Dégradation de la route Sévaré-Gao : Les populations de la Cité des Askia manifestent leur ras-le-bol

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La Route nationale n° 16 reliant Sévaré à Gao est dans un piteux état. Son niveau de dégradation a même atteint le seuil insupportable.

Jeudi, 1er août 2019, les populations de la grande cité de Gao sont massivement sorties pour exprimer leur ras-le-bol. Une marche pacifique organisée par les mouvements de jeunesse a, en effet, mobilisé une foule nombreuse avec le slogan “IR HOTTU” (qui signifie littéralement en sonrhaï “Nous souffrons”). Les marcheurs ont remis au gouverneur, le colonel-major Sidiki Samaké, un message destiné aux plus hautes autorités nationales et aux partenaires du Mali. Celui-ci dénonce la forte détérioration de l’axe Sévaré-Gao, ce qui favorise malheureusement l’insécurité et entrave gravement la libre circulation des personnes et des biens. Le calvaire est d’autant nuisible que ladite route est véritablement le poumon par lequel la cité des Askia respire le plus économiquement. En effet, la RN 16 apparaît même comme étant le cordon ombilical entre le centre et le nord, et qui établit dans l’autre sens la jonction avec le sud du pays, notamment avec Bamako, la capitale.  D’où la mention sur certaines des pancartes des marcheurs : “ROUTE SÉVARÉ-GAO, FACTEUR DE L’UNITÉ NATIONALE “.

Le message délivré aux autorités exprime une colère si grande que les populations de Gao “ont appris avec beaucoup de stupéfaction l’acquisition du financement de la construction de la route Bourem-Kidal alors que celui de la RN16, qui constitue le levier économique du Nord, reste sans suite, quand bien même les deux routes sont censées être dans le même programme (Programme de construction des routes Sévaré-Gao et Gao-Kidal). Une telle situation aux allures discriminatoires inquiète outre mesure. Les citoyens de Gao en appellent donc aux autorités nationales et aux partenaires de note pays pour corriger au plus vite l’erreur. Et si rien n’est fait dans ce sens, ils se réservent le droit d’utiliser tous les moyens légaux pour se faire entendre. Message grave que les destinataires se doivent de saisir dans le bon sens.

En effet, si l’on regarde avec honnêteté les difficultés de voyage sur la RN16, force est d’admettre que les usagers en partance de Gao ou vers Gao souffrent énormément. Il  leur faut 24 heures pour joindre Gossi, un trajet de  quelques 160 kilomètres, dans les conditions les plus cahotiques. Idem, presque, pour entre Gossi et Hombori, de même de cette localité à Douentza, sur quelques 145 kilomètres. Bamako, au regard des réalités qui précèdent, semble bien être l’autre bout du monde. Situation inconfortable qui a joué mille mauvais tours aux voyageurs, parmi lesquels, très malheureusement, des femmes parturientes. On comprend bien que confrontées régulièrement à tant de difficultés avec leurs lots de risques, les populations éprouvées cherchent plutôt à rallier, en cas de besoin, des hôpitaux à Niamey pour ne pas augmenter les périls pour elles. Reste à savoir si les autorités maliennes sauront comprendre le haut degré des souffrances des Gaois.

Hamey Bocar Mahalmadane,

Depuis Gao.

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