelée pseudocyesis, fausse grossesse ou grossesse virtuelle ou « fantôme », la grossesse « nerveuse » est un phénomène considéré comme un trouble psychologique.  La grossesse « nerveuse » touche généralement les très jeunes femmes qui ont peur de tomber enceintes ou les femmes ménopausées qui n’ont pas eu d’enfants. Elles vivent avec l’espoir de porter une grossesse quand bien même, elles savent qu’elles sont à la ménopause.

La grossesse « nerveuse » s’explique par le désir impérieux d’avoir un enfant ou la peur de tomber enceinte. Elle s’explique aussi par d’autres facteurs : le stress, les problèmes familiaux, les troubles de comportement, une fausse couche, la perte d’un enfant. Dans quelques rares cas, une tumeur de l’ovaire sécrétant l’hormone de grossesse peut être à l’origine d’une grossesse « nerveuse ».

Les symptômes d’une grossesse « nerveuse » sont identiques à ceux d’une vraie grossesse : prise de poids, ventre gonflé, arrêt des règles, sensation de fœtus qui bouge. C’est en réalité un trouble que vivent ces femmes.  Un test de grossesse sanguin suffit pour lever le doute, de même qu’une échographie pelvienne.

Les conséquences de la grossesse « nerveuse » sont plus psychologiques que physiques. La santé mentale de la femme est affectée et elle atteint parfois l’état de la dépression. Il faut en ce moment une prise en charge psychologique de la femme par un psychiatre ou psychologue.

Lorsque la grossesse « nerveuse » est causée par des troubles hormonaux, la prise en incombe au gynécologue.  Il est toujours utile d’en parler au psychiatre, au psychologue et au gynécologue. La prise en charge est donc multidisciplinaire.

Pr. Charlemagne Ouedraogo

Gynécologue-obstétricien

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