Qu’est- il devenu ? : Pr. Modibo Diakité, LE CHEF

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Mais que devient ‘’Le Chef‘’ comme le qualifient ses camarades d’infortune avec lesquels il a partagé les cellules sombres de la dictature militaro -bourgeoise du CMLN-UDPM ? Où se trouve ce sexagénaire qui déclare sans ambages qu’il n’est pas de ceux qui se sont battus, rien que pour se faire une place au soleil ? Nous avons cherché à le savoir….

Il est sans nul doute l’un des historiens les plus engagés de notre pays. A la différence de ses collègues se contentant de faire le récit du passé, il s’est résolument engagé corps et âme dans l’action politique. Pour la transformation des structures sociales, économiques et politiques de notre pays qui laissaient à désirer!

C’est pourquoi, en compagnie d’autres patriotes, il fonda le 18 octobre 1990, le Comité National d’Initiative Démocratique (CNID) pour exiger – à visage découvert – la démocratie et son corollaire de libertés individuelles et collectives, de justice économique et sociale. Au sein du CNID, il assuma avec  la même conviction les lourdes charges de secrétaire à l’information du  premier comité Directeur de l’Association et de Rédacteur en chef de son organe de presse ’’Danbé‘’ (entendez la dignité en bamanan).

D’une fidélité à nulle autre pareille, ce natif de Niono en 1952  n’a connu qu’un seul parti en ces temps de nomadisme politique : celui du ‘’soleil levant’’, Congrès National d’Initiative Démocratique – ‘’Faso Yiriwa Ton’’, dans lequel il a gravi toutes les marches : secrétaire aux relations extérieures, secrétaire politique, vice-président.

Educateur dans l’âme, le combat pour la valorisation de la fonction enseignante a été le cheval de bataille de cette figure majeure du syndicalisme enseignant. Ce qui lui valut bien d’ennuis avec les autorités de l’époque. C’est ainsi qu’en août 1980, avec 11 de ses camarades enseignants, il a été arrêté par la soldatesque du Général Moussa Traoré.

Au procès  tenu le 2 septembre 1980 au Tribunal d’instance de Bamako, les membres du groupe, condamnés à 3 mois d’emprisonnements fermes pour opposition à l’autorité légitime, ont été déportés à Ménaka et à Gao. Pr Modibo en a pris pour son compte 4 mois. Depuis cette époque, ses compagnons d’infortune ne l’appellent plus que par ‘’Le Chef‘’ comme pour lui vouer davantage de respect et de considération.

A la faveur de la révolution démocratique du 26 mars 1991, dont il fut un acteur-clé, Diakité  a été  membre du Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) et Président de la Commission Politique de la Conférence Nationale. Laquelle (conférence nationale)  donna au pays la Constitution du 25 février 1992, la Charte des partis politiques, le Code électoral et l’architecture institutionnelle actuelle …

Fidèle aux idéaux du 26 mars 1991, ce brillant cadre ne manqua pas de jouer sa partition pour la consolidation de l’ancrage démocratique à travers le Collectif des Partis de l’Opposition (COPPO). Et inonda les colonnes de la Voix de l’Opposition (organe de presse de l’opposition) dont il était le rédacteur en chef, par des contributions de grande densité intellectuelle et politique sur la situation socio-politique nationale.

Profondément attaché à la sauvegarde et à la valorisation de la mémoire historique, il est membre fondateur de l’Association des Historiens du Mali et Vice-Président du Club Ahmed Sékou Touré.

A la retraite depuis le 1er Janvier 2016, ses problèmes de santé et la gouvernance peu orthodoxe de nos partis politiques l’ont, semble-t-il pratiquement  éloigné de la scène politique.

Alpha Sidiki Sangaré

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